« La République, c’est moi » : Le député LFI Sébastien Delogu visé par une plainte de la police pour « outrage », une enquête ouverte

Un vol de montre de luxe, un immeuble marseillais, et un député qui bloque le passage. Ce lundi après-midi, une intervention policière banale a viré à l’incident politique en plein 2ème arrondissement de Marseille. Face aux agents, un visage connu : celui du député LFI Sébastien Delogu. Une phrase, prêtée au député par les forces de l’ordre, a immédiatement fait resurgir un souvenir précis de 2018.
Une intervention de routine qui dégénère
Tout commence par un signalement classique. Des policiers du SISTC, le service interdépartemental de sécurisation des transports en commun, sont appelés pour un vol de montre de luxe. Le suspect se trouverait quelque part dans un immeuble du 2ème arrondissement de Marseille.
Rien d’exceptionnel jusque-là. Sauf qu’au pied du bâtiment, les agents tombent sur Sébastien Delogu, qui les empêcherait d’entrer. La scène, filmée, a depuis largement circulé, un peu à la manière de certains couacs politiques qui enflamment rapidement les réseaux sociaux.
Selon les informations de BFMTV, le ton serait monté très vite. Les policiers assurent avoir essuyé des propos outrageants de la part du député, dans un climat de tension immédiate. Une version que l’entourage de l’élu conteste fermement, évoquant plutôt une bousculade et un simple agacement, loin du récit médiatique.
Ce type d’affrontement verbal entre élus et forces de l’ordre reste rare, ce qui explique la vitesse à laquelle l’affaire s’est emparée du débat public.
La phrase qui change tout : « La République, c’est moi »
C’est là que l’incident prend une tournure symbolique. Les policiers affirment que Sébastien Delogu aurait lâché cette phrase : « la République, c’est moi ». Une déclaration lourde de sens pour qui connaît l’histoire récente de la gauche radicale française.
Cette formule n’est pas anodine. Elle rappelle immédiatement Jean-Luc Mélenchon, qui l’avait prononcée en 2018 lorsque des agents lui refusaient l’accès aux locaux de son parti, en pleine perquisition. Une séquence devenue culte, tant elle avait choqué à l’époque.
Sébastien Delogu, ancien chauffeur de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, se retrouve donc accusé d’avoir recyclé la punchline la plus embarrassante de son ex-employeur. De quoi alimenter les moqueries sur les réseaux et dans la classe politique, où l’ironie n’a pas tardé à fuser. Résultat : les policiers du SISTC, une fois le suspect du vol retrouvé, ont déposé plainte pour outrage contre le député LFI.
Une version radicalement différente côté avocat
Face à cette accusation, la défense de Sébastien Delogu contre-attaque point par point. Son avocat, Me Yonès Taguelmint, livre à BFMTV une chronologie très éloignée du récit policier initial. Selon lui, l’incident se résumerait principalement à un seul individu en tenue civile, posté devant l’immeuble du député, qui n’aurait pas répondu à une demande d’identité. C’est ce refus qui aurait fait monter le ton, pas une provocation du député.
L’avocat est catégorique sur un point : son client « a été bousculé et a manifesté son agacement », mais n’a « jamais dit la République c’est moi ».
Il précise également que l’altercation n’a opposé Sébastien Delogu qu’à un seul des trois policiers présents, et que l’un d’eux n’aurait montré sa carte qu’après la montée de tension, contrairement à la version qui circule. Un point que les procédures d’identification encadrent normalement de façon stricte.
Autre élément troublant : une vidéo publiée par le député sur son compte Instagram, censée prouver que les policiers n’ont pas décliné leur identité, s’est révélée coupée pile au moment où l’un d’eux montre son brassard. Une version plus longue de la séquence contredirait donc l’argument avancé.
Selon Me Taguelmint, la préfète a été alertée dès les faits, un courrier envoyé le lendemain matin, et une plainte sera déposée entre les mains du procureur de la République. L’affaire, désormais judiciarisée des deux côtés, promet de se poursuivre devant les tribunaux.
Entre vidéo tronquée et versions contradictoires, une chose est sûre : cette affaire ne dit peut-être pas grand-chose de neuf sur les tensions police-politique, mais elle rappelle qu’une phrase de trop peut suivre un homme politique pendant des années. Reste à savoir ce que révélera l’enquête sur ce qui s’est réellement passé au pied de cet immeuble marseillais.