Judith Magre, bientôt centenaire, s’emporte face à Jordan de Luxe : Gisèle Pelicot « me dégoute », Depardieu « un homme merveilleux »

À l’approche de ses 100 ans, Judith Magre n’a rien perdu de son franc-parler. Trois fois récompensée aux Molières, la comédienne s’est confiée face à Jordan de Luxe, et l’ambiance a vite viré à l’orage. Gisèle Pelicot, Patrick Bruel, Gérard Depardieu : trois noms, trois prises de position tranchées, dont une qui a laissé l’animateur sans voix.
Judith Magre, bientôt 100 ans et aucun filtre : l’entretien qui a dérapé
Il y a des invités qu’on reçoit en sachant qu’ils ne liront pas la fiche de questions. Judith Magre fait partie de cette famille. La comédienne, connue pour ses phrases cash et récompensée à trois reprises aux Molières, s’est prêtée au jeu des confidences dans l’émission de Jordan de Luxe.
Le principe est simple : l’animateur évoque des figures qui ont marqué son parcours, elle réagit. Au programme, des souvenirs, des affinités, des admirations. Mais aussi des noms bien plus inflammables que ceux d’un simple dîner entre gens de théâtre.
Car à l’approche de son centième anniversaire, la comédienne ne semble pas décidée à arrondir les angles. Elle a l’habitude de dire ce qu’elle pense, sans prendre de gants, et cet entretien ne fait pas exception. L’échange, d’abord de confidences, a pris une tournure particulièrement tendue dès qu’un certain nom a été prononcé.
Ce n’est d’ailleurs pas le seul sujet sensible qu’elle a abordé. Elle a parlé d’un chanteur qu’elle connaît depuis ses débuts, aujourd’hui accusé de violences sexuelles par huit femmes selon Mediapart. Ses mots à son sujet méritent qu’on s’y arrête. Mais dans quel ordre tout cela est-il arrivé ?
Bruel, les « emmerdeuses » et un nom qu’elle refuse de prononcer
Plus tôt dans l’entretien, Judith Magre évoque donc Patrick Bruel, qu’elle connaît depuis ses débuts. Le début de sa réponse est tout en douceur : « Il chante bien, il est charmant, il est adorable. » On pourrait croire à un simple témoignage d’amitié.
Puis la phrase bifurque. « Je ne vais pas me mettre à la place des pauvres jeunes filles s’il les a violées », lance-t-elle. Rappelons que le chanteur est visé par des accusations, et qu’à ce stade il s’agit bien d’accusations : le conditionnel reste de mise.
La comédienne poursuit, sans filtre : « Moi, je me méfie beaucoup des bonnes femmes qui se disent violées. Je suis sûre que ça existe, mais il y a aussi des emmerdeuses qui ont envie de se faire mousser. » Une déclaration qui, à elle seule, aurait pu suffire à nourrir la polémique.
Le sujet agite le monde du spectacle depuis les premières révélations, et une célèbre actrice française avait elle aussi pris la parole à propos de ces accusations. Mais ce n’était qu’un échauffement.
Car quand Jordan de Luxe prononce le nom de Gisèle Pelicot, le ton change radicalement. « Je ne veux même pas prononcer le nom de cette bonne femme parce qu’elle me dégoûte », répond Judith Magre. Puis, sèchement : « Bon, alors n’en parlons pas, vous allez me faire vomir. »
L’animateur insiste pourtant, et fait apparaître l’image de Gisèle Pelicot à l’écran. Réaction immédiate : « Quelle horreur ! Je ne veux même pas regarder. » Invitée à s’expliquer, elle ferme la porte : « Les gens qui vous dégoûtent, on n’a pas à donner de raison, c’est une chose. Bon, on parle d’autre chose, s’il vous plaît. »
Jordan de Luxe tente alors un dernier argument : la victime des viols de Mazan bénéficie d’un large soutien dans l’opinion publique. Réponse de la comédienne : « Pas par moi. Elle me dégoûte. » Fin de la discussion, mais pas de la séquence.

Depardieu, « un homme merveilleux » : l’admiration sans condition
Le contraste est saisissant. D’un côté, le rejet frontal de la victime d’une affaire qui n’a pas fini de produire des suites judiciaires, comme cette nouvelle plainte déposée par sa fille contre Dominique Pelicot. De l’autre, un soutien sans réserve à un acteur condamné.
Interrogée sur Gérard Depardieu, Judith Magre ne cherche en effet aucune nuance. L’acteur a pourtant été condamné à 18 mois de prison avec sursis en mai 2025 pour agressions sexuelles. La comédienne, elle, a maintenu son admiration.
« C’est un homme merveilleux, un grand acteur et je l’aime envers et contre tout, point final », affirme-t-elle. Et elle en rajoute : « Je le soutiens, j’adore ce bonhomme, je l’admire, point final. » Deux « point final » en une seule réponse : la discussion n’est visiblement pas ouverte.
Elle apporte toutefois une précision sur leur relation actuelle. « Je n’ai plus de contact avec lui, mais ça n’empêche que je garde toute mon admiration et toute mon affection pour lui. » Autrement dit, le soutien est affectif, et il ne dépend pas d’échanges réguliers.
Ce n’est pas la première fois qu’elle prend publiquement sa défense. Début 2025, soit avant la condamnation, elle avait déjà assuré qu’il n’était « pas un violent, et sûrement pas un violeur ». Sa position n’a donc pas bougé d’un pouce, malgré le jugement rendu entre-temps.
Voilà donc le tableau complet : un dégoût assumé pour Gisèle Pelicot, des doutes exprimés sur les plaignantes d’un chanteur, et une loyauté totale envers un acteur condamné. Reste à savoir ce que cette séquence raconte vraiment.
Ce que cette séquence dit d’un débat qui ne s’éteint pas
À ce stade, la source ne rapporte aucune réaction officielle des personnes citées, ni de Patrick Bruel ni de Gisèle Pelicot. Seules les paroles de la comédienne, telles qu’elles ont été prononcées face à Jordan de Luxe, sont connues. Il convient donc de les lire comme ce qu’elles sont : des opinions personnelles, exprimées par une artiste de bientôt 100 ans.
Elles s’inscrivent pourtant dans un débat bien plus large. Autour de Patrick Bruel, les prises de position se sont multipliées, comme lorsque Aurore Bergé a refusé de signer la pétition contre sa tournée. Chaque camp a ses voix, et chaque voix a ses raisons.
Le cas de Judith Magre rappelle aussi une réalité : dans ces affaires, la parole des femmes ne rencontre pas toujours le soutien attendu, y compris venant de femmes. Face à cela, d’autres personnalités ont choisi de témoigner publiquement, à l’image d’Adriana Karembeu qui a brisé le silence sur les violences de son ex-mari.
Ce que l’on peut surveiller ensuite ? D’éventuelles réactions à ces propos, la diffusion de l’entretien et le débat qu’il pourrait relancer sur les réseaux. L’émission a en tout cas mis un coup de projecteur sur une comédienne qui, à l’approche de son siècle, n’a visiblement pas l’intention de baisser le ton.
Le plus frappant reste le contraste : une victime du procès de Mazan que Judith Magre refuse de regarder, un acteur condamné qu’elle aime « envers et contre tout ». Deux phrases, deux sentiments, aucune demi-mesure.
Judith Magre aura tenu sa réputation : à 100 ans ou presque, elle ne fait aucun compromis, quitte à braquer. Si les prises de position tranchées vous intriguent, ce qui se passe quand une plaignante tombe sur le mauvais interlocuteur au commissariat pose une tout autre question.
Et si vous vous demandez jusqu’où va la défense d’un proche condamné, l’histoire de cet acteur de Plus belle la vie condamné à quatre ans de prison raconte un autre visage du sujet.