« Interdire les milliardaires » : Manon Aubry les qualifie de « nuisibles » chez LFI

Un mot qui claque, une salle qui applaudit. Aux universités d’été de La France insoumise, Manon Aubry n’a pas mâché ses mots devant des centaines de militants réunis dans la Drôme. Face à un public conquis, l’eurodéputée a lâché une proposition qui dépasse largement le débat fiscal classique. Elle promet d’assumer chaque mot, quitte à provoquer un tollé.
Pourquoi Manon Aubry veut aller plus loin que « taxer les riches »
Pendant des années, Manon Aubry a travaillé pour l’ONG Oxfam, qui publie chaque année des rapports sur les inégalités mondiales. Elle raconte avoir vu les chiffres empirer année après année, jusqu’à ne plus trouver les mots pour les qualifier. Ce constat nourrit aujourd’hui son discours politique, dans un climat où chaque prise de position de La France insoumise fait débat.
« Tous les ans, je calculais des chiffres qui étaient encore pires », a-t-elle expliqué devant l’auditoire. Pour elle, la fiscalité classique appliquée aux grandes fortunes ne suffit plus à corriger la trajectoire. C’est cette conviction, mûrie depuis son passage chez Oxfam, qui la pousse désormais à réclamer une mesure bien plus radicale que la simple hausse d’impôts, dans un contexte où le débat sur la fiscalité des Français occupe déjà le devant de la scène.
Son constat interroge un système économique tout entier, pas seulement quelques grandes fortunes isolées. Reste à savoir comment elle compte transformer cette colère en mesure concrète.
La proposition choc : interdire purement et simplement les milliardaires
Devant les militants, Manon Aubry a franchi un cap. « Il ne faudra pas seulement taxer les riches, mais interdire les milliardaires », a-t-elle lancé, provoquant une salve d’applaudissements. Une phrase reprise et diffusée massivement sur les réseaux sociaux dans les heures qui ont suivi son discours.
Son raisonnement s’appuie sur un enchaînement logique qu’elle a détaillé point par point. Selon elle, supprimer les grandes fortunes réglerait mécaniquement deux problèmes majeurs : la concentration des médias entre quelques mains et l’impact écologique de certaines activités économiques. « S’il n’y a plus de milliardaires, il n’y a plus personne qui massacre la planète », a-t-elle affirmé sans détour.
C’est là qu’elle a employé le mot qui a fait le tour de la twittosphère. « Je veux vous convaincre à quel point les milliardaires sont des formes de nuisibles. J’assume », a-t-elle déclaré, consciente de l’onde de choc à venir. Le message, publié également sur le compte X de l’eurodéputée, a rapidement circulé bien au-delà du cercle militant.

Une provocation totalement assumée, jusqu’au bout
Ce que révèle vraiment cette séquence, c’est la stratégie de communication déployée par la gauche insoumise : provoquer volontairement le clash médiatique plutôt que de l’éviter. Manon Aubry a anticipé chaque critique avant même qu’elle ne surgisse, transformant la polémique en outil de visibilité assumé.
« Je sais, il y a déjà des extraits qui vont être pris », a-t-elle prévenu, presque amusée par la situation. Loin de chercher à nuancer ses propos, elle a invité elle-même son public à les diffuser encore plus largement. « Allez-y, faites un extrait », a-t-elle lancé sous les rires et les applaudissements de la salle.
Cette séquence intervient alors que plusieurs prises de position de la gauche font déjà l’objet de vives controverses ces dernières semaines. Le calcul politique semble clair : générer du bruit, quitte à choquer, pour occuper l’espace médiatique avant les grandes échéances électorales à venir.
Manon Aubry a fait un choix : celui de la radicalité assumée plutôt que du compromis feutré. Reste une question qui plane désormais sur tout le débat politique français : ce genre de sortie fracassante convainc-t-il vraiment au-delà du cercle déjà acquis ?