À six mois du scrutin, Laura Smet redoute « l’arrivée du RN au pouvoir » en 2027
À six mois de la présidentielle, une actrice reprend la parole et ne cache pas son inquiétude. Laura Smet, 42 ans, s’est confiée à Libération sur ce qu’elle redoute du scrutin des 18 avril et 2 mai 2027. Son cri d’alarme n’est pas nouveau, mais des faits récents lui donnent un écho inattendu, jusque dans une ville des Alpes-Maritimes.

À six mois du scrutin, Laura Smet ne cache plus sa nervosité
L’entretien est paru dans Libération et le ton est sans détour. Laura Smet, 42 ans, y exprime sa crainte de voir le Rassemblement national remporter la présidentielle, dont les deux tours sont prévus les 18 avril et 2 mai 2027. À six mois du vote, la comédienne se dit nerveuse.
Le contexte alimente cette inquiétude. Marine Le Pen, candidate déclarée depuis le 7 juillet, figure en tête des sondages pour le premier tour. Selon 20 Minutes, ce constat ne réjouit pas la fille de Johnny Hallyday, pas plus que d’autres artistes.
Le climat est déjà électrique, comme le montre ce sondage Ifop-Fiducial qui donne Marine Le Pen gagnante face à tous ses adversaires. Chaque nouvelle enquête d’opinion ravive les craintes d’un milieu culturel qui s’inquiète pour son avenir.
Elle est loin d’être la seule à s’alarmer. Début octobre, 150 personnalités du monde de la culture, du sport et de l’université ont signé une tribune dans le Nouvel Obs pour refuser de « se taire face à l’extrême droite ». Le texte réunit des signataires venus d’horizons variés, bien au-delà du seul cinéma.
Parmi ces voix, celle de Laura Smet a une particularité : elle ne découvre pas le sujet. Il y a plus de deux ans, elle avait déjà pris la parole avec des mots d’une rare fermeté. Et ils disent beaucoup de ce qu’elle redoute aujourd’hui.
Juin 2024 : des stories Instagram sans la moindre nuance
Retour en arrière. En juin 2024, entre les deux tours des législatives anticipées, l’actrice utilise ses stories Instagram pour appeler à faire barrage. Sa position n’a donc rien de nouveau, et le ton, déjà, n’avait rien de diplomatique.
Ces messages avaient été repris par le Journal des femmes. Laura Smet n’y parlait pas seulement de politique au sens large : elle visait très précisément les conséquences qu’elle imaginait pour son métier. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder comment fonctionne la profession.
Le régime d’intermittence est le socle économique d’une grande partie du monde du spectacle. Les artistes et techniciens en vivent, tout comme ils dépendent de financements publics. C’est ce qui explique que les inquiétudes soient aussi vives chez eux que chez peu d’autres professions.
Depuis, la perspective s’est rapprochée. Marine Le Pen a même lancé sa campagne aux côtés de Jordan Bardella en Sarthe, sans attendre. Dans ce contexte, les mots de 2024 prennent une résonance nouvelle.
Alors, que disait exactement l’actrice ? Elle écrivait alors, en story : « Si le RN passe : plus d’intermittence. Ça veut dire que tous les films et les festivals que vous aimez tant disparaîtront progressivement ». Puis elle prévenait, catégorique : « Si vous votez RN ou ne faites pas barrage, préparez-vous à voir disparaître la création dans son ensemble ».

À Cagnes-sur-Mer, la crainte des artistes prend un visage concret
Les sondages testent déjà des scénarios de second tour avec Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, mais l’inquiétude des artistes se nourrit d’autre chose. Elle s’appuie sur des exemples déjà visibles, loin des plateaux de télévision.
Selon France 3 Régions, à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), la municipalité RN de Bryan Masson, élue en mars, aurait choisi de ne plus soutenir la Maison des artistes, un collectif historique de la commune. Elle n’aurait pas non plus reconduit son bail.
Dit autrement, un lieu de création installé de longue date se retrouve sans soutien de sa mairie. C’est exactement le genre de scène que redoutent les acteurs du secteur, et elle donne une base bien réelle à leur méfiance.
Au niveau national, le programme culturel du parti confirme cette orientation. Il met en avant la valorisation du patrimoine et de la francophonie comme axes principaux. Il prévoit aussi une réforme radicale de l’audiovisuel public, allant jusqu’à sa privatisation.
Pour une profession qui vit du régime d’intermittence et des financements publics, la combinaison nourrit logiquement les craintes. Voilà ce qui se cache derrière la nervosité de Laura Smet : un mélange de souvenirs de 2024, d’exemples locaux et d’un programme qui inquiète tout un milieu.
Voter contre, encore : ce que Laura Smet a décidé pour 2027
Sa décision est prise, et elle ne dépend pas du nom des finalistes. Même si elle se dit lassée à l’idée de devoir « voter contre » plutôt que pour un parti, la position de l’actrice ne fait aucun doute : ce sera contre le RN, quoi qu’il arrive.
Cette fatigue est aussi un signal. Elle traduit l’impression de devoir répéter, scrutin après scrutin, le même geste de barrage, sans pouvoir voter pour un projet qui l’enthousiasme. Une lassitude que beaucoup d’électeurs peuvent reconnaître.
Reste à surveiller la suite. Les rendez-vous sont fixés au 18 avril et au 2 mai 2027, et d’ici là, les sondages vont continuer de rythmer la campagne. Certains, à l’image de ce « Méfiez-vous des sondages » lancé par Emmanuel Macron, invitent d’ailleurs à la prudence.
Du côté de la gauche, les manœuvres se poursuivent aussi. François Hollande, par exemple, se prépare à 2027 en posant ses conditions, en évoquant la conviction qu’un rassemblement est possible.
Les artistes, eux, ont déjà choisi leur camp, de la tribune du Nouvel Obs aux stories de Laura Smet. Reste à savoir combien d’entre eux prendront publiquement la parole d’ici le premier tour.
Laura Smet l’a répété : voter contre, oui, mais avec la crainte de voir disparaître ce qu’elle aime. Le message, lui, n’a pas changé depuis 2024.
Et si la course à l’Élysée réservait encore des surprises, ce maire de Saint-Ouen que personne n’attendait dans la course pourrait en être une. Quant à savoir jusqu’où la gauche est prête à aller, le millionnaire qui agace jusqu’à ses propres troupes a sa petite idée.