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« Enfilez votre costard en Kevlar » : la charge frontale de Marine Le Pen contre Mediapart après les accusations visant Bardella

Publié par Elodie le 29 Sep 2026 à 13:51

Une enquête publiée par Mediapart ce lundi vient percuter la campagne présidentielle du Rassemblement national. Le média affirme avoir retrouvé des conversations écrites attribuées à Jordan Bardella, datant de 2013. Il conteste, dénonce une manipulation, et promet des poursuites. Mais c’est la réplique de Marine Le Pen, cash et sans filtre, qui a surpris tout le monde.

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Une enquête qui vise directement le futur Premier ministre potentiel

L’enquête de Mediapart décrit un jeune militant du Front national, en 2013, dont les échanges écrits seraient « totalement alignés » sur les thèses de l’activiste antisémite Alain Soral. Le média dit avoir travaillé « plusieurs mois » et examiné « des dizaines de conversations ».

Parmi les propos rapportés, l’un affirmerait que « toutes les banques sont détenues par des Juifs », développant une théorie du « Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël ». Un autre échange viserait, selon le journal, Laurent Fabius, Pierre Moscovici et Manuel Valls, accusés de faire primer « l’intérêt bancaire » sur celui de la France.

Le timing n’est pas neutre. À quelques mois d’une échéance présidentielle où le climat politique national se tend, une telle accusation touche directement l’homme pressenti pour Matignon en cas de victoire du RN. Reste une question : que répond, concrètement, Jordan Bardella à ces accusations ?

« Une guerre totale » : la défense de Bardella avant l’intervention de Le Pen

Interrogé avant la publication, Jordan Bardella a nié avoir « tenu, en public comme en privé, par oral ou par écrit, des propos racistes ou antisémites de ce type ». Il affirme n’avoir pas été militant actif à l’été 2013, et rappelle qu’il était encore mineur, ce qui, selon lui, fragilise la crédibilité des sources citées par le journal.

Devant ses parlementaires réunis à l’Assemblée, le président du RN a durci le ton. Il dit voir « les prémices d’une guerre totale, de tentatives de déstabilisation de la campagne présidentielle » qui viseraient, selon lui, les cadres du parti « un à un ». « L’objectif, c’est de tuer ma carrière politique », a-t-il lancé.

Il va plus loin, évoquant deux hypothèses : « Soit Mediapart a mis en œuvre une opération de barbouzerie, soit une opération de barbouzerie s’est montée à l’extérieur et Mediapart lui-même s’est fait enfumer ».

Cette publication aurait, selon lui, été préparée depuis plusieurs mois, dans un scénario où il aurait lui-même été candidat à la présidentielle — hypothèse abandonnée début juillet après une décision de justice ayant permis à Marine Le Pen de se présenter.

Bardella annonce avoir déjà porté plainte en diffamation, et promet d’autres plaintes « pour faux et usage de faux » si des écrits sont produits. Reste que sa présidente venait, elle, d’entrer dans l’arène avec des mots bien plus tranchants encore.

Documents et lettres anciennes sous une loupe

« Un costard en Kevlar » : Marine Le Pen sort l’artillerie lourde

C’est là que la sortie de Marine Le Pen, elle aussi lors de cette réunion de parlementaires du RN, prend une tournure inédite. « Nous n’allons pas nous laisser faire », a-t-elle insisté, promettant de « contre-attaquer et démonter cette manipulation ».

Sa charge contre le média est directe : elle qualifie Mediapart de « média militant, d’extrême gauche, assumé », l’accusant d’avoir soutenu « hier » les terroristes islamistes responsables de l’assassinat des onze athlètes israéliens aux Jeux olympiques de 1972, et « il y a encore quelques mois » les auteurs des attentats du 7-Octobre en Israël, ayant fait des milliers de morts et de blessés, dont une cinquantaine de Français.

Puis vient la phrase qui a marqué la salle : « Maintenant, c’est à Mediapart, je crois, qu’il va falloir dire d’enfiler son costard en Kevlar, parce qu’il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent. » Une image martiale, assumée, pour annoncer une riposte qui s’annonce judiciaire autant que médiatique. Voilà, en substance, la promesse tenue par le titre : la charge de Marine Le Pen contre le média, mot pour mot.

Ce que cette affaire dit de la campagne à venir

Marine Le Pen a également tenu à exprimer sa « confiance absolue » en Jordan Bardella, en anticipant d’autres attaques : « Sachez qu’on va en prendre plein la poire, que le système va tout faire et nos adversaires feront absolument tout, y compris les trucs les plus dégueulasses qui soient, pour pouvoir tenter d’entraver cette dynamique.

» Une formule qui installe déjà le récit d’un parti assiégé, alors même que la présidente du RN reconnaît elle-même ne pas avoir lu l’article incriminé.

« Ça me paraît tellement dingue que ça ne peut être qu’un faux, qu’une barbouzerie dont Mediapart a le secret », avait-elle déclaré dès lundi, avant même la réunion parlementaire. Une défense de principe, construite avant d’avoir pris connaissance du dossier complet.

Sur les réseaux sociaux, l’affaire divise déjà fortement, entre ceux qui dénoncent une opération de déstabilisation et ceux qui y voient une confirmation de leurs soupçons anciens. Les débats sur les plateaux télévisés promettent d’être houleux dans les jours qui viennent, tout comme les suites judiciaires annoncées par les deux camps.

Il reste désormais à voir si les plaintes annoncées par Jordan Bardella pour diffamation, faux et usage de faux aboutiront à des poursuites concrètes contre Mediapart, et surtout si le média maintient l’intégralité de ses révélations face à la contre-offensive politique et judiciaire qui s’organise déjà au sommet du RN.

Une chose est certaine : la campagne présidentielle vient de basculer dans une nouvelle phase, où chaque révélation médiatique se transformera en bataille judiciaire. Reste à savoir qui, de Mediapart ou du RN, sortira vainqueur de ce bras de fer annoncé comme « total ».

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que l’entourage de Bardella se retrouve sous le feu des projecteurs : une plainte similaire avait déjà été déposée à Paris quelques mois plus tôt, dans un contexte tout aussi tendu pour le parti.

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