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« Les internes tapent un peu » : la phrase de Matthieu Delormeau sur la drogue qui fait bondir une urgentiste

Publié par Hannah le 05 Oct 2026 à 6:48

Matthieu Delormeau n’en est pas à sa première polémique. Cette fois, une phrase lâchée en interview sur les internes des hôpitaux parisiens a mis le feu aux réseaux. Une médecin urgentiste lui a répondu sans filtre, chiffres à l’appui, et c’est son dernier argument qui pèse le plus lourd.

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Une petite phrase sur les hôpitaux parisiens, et la machine s’emballe

Tout part d’une récente interview de l’ancien chroniqueur de Cyril Hanouna. Il y parle du corps médical, et pas en termes mesurés. Selon les propos rapportés par Public, il aurait lancé : « Dans les hôpitaux parisiens, où vous allez vous faire soigner pour un bobo, les internes, très souvent, s’emmerdent parce que ce n’est pas Chicago. »

Puis il aurait ajouté, sans détour : « Je peux te dire que les internes tapent un peu. » Comprenez : certains consommeraient de la cocaïne par ennui. L’affirmation n’est accompagnée d’aucun chiffre ni d’aucun exemple dans les extraits publiés.

Le sujet est sensible parce qu’il touche à quelque chose de très concret. Quand on franchit les portes d’un service d’urgences, on confie à ces jeunes médecins son enfant, sa blessure, parfois sa vie. Insinuer qu’ils pourraient être sous influence, c’est viser directement la confiance des patients.

Delormeau parle d’ailleurs de drogue en connaissance de cause, puisqu’il a lui-même raconté publiquement son parcours. Il avait notamment expliqué comment deux médecins l’auraient plongé dans l’addiction. Mais ce vécu personnel suffit-il à généraliser à toute une profession ? La réponse n’a pas tardé.

Julieta Quesada sort de ses gonds sur Instagram

La réaction est venue d’une médecin Julieta Quesada, urgentiste très active sur les réseaux sociaux. Visiblement en colère, elle a pris son compte Instagram pour répondre point par point. Elle résume d’abord la scène avec une ironie grinçante : un homme explique tranquillement sur un plateau télé qu’à l’hôpital à Paris, pour un bobo ou quelques points de suture, on risque de tomber sur un interne qui vient de prendre un rail de coke.

Puis elle pose la question qui fâche : « Vous avez déjà mis les pieds dans un hôpital, dans un service d’urgence ? » Le ton est donné. Pour elle, celui qui parle ne semble pas connaître la réalité du terrain.

Cette polémique s’ajoute à une période où le nom de Delormeau revient régulièrement dans l’actualité télé. On avait par exemple vu Cyril Hanouna donner des nouvelles de son ancien chroniqueur. Cette fois, pourtant, ce ne sont plus les plateaux qui réagissent, mais l’hôpital.

Et c’est là que la médecin sort ses arguments. Elle décrit un quotidien fait de journées, de nuits et de gardes. Ces jeunes praticiens, dit-elle, examinent vos enfants, prescrivent, suturent, réaniment, et voient la mort et la souffrance, parfois plusieurs fois dans la même garde.

Vient alors le chiffre qui change l’image des « internes qui s’ennuient ». Selon Julieta Quesada, les internes en France travaillent 59 heures par semaine en moyenne. Dans certaines spécialités chirurgicales, on monte à 75 heures par semaine. Pas vraiment le profil de jeunes qui se tournent les pouces, et ce n’est pas encore son meilleur argument.

Couloir d'hôpital la nuit avec brancard et tasse de café

66 % de burn-out : le chiffre qui renverse l’accusation

Pour comprendre pourquoi la polémique a pris cette ampleur, il faut regarder le fond du message. Le chroniqueur, déjà absent de TBT9 pour un long moment à une période précédente, est habitué aux sorties qui font réagir. Mais là, la médecin ne se contente pas de s’indigner : elle déplace complètement le débat.

Elle reconnaît d’abord un point. Comme chez les journalistes, les animateurs télé, les médecins, les policiers, les avocats ou toute autre profession, il existe des personnes souffrant d’addiction. Elle ne nie donc pas que le problème puisse exister, ce qui donne plus de poids au reste de son propos.

Son reproche, c’est le saut logique. Passer de « il existe des personnes souffrant d’addiction » à « l’interne qui va vous suturer aura peut-être pris un rail de coke parce qu’il s’ennuie », voilà ce qu’elle qualifie de « plus grosse connerie » entendue cette année. Le mot est cru, mais il est cité tel quel dans sa publication.

Elle juge aussi la sortie « particulièrement indécente » au regard de la santé mentale des jeunes médecins. Et c’est là que tombe son chiffre-clé : la dernière grande enquête nationale retrouvait 66 % de burn-out chez les externes et les internes. Deux jeunes sur trois, donc, épuisés au point de basculer.

Pour elle, le vrai problème des internes n’est pas l’ennui, c’est l’épuisement. Salir toute une génération de jeunes médecins sur la base de quelques cas individuels serait, selon ses mots, profondément « irresponsable ». Elle ajoute que, accessoirement, une énorme partie du système hospitalier tient aujourd’hui grâce au travail des internes.

Ce que cette passe d’armes dit de la parole publique

À ce stade, il faut rester prudent. Tout ce que l’on sait des propos de Matthieu Delormeau vient de la source, Public, qui rapporte l’interview et la réponse de la médecin. Aucune affirmation chiffrée de l’ancien chroniqueur n’est avancée, et rien dans ces extraits ne vient étayer l’idée que des internes consommeraient de la cocaïne.

Autrement dit, la polémique oppose une impression lancée en interview à des données avancées par une professionnelle de terrain. Les 59 heures, les 75 heures et les 66 % de burn-out sont les chiffres cités par Julieta Quesada, pas des vérités établies ici de façon indépendante. Mais ils suffisent à montrer pourquoi la profession a pris la sortie comme une gifle.

La source ne mentionne pour l’instant aucune réponse de Matthieu Delormeau à cette contre-attaque. On ignore s’il maintiendra ses propos, les nuancera ou fera marche arrière. C’est un des points à surveiller dans les prochains jours.

Cet épisode n’est pas un cas isolé dans son actualité. L’animateur a déjà fait réagir avec un enregistrement mêlant menaces et Cyril Hanouna, et son passé télévisuel continue de nourrir les commentaires. À chaque fois, la même mécanique : une phrase, une réaction, une polémique qui enfle sur les réseaux.

Reste la question de fond que pose cette affaire : jusqu’où peut-on généraliser sur une profession entière en l’espace d’une phrase à la télé ? Le retour de l’intéressé à l’antenne, lui, continue d’alimenter le débat, comme l’a montré la polémique autour de son retour dans Tout beau, tout 9. Les internes, eux, ont déjà donné leur avis par la voix d’une consœur.

Une chose est sûre : quand on parle de ceux qui vous soignent, les mots ont un poids. Entre l’ennui supposé et l’épuisement documenté, la médecin a choisi son camp, et ses chiffres ne passent pas inaperçus.

Les propos sur le plateau passent, les chiffres de l’hôpital restent. Et si les polémiques autour de Matthieu Delormeau vous intriguent, pourquoi Matignon refuse de publier les résultats des tests anti-drogue de ses ministres pose une tout autre question sur la transparence. Quant à Cyril Hanouna, ce que personne n’a jamais dit sur ses échecs pourrait bien changer votre regard sur l’ancien patron de Delormeau.

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