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Présidentielle : près d’un musulman sur deux songerait à l’exil si Marine Le Pen l’emportait

Publié par Elodie le 15 Oct 2026 à 16:30

Quel candidat vous ferait faire vos valises ? C’est la question posée par l’Ifop pour Marianne, et les réponses font réfléchir. Selon ce sondage, près d’un musulman sur deux envisagerait l’exil si Marine Le Pen l’emportait en 2027. Mais ce chiffre n’est pas le seul à surprendre : d’autres groupes se disent prêts à partir, et un autre résultat concerne tous les Français.

Selon un sondage Ifop-Fiducial, Marine Le Pen est donnée gagnante face à tous ses adversaires en 2027

Une question qui dérange : qui partirait si Marine Le Pen était élue ?

Le sondage a été dévoilé ce jeudi 15 octobre. Il interroge les Français sur un scénario précis : une victoire de la candidate du Rassemblement national à la présidentielle de 2027. Selon Marianne, qui a commandé l’étude, une part impressionnante de Français musulmans songe à partir.

Concrètement, 46 % d’entre eux disent envisager de « quitter la France pour s’installer dans un autre pays ». Et 20 % affirment qu’ils le feraient « certainement ». Ce n’est donc pas qu’une vague inquiétude : une partie des sondés se projette déjà dans le départ.

Pour situer le contexte, Marine Le Pen reste en tête au premier tour. D’après le dernier sondage Ifop-Fiducial, elle recueillerait entre 32 % et 36 % des suffrages selon les configurations.

Alors, les musulmans sont-ils les seuls à envisager de partir ? Pas du tout, et les autres chiffres sont tout aussi marquants.

Jeunes, insoumis, juifs : ces autres Français qui songeraient à l’exil

L’étude élargit la focale. Chez les Français les plus jeunes, 40 % se disent prêts à partir en cas de victoire de la candidate du RN. Parmi les électeurs de la France insoumise, la proportion grimpe à 43 %.

Autre chiffre : 44 % des citoyens de confession juive envisageraient eux aussi l’exil. Le phénomène dépasse donc largement une seule communauté, même si les musulmans arrivent en tête.

Ce climat s’inscrit dans un contexte politique précis. Sur le terrain de la présidentielle, ce sondage sur le premier tour montre à quel point la candidate du RN domine les intentions de vote.

Directeur du pôle politique de l’Ifop, François Kraus estime que son arrivée au pouvoir pourrait susciter « des blocages importants » et générer « des niveaux élevés de craintes et de sentiment d’insécurité ». Autre indice de la tension ambiante : la position de Mathilde Panot sur le résultat des urnes.

Reste à comprendre ce qui nourrit une telle inquiétude chez les musulmans. La réponse tient en partie à une mesure précise.

Valise prête près de la porte d'entrée d'un appartement

Le voile, le référendum et ces 41 % qui refuseraient d’obéir

Pour la comprendre, il faut regarder le programme. Plus de huit musulmans sur dix craignent une « hausse des agressions et des discriminations » à leur encontre. Cette peur s’ajoute au projet du Rassemblement national d’interdire le voile islamique dans l’espace public.

Confirmée fin août par le député Jean-Philippe Tanguy, la mesure prévoit une amende pour les contrevenantes. Elle devrait figurer dans le programme de Marine Le Pen pour 2027. Pour contourner les obstacles juridiques, la candidate envisagerait de la soumettre à référendum.

Face à cela, la résignation reste minoritaire. Seuls 27 % des sondés musulmans seraient prêts à « dissimuler [leur] appartenance religieuse au quotidien », et 18 % à cesser de porter le voile dans l’espace public.

Le dernier résultat dépasse la question religieuse. 41 % des personnes interrogées, quelle que soit leur confession, refuseraient de « respecter les lois » qu’elles jugent « injustes ». Cette défiance toucherait trois électeurs de Jean-Luc Mélenchon sur quatre et 45 % des agents de la fonction publique.

Un sondage reste une photographie d’intentions déclarées, pas un compte des départs réels. Mais il dit quelque chose de la tension qui s’installe avant 2027.

Quand près d’un Français sur deux, dans certains groupes, imagine déjà un plan B, la campagne ne se joue plus seulement dans les urnes. Et si vous cherchez un autre signe du climat politique, la mise en garde de Macron sur les sondages a de quoi interpeller. Quant à celui qui pourrait barrer la route à Bardella, cet ex-Premier ministre n’a pas dit son dernier mot.

1 commentaire

  • p
    papapa
    15/10/2026 à 18:29
    Bon débarras, on fera des économies....

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