« J’ai pas de souvenir » : le silence de Marine Tondelier face aux présidents qui fait halluciner LCI

Un grand entretien sur LCI, un exercice classique : réagir face aux portraits des anciens chefs d’État. Marine Tondelier, candidate écologiste à la présidentielle de 2027, pensait sans doute s’en sortir facilement. Mais face à certains visages, les mots ont manqué. Ce qui s’est passé ensuite a mis le feu aux réseaux sociaux.
Un exercice piège dans « Le grand entretien »
Hier soir, Darius Rochebin recevait Marine Tondelier dans son Grand entretien sur LCI. En fin d’émission, le journaliste a proposé un jeu simple en apparence : faire défiler les portraits des présidents de la Ve République et recueillir une réaction sur chacun.
De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron : huit visages, huit occasions de démontrer une culture politique attendue chez quelqu’un qui vise l’Élysée en 2027. La candidate a d’abord semblé à l’aise, évoquant un « infini respect » pour le général de Gaulle et la liberté acquise « grâce à lui et grâce à d’autres ».
Mais l’exercice s’est vite compliqué. Face à Georges Pompidou, elle a lâché sans détour : « J’ai pas de souvenir. Je peux pas vous dire, je l’ai pas connu ». Une réponse qui tranche avec l’ambition affichée par certains rivaux, comme François Hollande, qui revendique lui une expérience directe du pouvoir.
Des blancs qui s’enchaînent, un journaliste qui insiste
Darius Rochebin a tenté de relancer, évoquant « la croissance, le développement, l’industrie » sous Pompidou. Sans succès. « Bah vous, ça vous a marqué visiblement », a simplement répondu Marine Tondelier, renvoyant la balle au journaliste plutôt que de développer.
Le silence est revenu quelques instants plus tard sur Valéry Giscard d’Estaing. Après plusieurs secondes d’hésitation, elle a fini par établir un parallèle avec Emmanuel Macron, tous deux élus jeunes, sans jamais évoquer les réformes sociales majeures de son septennat, ni la dépénalisation de l’IVG.
Sur François Mitterrand, la candidate a reconnu ne pas avoir de souvenir personnel, née en 1986. Elle a toutefois cité l’abolition de la peine de mort et le caractère « très marquant » de 1981 pour la gauche. Concernant Jacques Chirac, l’exercice a de nouveau tourné court : « Je ne me rappelle pas tellement de sa politique », a-t-elle confié, préférant évoquer un souvenir d’enfance lié à la consommation de pommes.

La colère des internautes, entre moquerie et inquiétude
Sur les réseaux sociaux, la séquence a immédiatement circulé, largement relayée et commentée. Beaucoup d’internautes ont dénoncé un manque criant de culture politique chez une femme qui aspire à diriger le pays.
« Quelqu’un pour offrir L’histoire de la Ve République pour les nuls » à Marine Tondelier, ironise un utilisateur. Un autre se dit « effaré par la nullité du niveau intellectuel », tandis qu’un troisième commentaire évoque « deux minutes trente de vide sidéral » face aux huit portraits présentés par Darius Rochebin.
Plusieurs voix ont particulièrement insisté sur l’omission de la dépénalisation de l’IVG au sujet de Giscard, jugée paradoxale pour une candidate qui se présente comme féministe. D’autres commentaires s’interrogent, plus largement, sur la capacité à « dessiner l’avenir d’un pays quand on ignore tout de son passé ». Sur Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, en revanche, la candidate a livré des réponses nettement plus argumentées, preuve que le trou de mémoire ne concernait que les présidents antérieurs à sa propre expérience politique.
Ce contraste entre ses réponses sur les présidents anciens et récents alimente désormais les débats à quelques mois d’une campagne présidentielle déjà agitée, où chaque candidat, de Raphaël Glucksmann à Matthieu Pigasse, cherche à se démarquer sur le fond autant que sur la forme.
Une séquence de deux minutes qui en dit long sur les attentes du public envers ses futurs dirigeants. La culture politique reviendra-t-elle au cœur de la campagne de 2027 ?