Congé climatique : cette pétition des Écologistes pour obtenir jusqu’à 5 jours payés divise déjà la France

Canicule, inondations, incendies : les événements climatiques extrêmes se multiplient en France. Face à cette réalité, les Écologistes viennent de dégainer une proposition qui ne laisse personne indifférent. Leur pétition réclame un droit nouveau : jusqu’à 5 jours de congé climatique par an, sans perte de salaire. Un dispositif inspiré d’un voisin européen qui l’a déjà adopté.
Un congé climatique de 5 jours : ce que proposent les Écologistes
C’est Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, qui a porté l’idée sur le plateau de LCI. Le principe est simple : permettre aux salariés de rester chez eux quand les conditions météo rendent le trajet ou le travail dangereux. Canicule paralysante, inondation soudaine, incendie en approche, ou encore épisode de chaleur extrême qui force la fermeture d’une école.
Le texte de la pétition est limpide : « Personne ne devrait risquer sa santé ou celle de ses proches simplement pour aller travailler. » Les Verts demandent la création d’un congé pouvant atteindre 5 jours par an, activable dans plusieurs situations précises liées au dérèglement du climat.
Ce n’est pas une idée sortie de nulle part. L’Espagne a ouvert la voie en novembre 2024 en adoptant un congé payé de 4 jours pour éviter les déplacements en cas d’alerte météo. Les Écologistes français veulent aller un cran plus loin avec un jour supplémentaire. Et le débat qu’ils lancent tombe en pleine période où les vagues de chaleur frappent de plus en plus tôt dans l’année.
Climatisation pour tous vs planification écologique : le clash politique
La proposition n’a pas tardé à provoquer des réactions en chaîne. Marine Le Pen défend de son côté un « plan massif » de climatisation, en commençant par les écoles, les hôpitaux et les maisons de retraite. Une approche frontale que Marine Tondelier a balayée avec ironie.
La cheffe des Écologistes reconnaît que la climatisation ne doit être « ni un tabou, ni une réponse à tout ». Mais elle pointe un problème de taille : climatiser des bâtiments mal isolés revient à jeter l’argent par les fenêtres.
« Si vous climatisez des logements qui ne sont pas isolés, vous n’allez pas très loin », a-t-elle résumé. Sans oublier le coût astronomique d’un déploiement national. À l’heure où l’on parle de travailler plus pour financer les grands chantiers, la question du budget est centrale.
Du côté de La France Insoumise, Manuel Bompard a lui aussi critiqué la politique écologique du gouvernement, jugée insuffisante. Il exhorte à « des plans, une planification et des financements dédiés, alloués, stables ». Jean-Luc Mélenchon propose même de remplacer les régions par des « écorégions » pour mettre la question environnementale au cœur des politiques publiques.

Congé climatique : le détail qui change tout pour des millions de salariés
Ce que beaucoup n’ont pas encore compris, c’est l’étendue réelle de ce congé. En période de canicule, ce ne sont pas uniquement les travailleurs en extérieur qui seraient concernés. Marine Tondelier a précisé un cas de figure que des millions de parents connaissent : l’école de vos enfants ferme à cause de la chaleur et vous n’avez personne pour les garder.
Jusqu’ici, dans cette situation, c’est le système D. Poser un jour de congé en catastrophe, télétravailler en jonglant, ou culpabiliser de laisser un enfant seul. Le congé climatique apporterait un cadre légal à ce que des millions de Français vivent déjà chaque été dans le bricolage. Et avec des épisodes caniculaires qui s’allongent, le problème ne fera que s’amplifier.
Reste la question qui fâche : qui paie ? Le texte prévoit un congé sans perte de revenus, mais ne détaille pas encore le mécanisme de financement. Employeurs, Sécurité sociale, État ? C’est précisément sur ce point que la proposition risque de se heurter à un mur. L’Espagne a tranché en faisant peser le coût sur les employeurs. En France, dans un contexte de réformes sociales déjà tendues, le sujet promet des débats houleux.
Cinq jours de congé climatique payés par an : utopie écolo ou droit social du futur ? Une chose est sûre, le thermomètre ne va pas baisser de sitôt. Et si la pétition aboutit ou non, elle aura posé une question que chaque été rendra plus brûlante : peut-on encore obliger quelqu’un à traverser une fournaise pour pointer ?