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Épinglé pour 400 000 euros de vacances, le milliardaire de gauche Matthieu Pigasse explique pourquoi ça ne le gêne pas

Publié par Elodie le 22 Sep 2026 à 11:19
« Ça peut choquer, mais il n'y a pas de police des vacances » : Pigasse justifie ses 400 000 euros de vacances

Un banquier d’affaires milliardaire, une île paradisiaque des Antilles, une facture à six chiffres. Le tout épinglé par Le Canard enchaîné en plein été. Ce matin, Matthieu Pigasse était l’invité de la matinale de France Inter, et il n’a pas esquivé la question qui fâche.

Face aux journalistes, l’homme d’affaires proche de la gauche a dû justifier un train de vie qui contraste violemment avec son discours politique. Entre malaise assumé et plaidoyer sur ses valeurs, il a livré une explication qui ne va pas convaincre tout le monde.

Des vacances à 400 000 euros qui font grincer des dents

Tout est parti d’une enquête du Canard enchaîné. Le journal satirique a révélé que Matthieu Pigasse avait passé trois semaines cet été sur l’île Moustique, dans les Antilles, un repaire prisé des ultrariches. Facture totale : plus de 400 000 euros.

Un montant qui interroge forcément, surtout venant d’un homme qui se revendique de gauche et défend publiquement une fiscalité plus lourde pour les plus riches. Le contraste entre le discours et le mode de vie n’a pas manqué de faire réagir, un peu comme d’autres polémiques récentes autour du salaire médian des Français et de ce qu’il représente concrètement au quotidien.

Sur France Inter, Pigasse n’a pas tenté de minimiser les chiffres. Il a reconnu que la somme puisse « choquer », tout en rappelant qu’aucune règle n’interdit ce genre de dépense. Une manière d’assumer sans vraiment s’excuser, dans un pays où le pouvoir d’achat stagne depuis plus de quinze ans pour une bonne partie de la population.

« Je n’ai jamais caché avoir gagné beaucoup d’argent »

Face à l’insistance des journalistes, Matthieu Pigasse a choisi la transparence plutôt que le déni. « Je n’ai jamais caché avoir gagné beaucoup d’argent et que j’étais dans le champ de la taxe Zucman, c’est-à-dire un patrimoine de plus de 100 millions d’euros », a-t-il expliqué sur les ondes.

Une phrase qui résume toute sa position : il ne nie rien, il théorise. Pour lui, être riche et être de gauche ne sont pas incompatibles, à condition d’accepter de payer sa part. « Je suis riche et je considère que les plus riches doivent contribuer plus », a-t-il martelé, reprenant un argumentaire qu’il défend depuis plusieurs années sur les questions de fiscalité et de dette publique.

Sa ligne de défense tient en une phrase : « L’indécence, ça serait d’avoir de l’argent et de demander des sacrifices aux autres. » Autrement dit, tant qu’il paie ce qu’il doit, ses vacances ne regardent que lui. Une logique qui ne convainc pas forcément ceux qui estiment que l’exemplarité devrait aussi compter, à l’heure où beaucoup de retraités peinent à joindre les deux bouts.

Villa de luxe sur une île paradisiaque des Antilles

« On est de gauche en fonction de ses valeurs, pas de son compte en banque »

C’est la phrase-clé de son intervention, celle qui résume tout son positionnement. Selon Matthieu Pigasse, l’appartenance politique ne se mesure pas au patrimoine mais aux engagements que l’on porte. « On est de gauche en fonction de ses valeurs et de ses engagements, pas en fonction de son compte en banque », a-t-il plaidé, comme pour couper court à toute accusation d’hypocrisie.

Le patron de Radio Nova ne compte pas s’arrêter là. Écarté de la primaire sociale-démocrate, il affirme malgré tout ne pas « renoncer à la bataille politique » pour la présidentielle. « Je ne ferme aucune porte, je veux être utile. On est en septembre, personne ne connaît la photo finish des candidats et de l’élection », a-t-il glissé sur France Inter.

Il regrette au passage le format de la primaire à gauche, qu’il qualifie de « primaire de cooptation » où « les candidats choisissent les candidats » et même « leurs électeurs ».

Son objectif affiché reste triple : faire barrage à l’extrême droite, œuvrer pour l’union de la gauche, et défendre des « politiques de rupture », notamment sur l’annulation de la dette publique, son cheval de bataille depuis des années — un débat qui rejoint aussi celui, plus large, des annonces gouvernementales sur le pouvoir d’achat.

Reste que l’écart entre les mots et le mode de vie continue de nourrir la polémique. Assumer sa richesse tout en prônant plus de justice fiscale, un exercice d’équilibriste que Matthieu Pigasse a tenté ce matin, sans forcément convaincre.

Riche, de gauche, et sans complexe : la formule Pigasse divise autant qu’elle interroge sur la cohérence entre discours et pratique. La question reste ouverte : peut-on défendre une fiscalité plus juste tout en vivant dans un luxe que la majorité des Français ne connaîtra jamais ?

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