« Quand on arrivera à l’hôtel… » : le récit glaçant de l’ex-mari d’une plaignante contre Patrick Bruel
Patrick Bruel est mis en examen pour agressions sexuelles. Après 48 heures de garde à vue, le chanteur a été libéré sous contrôle judiciaire ce mercredi 10 juin. Mais c’est un documentaire diffusé la veille sur BFMTV qui a fait l’effet d’une bombe.

L’ex-mari d’une plaignante y livre un témoignage sidérant. Une conversation dans une voiture, devant témoins, dont chaque mot donne froid dans le dos.
Patrick Bruel mis en examen : une trentaine de femmes l’accusent
L’étau se resserre autour du chanteur de 67 ans. Accusé par une trentaine de femmes de viols et d’agressions sexuelles, Patrick Bruel a été convoqué par les magistrats instructeurs du parquet de Nanterre. Sa garde à vue a débuté le lundi 8 juin au matin et s’est prolongée pendant deux jours complets.
À l’issue de cette garde à vue, il a été déféré, puis présenté à des juges d’instruction. Résultat : une mise en examen, mais une remise en liberté immédiate assortie d’un contrôle judiciaire aux conditions strictes. Les détails de sa garde à vue avaient déjà filtré dans la presse dès mercredi matin.
Plusieurs festivals français et belges ont réagi dans la foulée, annulant ses concerts prévus cet été et cherchant des remplaçants en urgence. Le chanteur, lui, a pris la décision d’annuler l’intégralité de sa tournée. Une chute brutale pour celui qui remplissait encore des Zéniths il y a quelques mois.
Mais au-delà de la procédure judiciaire, c’est un documentaire diffusé sur fond de témoignages accablants qui a cristallisé l’attention du public. Et notamment une scène que personne n’a pu oublier après l’avoir entendue.
La scène dans la voiture : « Je te parle de deux adultes qui s’amusent »
Dans le documentaire de BFMTV diffusé le mardi 9 juin, Patrick Tamine prend la parole. Cet homme est l’ex-mari de Karine Viseur, ancienne attachée de presse de Patrick Bruel. Ce jour-là, il assure exceptionnellement le transport du chanteur et d’une partie de son équipe.
Patrick Bruel monte à l’avant, à côté du conducteur. Karine Viseur s’installe à l’arrière, derrière lui. C’est alors que le chanteur lance cette phrase : « Karine, quand on arrivera à l’hôtel, on peut peut-être en profiter pour se faire plaisir. »
Patrick Tamine décrit un moment de stupeur totale. Mathieu Delarive, membre de l’équipe présent dans le véhicule, tente de calmer le jeu : « Patrick, molo, je te rappelle que c’est son mari au volant. » La réponse du chanteur claque comme un aveu de rapport de force : « Je ne te parle pas de faire un beau mariage, je te parle de deux adultes qui s’amusent. »
Le mot « abasourdi » revient dans la bouche de l’ex-mari. Ce climat, qu’il qualifie de malsain, s’est poursuivi tout au long du déplacement. La journée a d’ailleurs été en partie filmée par une équipe de la RTBF. Quand les proches brisent le silence, les détails qui émergent sont souvent les plus difficiles à entendre. Les images consultées par BFMTV montrent plusieurs plaisanteries insistantes adressées à une femme visiblement sous pression.

L’agression présumée dans les toilettes d’un hôtel bruxellois
Les comportements déplacés en déplacement ne se sont pas arrêtés à la voiture. Karine Viseur raconte dans le documentaire avoir subi une pression constante de la part du chanteur. « Il avait toujours besoin d’avoir mon contact physique », affirme-t-elle. Des gestes de proximité répétés, un malaise croissant qu’elle décrit minute par minute.
Mais le pire survient en fin de journée. Selon son récit, Patrick Bruel l’aurait attirée dans les toilettes d’un hôtel à Bruxelles. Là, il aurait tenté de l’embrasser et lui aurait imposé des attouchements. Elle assure avoir prononcé des dizaines de « non » avant de parvenir à se dégager.
Quelques minutes plus tard, l’artiste apparaît sur un plateau de télévision, souriant face aux caméras. Karine Viseur lâche une phrase qui résume tout : « Ça doit être un très bon joueur de poker pour afficher une telle poker face en une fraction de seconde. » Ce n’est que seize ans après les faits qu’elle a décidé de porter plainte.
Son témoignage rejoint celui d’autres femmes, dont une ancienne Miss qui a livré un récit tout aussi accablant dans les colonnes de la presse. Flavie Flament, qui accuse le chanteur de viol alors qu’elle était mineure, a elle aussi pris la parole publiquement début juin sur France 5.
Trente femmes. Seize ans de silence avant une plainte. Une phrase lancée dans une voiture, devant témoins, comme si rien ne pouvait l’arrêter. L’affaire Patrick Bruel n’en est qu’à ses débuts judiciaires — mais les mots, eux, sont déjà impossibles à oublier. Reste à savoir combien d’autres témoignages dorment encore dans l’ombre.