Procès Russell Brand : la première plaignante décrit un homme devenu « monstre » dans une chambre d’hôtel en 1999

Un tribunal de Londres, un homme de 51 ans, une chambre d’hôtel en 1999. Au procès de Russell Brand, la première plaignante a témoigné en sanglotant, protégée par un grand paravent. Selon le Daily Mail, elle décrit un basculement brutal, de la plaisanterie à la peur. Reste à savoir ce qu’elle dit avoir fait juste après, et pourquoi elle n’a parlé qu’en 2023.
Six femmes, sept chefs d’accusation : ce que Russell Brand affronte à Southwark Crown Court
Le procès de Russell Brand se tient devant la Southwark Crown Court, à Londres. Jeudi, quatrième jour d’audience, la parole est revenue à la première femme qui l’accuse, rapporte le Daily Mail.
L’acteur et humoriste, 51 ans, est visé par les accusations de six femmes. Le dossier compte trois viols, trois agressions sexuelles et un attentat à la pudeur. Il nie l’ensemble des faits et reste présumé innocent.
Les faits décrits par cette première plaignante remontent à 1999, pendant la conférence du Parti travailliste. Elle avait alors 28 ans, lui 24. Aujourd’hui, elle est dans la cinquantaine.
Selon son récit, elle a passé la journée à croiser des célébrités et des responsables politiques. Le soir, elle assiste à un spectacle satirique en marge de la conférence, dans lequel Brand joue. À la sortie, il serait venu lui parler en lui tirant la queue de cheval.
Elle dit avoir trouvé l’homme enfantin, joueur, pas menaçant. Cette impression va peser lourd dans la suite de son témoignage. Elle pose d’ailleurs une question que beaucoup de victimes se posent, comme ce célèbre footballeur qui a fini par raconter son agression : pourquoi avoir fait confiance ?
Dans sa chambre d’hôtel, tout allait pourtant se jouer en quelques minutes. Et la raison de l’invitation surprend.
Une tasse de thé, une erreur d’appréciation et des heures de conversation
La plaignante explique avoir invité Brand dans sa chambre, à Bournemouth, pour une tasse de thé. Elle pensait à tort, dit-elle, qu’il était gay et ne représentait donc aucun danger.
Ils auraient parlé pendant des heures d’une pièce de théâtre qu’ils pourraient monter ensemble. D’après elle, il la couvrait de compliments, la disait jolie et intelligente. Rien, à ce stade, ne l’inquiétait.
Puis le ton change. Dans un entretien de police diffusé au tribunal, elle raconte qu’il s’est soudain mis torse nu. Il a commencé à faire le pitre, à sautiller comme une autruche, à lever les jambes comme Basil Fawlty dans Fawlty Towers.
Selon elle, il aurait ensuite exigé qu’elle le photographie à moitié nu. Des clichés pris dans la chambre ont été montrés aux jurés. Sur l’un d’eux, il pose torse nu et envoie un baiser à l’objectif.
Quand elle l’aurait questionné, il aurait répondu : « C’est normal, c’est comme ça que je suis. Je suis presque tout le temps nu chez moi. » Elle dit avoir été terrifiée, sans issue, et s’être figée.
Ce type de situation, où la méfiance arrive trop tard, n’est pas rare dans les affaires de ce genre. Les accusations visant des célébrités se sont d’ailleurs multipliées, de Ruby Rose contre Katy Perry à d’autres dossiers très médiatisés.
Voici ce que la plaignante affirme s’être passé ensuite. Elle dit que Brand s’est jeté sur elle, l’a clouée sur le lit, et qu’elle a dit non.
Elle rapporte qu’il lui aurait répondu qu’elle devait « se laisser aller » et « ne pas s’inquiéter de la honte ni de la réputation ». Selon elle, il pesait si lourd qu’elle craignait pour ses côtes et ne pouvait plus respirer. Elle dit avoir supplié : « S’il vous plaît, arrêtez, ça fait mal.
» Elle affirme : « Il m’a violée. »

Ce qu’elle a fait juste après, et ce qui l’a décidée à parler 24 ans plus tard
Parler tard, c’est un schéma que l’on retrouve dans d’autres dossiers, comme les plaintes qui s’accumulent contre Patrick Bruel, présumé innocent lui aussi. Ici, le silence a duré des années.
Juste après les faits, Brand aurait quitté la chambre en prétextant qu’il devait voir sa mère. Elle le décrit comme désinvolte. Il lui aurait dit de ne pas s’inquiéter, car il faisait régulièrement des tests de dépistage.
Elle se souvient qu’il a noté son adresse e-mail, comme pour se montrer en homme de famille. Une fois seule, elle a verrouillé la porte et fondu en larmes. Elle dit s’être cogné la tête contre le mur et avoir passé des heures à se laver.
Le lendemain, la douleur était telle qu’elle a raté son train, incapable de soulever sa valise. Pendant des années, elle s’est reproché d’avoir laissé entrer un homme dans sa chambre. Elle redoutait aussi d’être enceinte.
Elle n’a pas porté plainte. Elle a seulement confié à des amis que Brand l’avait un jour invitée à sortir. Ce n’est qu’en 2023, après un documentaire Dispatches de Channel 4 sur les accusations de plusieurs femmes, qu’elle a contacté la police.
Elle a expliqué avoir vu à quel point il était manipulateur. Et s’être demandé si les faits se seraient arrêtés si elle avait parlé plus tôt. Elle n’a pas pu regarder le programme en entier.
À la barre, l’avocat de la défense, Ian Winter KC, l’a accusée de mentir en affirmant qu’elle était tombée sous le charme de cette star « magnétique ». Elle a répondu qu’elle vivait une vie simple et chaste, qu’elle n’était pas venue pour du sexe et qu’elle n’avait jamais voulu de relation avec lui. Elle a ajouté qu’elle pouvait oublier ce qu’elle portait ce jour-là, pas ce qui s’était passé.
Ce que la suite du procès dira de cette première déposition
L’audience a été tendue. Le juge a dû interrompre plusieurs fois l’avocat de la défense pour s’opposer à certaines de ses questions. C’est un signe que le contre-interrogatoire sera âprement disputé.
Brand, lui, était présent dans une tenue sobre : costume et croix argentée autour du cou. Selon le Daily Mail, il n’a montré aucune émotion pendant le témoignage. Il conteste toutes les accusations.
Ce récit n’est qu’une des sept charges. Cinq autres femmes doivent encore faire valoir leur version, et le jury devra trancher chaque accusation séparément. Rien n’est jugé à ce stade, et ce témoignage rapporté par un seul média doit être lu comme tel.
Les mécanismes de la procédure, eux, intriguent. Dans d’autres affaires, la justice impose parfois un suivi avant même le procès. Ici, les jurés ne disposent que des témoignages, des photos de la chambre et des échanges à l’audience.
La parole des tiers pèsera aussi dans le débat public. Quand une star est mise en cause, les réactions fusent, comme celle de Vanessa Paradis dans le dossier Bruel. Ce sera l’un des enjeux à surveiller dans les prochains jours.
Le procès va maintenant se poursuivre avec les autres plaignantes. Chaque nouveau témoignage ajoutera un élément au dossier, sans préjuger du verdict.
Une chambre d’hôtel, un malentendu et vingt-quatre ans de silence : c’est le récit d’une plaignante qui dit avoir attendu d’entendre d’autres voix pour parler, tandis que l’accusé continue de tout contester.
Et pour continuer sur des histoires où l’envers du décor surprend, la forteresse discrète où vit la famille Schumacher en Suisse révèle une vie très protégée. Quant aux derniers instants d’une autre star, ce que l’enquête a révélé sur les dernières heures de Michael Jackson reste difficile à lire.