« Siffler la Marseillaise, c’est un droit » : la phrase du maire LFI de Saint-Denis qui enflamme la France en pleine Coupe du monde

En pleine Coupe du monde, le maire LFI de Saint-Denis fait exploser la polémique. Bally Bagayoko considère que siffler la Marseillaise est « un droit à la réplique populaire ». Une sortie qui ne s’arrête pas là : l’élu évoque aussi une possible « insurrection » en cas de victoire du RN en 2027.
Le maire qui a décroché le portrait de Macron récidive
Bally Bagayoko n’en est pas à son coup d’essai. Le maire de Saint-Denis s’était déjà fait remarquer en décrochant le portrait d’Emmanuel Macron de sa mairie. Un geste qu’il qualifiait de « symbolique », justifié selon lui par l’incapacité de « la République à corriger les inégalités ».
Ce premier acte de défiance ne lui avait pas valu qu’un passage dans les journaux. Le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, lui avait adressé un rappel à l’ordre en bonne et due forme. Le représentant de l’État avait rappelé début mai que l’accrochage du portrait présidentiel relevait d’un usage républicain bien établi, même s’il ne constituait aucune obligation légale.
Autant dire que le terrain était déjà miné. Mais l’Insoumis a décidé de pousser le curseur beaucoup plus loin dans un entretien accordé à L’Opinion. Et cette fois, ce n’est plus un cadre qu’il décroche. C’est l’hymne national qu’il remet en question publiquement.
« Siffler la Marseillaise » : un « droit » selon l’élu insoumis
Dans cet entretien, Bally Bagayoko affirme sans détour que « siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire ». La phrase est calibrée pour faire réagir. Elle tombe en pleine Coupe du monde, à un moment où les stades sont au cœur de l’attention médiatique.
L’élu avance un argument identitaire pour justifier sa position. « Les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d’ici mais aussi de là-bas », explique-t-il. Une double appartenance revendiquée qui, selon lui, légitimerait la contestation de l’hymne national dans une enceinte sportive.
Cette déclaration ravive un débat récurrent en France. Les sifflets contre la Marseillaise lors de matchs de football ont déjà provoqué des crises politiques par le passé. Mais c’est la première fois qu’un maire en exercice les qualifie ouvertement de « droit ». Le camp de La France Insoumise ne semble pas prêt de calmer le jeu.
Reste une question que beaucoup se posent déjà : jusqu’où l’élu de Saint-Denis est-il prêt à aller dans la confrontation avec les institutions ?

Victoire du RN en 2027 : Bagayoko évoque une « insurrection populaire »
L’horizon de la présidentielle 2027 plane sur la fin de l’entretien. Et le ton monte encore d’un cran. Interrogé sur l’hypothèse d’une victoire du Rassemblement national, Bally Bagayoko n’exclut rien. « L’insurrection populaire est possible », lâche-t-il, avant de préciser qu’elle ne serait « pas souhaitable ».
La nuance est mince. L’élu enchaîne en prédisant une réaction en chaîne si « toutes les digues sautent face à l’extrême droite ». Selon ses mots : « Il va y avoir une levée en riposte avec des formes d’auto-organisation qui vont prendre place, que vous le vouliez ou non. » Une prophétie qui ressemble à un avertissement.
Entre le portrait décroché, l’hymne contesté et l’insurrection évoquée, le maire de Saint-Denis dessine une ligne politique de rupture assumée. Chaque déclaration repousse un peu plus les limites du débat républicain. Ses adversaires politiques ne manqueront pas de lui rappeler qu’un élu de la République est aussi censé en incarner les symboles.
Un maire qui décroche Macron du mur, valide les sifflets contre l’hymne et envisage l’insurrection : trois gestes, une seule trajectoire. La question n’est plus de savoir s’il fait polémique. C’est de savoir qui, dans la classe politique, osera lui répondre au même volume.