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Canicule : ces 3 aliments du frigo aggravent la déshydratation quand il fait plus de 35 °C selon les urgentistes

Publié par Cassandre le 22 Juin 2026 à 10:04

Quand le thermomètre dépasse les 40 °C comme c’est le cas dans plusieurs villes de France cette semaine, le premier réflexe est de boire plus d’eau. Mais ce que vous mangez compte tout autant — voire davantage. Certains aliments que vous avez au frigo en ce moment même peuvent aggraver la déshydratation, surcharger votre digestion et faire grimper votre température corporelle.

Les urgentistes le répètent chaque été : une bonne partie des admissions aux urgences en période de canicule sont liées à l’alimentation, pas seulement au manque d’eau. Voici les trois types d’aliments qu’ils recommandent d’éviter quand le mercure s’emballe.

Femme regardant son frigo ouvert en pleine canicule

Pourquoi ce que vous mangez compte autant que ce que vous buvez

Barbecue de viande rouge en pleine chaleur estivale

On sous-estime énormément l’impact de la digestion sur la régulation thermique du corps. Quand vous mangez, votre organisme produit de la chaleur pour décomposer les aliments. C’est ce qu’on appelle la thermogenèse alimentaire.

En temps normal, cette chaleur est évacuée sans problème. Mais quand l’air ambiant dépasse 35 °C, votre corps est déjà en surchauffe. Lui rajouter un effort digestif intense, c’est comme allumer un radiateur dans une pièce déjà étouffante.

Le ministère de la Santé le rappelle dans ses recommandations canicule : il faut privilégier des repas légers, fractionnés, riches en eau. À l’inverse, certains aliments font exactement le contraire. Et les températures extrêmes sont plus dangereuses qu’on ne le pense, surtout pour les personnes vulnérables.

Le problème, c’est que ces aliments à éviter sont souvent ceux qu’on mange le plus en été. Ils traînent dans tous les frigos de France.

Le piège salé que personne ne soupçonne

Premier aliment pointé du doigt par les urgentistes : la charcuterie. Saucisson, jambon cru, rillettes, pâté — tout ce qu’on sort pour l’apéro quand il fait beau. Le problème n’est pas le goût, c’est le sel.

Plateau de charcuterie avec saucisson et jambon cru

Une portion de 100 g de saucisson sec contient en moyenne 5 g de sel, soit la quasi-totalité de l’apport journalier recommandé par l’OMS. Et le sel, en période de forte chaleur, c’est un accélérateur de déshydratation.

Quand vous consommez trop de sodium, vos reins doivent éliminer l’excès en mobilisant davantage d’eau. Résultat : vous urinez plus, vous perdez des fluides, et votre corps se retrouve en déficit hydrique — même si vous avez l’impression de boire suffisamment.

Les urgentistes du SAMU rappellent que chez les personnes âgées, ce mécanisme est encore plus brutal. La sensation de soif diminue avec l’âge, et le sel amplifie des pertes hydriques que le corps ne compense plus naturellement. Si vous êtes senior et soucieux de votre santé, c’est un piège redoutable.

Ce n’est pas un hasard si certains médecins tirent la sonnette d’alarme sur la consommation excessive de charcuterie en général. En pleine canicule, le risque est décuplé. Mais un autre aliment très populaire en été pose un problème encore plus sournois.

Ce classique du barbecue qui fait monter votre température interne

Deuxième aliment à limiter selon les professionnels de santé : les viandes rouges et plus largement les repas très protéinés. Entrecôte, côte de bœuf, brochettes de porc — le barbecue du week-end, en somme.

Le mécanisme est différent du sel, mais tout aussi problématique. Les protéines animales sont les macronutriments qui génèrent le plus de thermogenèse lors de la digestion. Concrètement, pour digérer 100 calories de protéines, votre corps en brûle entre 20 et 30 rien que pour les assimiler.

Cette production de chaleur interne, que les médecins appellent « l’effet thermique des aliments », peut faire grimper votre température corporelle de 0,5 à 1 °C pendant plusieurs heures après le repas. Quand il fait 40 °C dehors, c’est un stress supplémentaire que votre organisme n’a pas besoin de gérer.

Le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste et chroniqueur santé, recommande de remplacer la viande rouge par des sources de protéines plus légères : poisson blanc, œufs, légumineuses. Certains aliments dans vos salades apportent des protéines végétales sans cet effet de surchauffe.

Et si vous cherchez le repas idéal en période de chaleur, les nutritionnistes sont formels : il se prépare en deux minutes et ne nécessite aucune cuisson. Mais il reste un troisième aliment — ou plutôt une boisson — que les Français consomment massivement dès que le soleil tape.

L’ennemi n°1 que 80 % des Français servent à l’apéro

Troisième élément à bannir quand le thermomètre s’affole : l’alcool. Bière glacée, rosé en terrasse, cocktails — l’été français en est imbibé. Et c’est précisément ce qui remplit les services d’urgence pendant les canicules.

L’alcool est un diurétique puissant. Il inhibe la production d’hormone antidiurétique (ADH), ce qui pousse les reins à éliminer bien plus d’eau qu’ils ne le devraient. Pour chaque verre d’alcool consommé, votre corps élimine environ 100 ml d’eau supplémentaire au-delà de ce que vous avez bu.

Mais ce n’est pas tout. L’alcool dilate les vaisseaux sanguins périphériques, ce qui donne une sensation de fraîcheur trompeuse. Vous avez l’impression de vous rafraîchir, mais en réalité, votre corps perd sa capacité à réguler efficacement sa température. Nous avions d’ailleurs déjà détaillé pourquoi cette boisson très populaire en été aggrave la déshydratation.

Les urgentistes du CHU de Toulouse ont observé que lors de la canicule de 2023, près de 30 % des patients admis pour déshydratation sévère avaient consommé de l’alcool dans les heures précédentes. Le rosé bien frais est probablement le pire ami de votre été. Et si vous pensiez que seul l’alcool posait problème côté boissons, détrompez-vous.

Verre de rosé et bière sur une terrasse en plein soleil

Le combo à ne jamais faire par 40 °C

Le vrai danger, c’est la combinaison. Un apéro charcuterie-rosé suivi d’un barbecue de viande rouge, c’est le trio infernal en période de canicule. Vous cumulez trois mécanismes de déshydratation en un seul repas.

Le sel de la charcuterie force vos reins à travailler plus. Les protéines de la viande font grimper votre température interne. L’alcool accélère les pertes hydriques et brouille les signaux de soif. Votre corps se retrouve en déficit sur tous les fronts.

Le Haut Conseil de la santé publique recommande en période de forte chaleur des repas fractionnés : 4 à 5 petites prises alimentaires par jour plutôt que 2 gros repas. Les aliments riches en eau — concombre, pastèque, tomate, melon — doivent constituer la base de l’alimentation. Le Dr Mascret rappelle aussi les gestes essentiels que trop peu de Français connaissent en cas de coup de chaleur.

Pensez aussi à votre environnement. Certaines solutions simples permettent de réduire la chaleur de votre logement de plusieurs degrés. Et surtout, ne faites pas cette erreur classique avec le frigo pour tenter de vous rafraîchir.

Ce qu’il faut retenir avant les prochains jours de fournaise

Avec les prévisions de canicule pour juillet qui s’annoncent tout aussi sévères, ces réflexes alimentaires ne sont pas un luxe. Ce sont des gestes de survie douce, comme disent les urgentistes.

Récapitulons : on évite la charcuterie trop salée, on limite les grosses portions de viande rouge, et on oublie l’alcool quand il fait plus de 35 °C. On privilégie les fruits et légumes gorgés d’eau, les protéines légères et l’eau plate à température ambiante — pas glacée, car le froid intense provoque un choc thermique qui force le corps à produire de la chaleur pour se réchauffer.

Votre frigo contient probablement ces trois aliments en ce moment. Ce n’est pas une raison pour les jeter, mais pour savoir quand les garder pour des jours plus cléments. D’ailleurs, vérifiez aussi que vos aliments congelés sont encore sûrs — les coupures de courant liées à la chaleur ne sont pas rares.

Quand le mercure redescendra sous les 30 °C, vous pourrez ressortir le saucisson. En attendant, votre corps vous remerciera de lui avoir épargné ce triple effort.

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