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« J’attends encore son appel » : un an après la mort d’Ardisson, le rêve qui hante Laurent Baffie

Publié par Hannah le 02 Oct 2026 à 8:01

Un an après la mort de Thierry Ardisson, le téléphone de Laurent Baffie reste désespérément calme. L’humoriste, compère de toujours de l’animateur, ne cache plus son chagrin. Et une scène, vécue en rêve dans un restaurant de Montmartre, résume mieux que tout ce qu’il traverse : on vous la raconte plus bas.

laurent baffie thierry ardisson blague devant cerceuil - copie

Un an après, pourquoi Laurent Baffie n’a toujours pas « compris »

Le 14 juillet 2025, Thierry Ardisson s’éteignait des suites d’un cancer du foie, à 76 ans. Douze mois plus tard, le vide reste immense chez ses proches, à commencer par sa compagne Audrey Crespo-Mara et par son acolyte Laurent Baffie.

C’est au micro d’Aura, le podcast de la journaliste, que le « Sniper » s’est livré, selon Public. Sa parole est d’autant plus frappante qu’il aurait posé une condition à tout retour à la télévision : que Thierry Ardisson soit encore vivant.

Autrement dit, sans lui, l’envie n’y est plus. Pour quelqu’un qui a passé tant d’années à ses côtés devant les caméras, la phrase en dit long sur la place qu’occupait l’animateur dans sa vie professionnelle.

Rappelez-vous aussi la volonté farouche avec laquelle Thierry Ardisson affrontait la maladie : ses proches n’ont pas toujours eu le temps de se préparer à l’idée de l’absence. C’est peut-être ce qui explique l’état d’esprit de Baffie aujourd’hui.

Car son aveu ne ressemble pas à une formule de circonstance. Il parle d’un réflexe, d’un automatisme, d’une habitude qui ne s’efface pas. Et la phrase exacte, il l’a lâchée sans filtre.

« Je suis encore dans l’automatisme de l’avoir »

Écoutez plutôt ses mots, rapportés par Public : « Très franchement, s’il m’appelait demain, je pense que je mettrais quelques secondes à trouver ça normal. » Il ajoute : « Je suis encore dans l’automatisme de l’avoir. Je n’ai pas encore compris sa disparition. »

Pas de grand discours, pas de pathos fabriqué. Juste un homme qui constate que son cerveau n’a pas encore enregistré l’information, un an après les faits.

Cette complicité venait de loin. Avant de travailler avec Thierry Ardisson, Laurent Baffie était un fan de l’animateur, et une véritable amitié est née de leurs années de collaboration. Ceux qui ont vu l’ancien patron de plateau en action mesurent ce que ce duo avait de singulier.

Sur ce que fut l’homme dans ses derniers temps, Emmanuel Chain a livré son propre témoignage, qui éclaire le contexte dans lequel s’est joué cet adieu. Chaque proche porte sa part de souvenirs.

Chez Baffie, cela prend la forme d’une routine amputée. Il précise qu’ils ne s’appelaient pas tous les jours, mais qu’ils ne restaient pas non plus quinze jours sans se parler. Et c’est là qu’arrive la phrase qui l’a fait trembler, celle qui donne son titre à cet article.

« Bêtement, je continue, je vais encore être ému, à espérer des coups de fil », confie-t-il. Puis, plus sobrement encore : « J’attends encore son appel. » Mais ce n’est pas l’aveu le plus intime de l’entretien.

Table de bistro parisien dressée pour trois au crépuscule

Le rêve à la Mascotte, ce dîner qui n’a jamais eu lieu

Pour comprendre ce rêve, il faut regarder du côté de celle à qui il s’adressait. Audrey Crespo-Mara a elle aussi traversé une période bien rude après le décès, et c’est à elle que Laurent Baffie a raconté sa nuit.

Selon Public, il lui a lancé : « L’autre jour, je t’ai appelée, j’ai rêvé de vous deux. J’ai fait un beau rêve parce qu’on était à la Mascotte, le restaurant où on allait à Montmartre. »

Il poursuit : « Tu étais là et on dînait ensemble, avec Thierry et toi, à la Mascotte, et je rêvais de ça. » Le décor est banal, presque anodin : une table, un dîner entre amis, la Mascotte à Montmartre. C’est justement cette banalité qui touche.

Il n’y a pas de grande scène, pas de révélation, pas de message de l’au-delà. Juste le retour d’une soirée comme celles d’avant, avec les deux personnes qui comptaient.

L’humoriste en tire sa propre lecture : son inconscient, son subconscient, a besoin de continuer ça. Le rêve devient une manière de prolonger le lien, de refuser que la routine s’arrête net.

C’est aussi ce qui lui rappelle que tout est réel : l’habitude de vouloir raconter une blague à Thierry, de lui faire part d’une anecdote, puis de se souvenir que personne ne décrochera. Reste une question : comment transformer un tel manque en spectacle ?

Sur scène, Montaigne et La Boétie rient à nouveau

Laurent Baffie a trouvé une réponse : en parler, publiquement. Son spectacle, Oh putain Laurent !, fait une large place à Thierry Ardisson. Il le raconte « avec amour, avec tendresse et puis avec drôlerie », et le public suit.

Selon lui, les spectateurs sont ravis, car ils les associent tant l’un à l’autre. « Pour eux, on est Montaigne et La Boétie. Parce que c’était lui, parce que c’était moi. » Et ils applaudissent Thierry, dit-il, comme s’il était dans la salle.

Le plus savoureux se trouve dans le contenu du show. Baffie y raconte des vannes coupées au montage, celles qui n’avaient jamais passé l’antenne du temps de leurs émissions.

Pourquoi avaient-elles été supprimées ? Il avance plusieurs raisons : « soit parce que c’était trop hard, soit parce que Thierry avait peur que l’invité se barre, soit parce que Thierry avait peur que la chaîne réagisse mal, ou parce qu’il trouvait que c’était 15 fois de trop. »

Certaines de ces vannes, il les adorait. Il les a donc dites sur scène, et « les gens adorent ça ». Le deuil devient ainsi un acte de mémoire joyeux, loin de la solennité qu’on attend d’ordinaire.

En miroir, le détail de la blague faite devant le cercueil rappelle que l’humour a toujours été leur langage commun, même face à la mort. Rien de surprenant, en somme.

Ce que ce chagrin dit d’une amitié télé hors normes

Le témoignage de Baffie s’ajoute à une série de prises de parole depuis la disparition. Du côté de la famille, le fils de Thierry Ardisson s’est lui aussi confié sur la mort de ses parents. Chacun évoque l’absence à sa manière.

Ce qui frappe ici, c’est l’absence de posture. Laurent Baffie ne se présente pas en veuf officiel, ni en gardien du temple. Il parle d’une routine perdue, de coups de fil espérés, de rêves récurrents.

C’est un deuil d’ami, fait de petites choses : ne plus avoir quelqu’un à qui raconter une blague, ne plus entendre une voix familière sur un répondeur. Ce genre de manque ne s’efface pas avec un an.

Il reste aussi cette condition posée au retour à la télévision, qui dit beaucoup sur ce que l’écran représentait. Sans Thierry Ardisson, le goût n’y est pas : l’écran fut un terrain de jeu à deux, et le jeu est suspendu.

Que va-t-il se passer ensuite ? La source ne dit rien d’autre sur ses projets, et mieux vaut ne pas extrapoler. Retenons que le spectacle continue de tourner et que l’hommage s’y poursuit à chaque représentation.

Quant au public, il semble avoir adopté ce rendez-vous : on y vient pour rire, on y reste pour la tendresse. Pour qui regrette l’époque Ardisson, c’est peut-être la meilleure manière de la retrouver quelques instants.

Ce mélange de rires et de larmes retenues dit finalement l’essentiel de leur amitié.

Laurent Baffie l’a résumé sans le vouloir : la mort n’arrête pas le téléphone qu’on guette. Et si vous voulez savoir comment Thierry Ardisson regardait lui-même la fin, ce que l’animateur disait de la santé de Michel Drucker quelques mois avant sa mort laisse un goût étrange. Et dans un tout autre registre, ce que la femme de Jean-Marie Bigard a confié sur son état de santé pose une question que personne n’osait formuler.

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