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Elle vient porter plainte pour violences conjugales : un policier la viole deux fois

Publié par Elsa Fanjul le 24 Mar 2026 à 12:39

Elle venait chercher de l’aide. Ce qu’elle a vécu dans ce bureau est inimaginable.

Elle vient porter plainte pour violences conjugales : ce que le policier lui a fait dans son bureau est insoutenable
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Une femme se présente dans un commissariat. Elle a peur. Elle veut porter plainte contre son compagnon pour violences conjugales. Elle fait confiance à l’État, à l’uniforme, à la loi.

Ce qu’elle va vivre dans les minutes qui suivent dépasse l’entendement.

Jean-Pierre D., policier de 58 ans, la reçoit dans son bureau. Et ce qui se passe alors est au cœur d’un procès qui s’est ouvert lundi à la cour criminelle de Seine-et-Marne.

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Un crime commis deux fois, dans le même bureau

Les faits remontent au 22 février 2023. Ce jour-là, Armandina P., ressortissante angolaise sans titre de séjour, vient déposer plainte. Elle est vulnérable, seule, dans une situation administrative précaire.

Jean-Pierre D. en profite. Il lui impose une fellation dans son bureau.

Ce n’est pas tout. Quelques jours plus tard, il la convoque à nouveau. Et reproduit les mêmes actes.

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Deux viols aggravés, dans le même lieu, par la même personne censée la protéger. L’accusé encourt jusqu’à 20 ans de prison.

Il avait d’abord tout nié. Aujourd’hui, il reconnaît tout.

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Lors des premières investigations, Jean-Pierre D. a nié les faits en bloc. Puis, progressivement, sa version a évolué.

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À l’audience, crâne rasé, silhouette fine, il s’est effondré. Ou du moins, a tenté de le faire croire.

Il s’est décrit comme un homme « dégueulasse ». Il a tremblé. Il a présenté ses excuses à la victime, avec des trémolos dans la voix : « C’est vous la victime, c’est pas moi. »

La victime, elle, n’a pas été touchée. Elle a dénoncé des « larmes de crocodile ».

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La victime face à son agresseur : une confrontation glaçante

Armandina P. a regardé cet homme en face. L’homme qui aurait dû la protéger. L’homme qui a abusé de son pouvoir, de son uniforme et de sa vulnérabilité.

Elle n’a pas pleuré. Elle a dénoncé.

Le président de la cour a noté que l’accusé ressemblait à un « docteur Jekyll et mister Hyde ». Sa dernière compagne, présente à l’audience et encore visiblement bouleversée, l’avait décrit comme quelqu’un de « tempéré », « calme » et « rassurant ».

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Deux images radicalement opposées du même homme.

Un « prédateur sexuel » selon une ex-compagne : et ce n’est pas la première fois

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Ce qui a émergé durant l’audience est encore plus troublant que les faits eux-mêmes.

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Une ancienne compagne a décrit Jean-Pierre D. comme un « prédateur sur le plan sexuel ». Ce n’est pas une formule anodine.

En 2010, il avait déjà été condamné pour exhibition sexuelle envers plusieurs factrices. Un antécédent judiciaire qui pose une question évidente : comment a-t-il pu continuer à exercer dans la police ?

Cette question reste sans réponse publique à ce stade du procès.

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Une enfance brisée : explication ou écran de fumée ?

La première matinée d’audience a été largement consacrée au passé de l’accusé.

Jean-Pierre D. a grandi sous la « chape de béton » d’un père alcoolique et ultraviolent, selon ses propres mots. Il dit avoir été victime de viols entre ses 4 et 9 ans, commis par un frère aîné.

À la préadolescence, un professeur de judo aurait également abusé de lui.

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Il a déclaré avoir « toujours vécu dans sa plus tendre enfance avec la prédominance de la sexualité et de la violence ».

Ces révélations peuvent expliquer une construction psychologique chaotique. Elles n’excusent rien. Et elles ne répondent pas à la question de la victime : pourquoi elle ?

Ce que dit l’accusé sur lui-même aujourd’hui

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Jean-Pierre D. affirme avoir entamé un suivi psychologique. Il dit vouloir « ne pas continuer à vivre comme ça ».

Il a ajouté vouloir s’assurer qu’il n’y ait pas « d’autres madame P. ».

Une formule qui résume à elle seule l’horreur de la situation : il admet implicitement qu’il constitue un danger. Qu’il l’a toujours été.

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Et pourtant, pendant des années, il portait un badge, un uniforme, une arme.

Un procès qui interroge bien au-delà du cas individuel

Cette affaire dépasse la seule personne de Jean-Pierre D. Elle pose une question systémique : que se passe-t-il quand celui qui incarne la loi devient le prédateur ?

Armandina P. était sans titre de séjour. Elle était donc doublement vulnérable : victime de violences conjugales, et en situation irrégulière. Jean-Pierre D. le savait. Il en a profité.

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Ce type de double vulnérabilité — statut administratif précaire et détresse face aux violences — est précisément ce que les institutions sont censées protéger, pas exploiter.

Des affaires similaires ont déjà secoué la justice française. Un policier avait déjà été condamné pour agression sexuelle en prétextant reconstituer un viol. Un autre, à Angoulême, avait commis six agressions sur des femmes et une mineure.

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Quand la plainte pour violences conjugales devient un piège

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L’une des dimensions les plus accablantes de cette affaire est la nature même du contexte : une femme vient signaler des violences conjugales.

Elle cherche une sortie. Elle trouve un nouveau prédateur.

Ce cas illustre pourquoi tant de victimes hésitent à franchir la porte d’un commissariat. La peur de ne pas être crues. La peur d’être renvoyées chez elles. Et désormais, pour certaines, la peur de ce qui peut se passer derrière une porte fermée.

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La France a déjà été condamnée par la justice européenne pour sa gestion d’une plainte pour viol déposée par une lycéenne. Le chemin vers une prise en charge digne des victimes reste long.

Ce que risque Jean-Pierre D.

Les faits qui lui sont reprochés sont qualifiés de viols aggravés. L’aggravation tient à sa qualité de dépositaire de l’autorité publique — un policier en exercice.

Il encourt jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

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Le verdict n’a pas encore été rendu au moment de la publication de cet article. Le procès se poursuit devant la cour criminelle de Seine-et-Marne.

Si vous êtes victime de violences : un numéro gratuit et anonyme

Le 3919 — « Violences Femmes Info » — est le numéro national de référence pour les femmes victimes de violences conjugales, sexuelles, psychologiques, de harcèlement, mariages forcés ou mutilations sexuelles.

Ce service est gratuit, anonyme, disponible 24h/24. Il est géré par la Fédération nationale Solidarité Femmes.

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Si vous vous reconnaissez dans cette situation, ou si vous connaissez quelqu’un en danger, n’hésitez pas à appeler ou à encourager la personne concernée à le faire.

Des affaires comme celle-ci rappellent aussi que la parole des victimes doit toujours être prise au sérieux — quelle que soit la fonction de l’accusé. Gisèle Pelicot avait elle-même dû se battre pour être entendue, dans une affaire qui a bouleversé toute la France.

Le témoignage glaçant d’une patiente du gynécologue accusé d’avoir agressé 70 femmes avait également mis en lumière combien l’abus de pouvoir institutionnel peut prendre des formes insoupçonnées.

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Dans tous ces cas, une constante : des femmes qui ont osé parler. Et un système qui doit, enfin, les écouter.

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