« Il est le seul » : Manuel Bompard lâche une phrase sur Mélenchon qui va faire réagir toute la gauche
La présidentielle 2027 est encore loin, mais à gauche, les hostilités sont déjà ouvertes. Sur le plateau de BFM Politique ce dimanche 14 juin 2026, Manuel Bompard a dégainé une formule qui ne laisse aucune place au doute. Et pendant ce temps, un autre candidat déclaré lui a répondu depuis Aubervilliers, sans même le nommer.

Mélenchon candidat pour la 4e fois : LFI verrouille le récit dès maintenant
C’est devenu un rendez-vous presque rituel. Jean-Luc Mélenchon se lance à nouveau dans la course à l’Élysée, pour la quatrième fois de sa carrière. Et cette fois, son bras droit ne fait pas dans la nuance.
Invité sur BFM ce dimanche, Manuel Bompard a martelé que le fondateur de La France insoumise était « le seul à pouvoir l’emporter face à l’extrême droite ». Le coordinateur national du parti a déroulé un programme qu’il qualifie de « rupture avec le pouvoir macroniste » : augmentation des salaires, planification écologique, passage à la 6e République et politique étrangère non alignée.
Derrière cette sortie, il y a un calcul très précis. En 2022, il avait manqué 400 000 voix à Mélenchon pour accéder au second tour. Un chiffre que Bompard n’a pas oublié, et qu’il brandit comme la preuve qu’une victoire est à portée de main. À condition, bien sûr, de rassembler au-delà de LFI.
Le député des Bouches-du-Rhône vise un adversaire clair : le Rassemblement national. Mais il cible aussi, en creux, tous ceux à gauche qui voudraient se passer de Mélenchon. Un message direct, envoyé depuis un paysage politique plus instable que jamais.
Le Pen, Bardella, le RN : Bompard attaque sur toutes les lignes
L’échéance du 7 juillet plane sur toute la séquence. Ce jour-là, la cour d’appel rendra sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Si Marine Le Pen est déclarée inéligible, c’est Jordan Bardella qui porterait les couleurs du RN en 2027.
Bompard balaie les deux hypothèses d’un revers de main. LFI « sera en mesure de battre » n’importe quel candidat du Rassemblement national, assure-t-il. Il enfonce le clou en pointant les désaccords internes au RN : l’âge de départ à la retraite et la taxation des superprofits seraient des sujets de friction entre Le Pen et Bardella.
« Aucun des deux ne propose un programme à la hauteur des urgences sociales, écologiques et démocratiques du pays », lâche le député marseillais. Selon lui, le RN « essaye d’inscrire sa politique dans la continuité des politiques macronistes ». Un angle d’attaque classique chez LFI, mais qui prend un relief particulier à un an et demi du scrutin.
En résumé, Bompard dessine un duel Mélenchon-RN et refuse toute autre lecture. Un pari risqué, tant la gauche reste fragmentée.

Glucksmann contre Mélenchon : la guerre à gauche a déjà commencé
Car pendant que Bompard parlait sur BFM, un autre discours résonnait à Aubervilliers. La veille, Raphaël Glucksmann tenait son premier meeting de campagne devant une salle comble. Sa ligne : « rassembler pour gagner en 2027 ». Mais sans Mélenchon.
Le leader de Place publique a été limpide : les Français « ne veulent pas voir » le fondateur de LFI à l’Élysée. Il oppose « une gauche qui rassemble au lieu de brutaliser » à celle qu’il accuse de casser. Deux visions, deux candidats, et un électorat de gauche sommé de choisir son camp.
Bompard, lui, joue la carte de la main tendue. Il propose une alliance au Parti communiste et aux Écologistes. Il rappelle que les députés insoumis et communistes « votent les mêmes textes dans 95 % des cas » à l’Assemblée nationale. Et il n’oublie pas de mentionner les 700 000 voix de Fabien Roussel en 2022, autant de bulletins qui auraient pu changer l’issue du premier tour.
« Il y a un chemin pour un rassemblement », insiste le député. Reste à savoir si cette gauche fracturée est capable de se réunir autour d’un seul nom. L’histoire récente n’invite pas franchement à l’optimisme.
Une chose est sûre : à gauche, la présidentielle 2027 ne se jouera pas seulement contre le RN. Elle se joue déjà entre Mélenchon et Glucksmann, entre deux visions du rassemblement qui semblent, pour l’instant, parfaitement irréconciliables. Et vous, vous croyez que la gauche arrivera un jour à se mettre d’accord avant le premier tour ?