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« Je serai intransigeante » : accusé d’avoir rechargé sa voiture sur les bornes de la ville, l’adjoint perd ses pouvoirs

Publié par Elodie le 11 Oct 2026 à 19:38
Câble de recharge branché sur une borne de rue

À Vaujours, en Seine-Saint-Denis, une simple prise électrique est devenue un sujet de conseil municipal. Le premier adjoint est accusé d’avoir rechargé sa voiture personnelle sur les bornes de la commune. La maire a réagi en quelques jours, et sa décision est lourde : ce qu’elle a retiré à son bras droit, et ce qui lui reste de son titre, change toute l’affaire.

Des bornes de recharge, un signalement et un conseil municipal sous tension

À Vaujours, les bornes de recharge ne servent plus seulement à remplir des batteries. Depuis quelques jours, elles sont au cœur d’une polémique qui secoue cette petite commune de Seine-Saint-Denis. Les équipements en cause appartiennent à la ville, donc aux contribuables.

Tout est parti d’un signalement du groupe d’opposition Intégrité pour Vaujours. Ses élus affirment que le premier adjoint, Aissam Krouna, a utilisé ces bornes pour alimenter sa voiture personnelle. L’intéressé est notamment chargé de l’urbanisme, un poste qui pèse dans une commune.

Le sujet a été débattu lors du conseil municipal du vendredi 2 octobre. Selon actu.fr, la maire Inès Merbah y a reconnu les faits et annoncé des contrôles internes. Pas de déni, pas de langue de bois : le ton était donné.

« Je serai intransigeante », a-t-elle prévenu, toujours selon actu.fr. Elle a aussi rappelé que l’utilisation des équipements et des moyens de la collectivité « doit s’inscrire dans un cadre clair et respectueux des règles applicables à tous ».

Voir un élu de la majorité mis en cause par sa propre maire, c’est rare. Ce genre d’épisode rappelle d’ailleurs que les polémiques d’élus locaux peuvent tourner vite au fiasco, comme cette adjointe au maire de 71 ans à Perpignan et la suite politique qui l’a rattrapée.

À Vaujours, l’opposition, elle, n’a pas attendu pour hausser le ton. Et ses mots sont loin d’être tendres.

L’opposition parle de détournement, la maire sort l’arrêté

Face à la majorité, Intégrité pour Vaujours évoque un détournement des moyens de la collectivité. Le groupe rappelle que le prix des énergies pèse déjà sur les habitants comme sur les commerçants locaux. L’argument est simple : l’électricité n’a rien de gratuit.

« Un élu doit être exemplaire », réagit-il. Il ajoute qu’en cette période où « l’inflation du prix des énergies asphyxie le quotidien des ménages et fragilise les commerces locaux », l’attitude d’un élu municipal est « non seulement inacceptable, mais profondément irresponsable ».

Des mots forts, qui montrent à quel point la recharge des véhicules reste un sujet sensible dans la commune. Un câble branché peut sembler anodin. Ici, il devient un symbole.

Reste une question que beaucoup de Vaujourais se posent sans doute : une accusation de ce type peut-elle aller jusqu’à une sanction réelle ? Ailleurs, la question des deniers publics a déjà débouché sur des plaintes, comme dans le dossier visant Édouard Philippe pour détournement de fonds.

À Vaujours, la réponse est tombée très vite. Elle ne s’est pas faite attendre jusqu’au prochain conseil.

Dans la foulée de ces révélations, la maire a pris un arrêté municipal le mardi 6 octobre 2026. Ce texte retire à Aissam Krouna l’ensemble de ses délégations. Il lui retire aussi ses pouvoirs de signature.

Concrètement, l’élu chargé de l’urbanisme ne peut plus signer les actes qui relevaient de ses attributions. La décision est motivée, selon le texte, « dans l’intérêt de la bonne marche de l’administration de la commune ». Mais le plus surprenant n’est pas ce qui lui a été enlevé : c’est ce qu’il a gardé.

Vue aérienne d'un quartier de Seine-Saint-Denis

Ce que garde encore le premier adjoint, et ce qui l’attend

Premier point : la sanction d’un élu ne passe pas toujours par une démission. À Vaujours, Aissam Krouna conserve pour l’instant son titre de premier adjoint au sein de l’exécutif. Il n’a plus de pouvoirs, mais il reste officiellement numéro deux.

Cette situation n’a rien d’une retraite tranquille. Un nouveau conseil municipal doit en effet se prononcer sur son maintien ou non dans cette fonction. Autrement dit, ses collègues devront trancher publiquement.

L’arrêté marque donc une étape, pas une fin. La maire a frappé vite, mais la décision définitive appartient à l’assemblée municipale. Elle dira si le titre reste, ou s’il disparaît à son tour.

Parallèlement, une vérification administrative des recharges effectuées sur les bornes municipales doit être menée. Elle devra recenser le nombre exact de recharges effectuées. Elle devra aussi chiffrer le coût de l’électricité consommée par le véhicule personnel de l’élu.

Et ensuite ? Un remboursement devrait être réclamé à Aissam Krouna. Le conditionnel est de mise : la source n’en dit pas plus à ce stade.

C’est là que la promesse du titre prend tout son sens. Branché, accusé, privé de ses délégations, mais pas encore déchu : le premier adjoint de Vaujours occupe une position pour le moins inconfortable. Reste à savoir ce que ce contrôle va vraiment révéler.

Combien de recharges, pour quel montant : le dossier est loin d’être clos

Aucune précision n’est donnée à ce stade sur le montant en jeu. On ignore aussi le type précis de voiture concernée. Pas de chiffre, donc, ni de nombre de recharges.

C’est précisément ce que la vérification doit établir. Tant qu’elle n’a pas rendu ses conclusions, la polémique reste nourrie par des accusations de l’opposition, une reconnaissance des faits par la maire et un arrêté. Les habitants attendent, eux, des chiffres.

Le dossier touche aussi à une question plus large : que peut faire un élu des équipements payés par la collectivité ? La frontière entre usage personnel et usage public se discute souvent dans les petites communes, comme le montre cette querelle d’élus autour d’un budget bloqué à Thorame-Basse.

Du côté des règles locales, les mairies ont leur mot à dire sur bien des sujets du quotidien. Ce que votre mairie a le droit de vous imposer en matière de haies ou de clôtures rappelle que le cadre commun s’applique aux administrés comme aux élus.

Dans l’immédiat, trois rendez-vous comptent. Le premier est le résultat de la vérification administrative. Le deuxième est le montant du remboursement éventuel. Le troisième est le vote du prochain conseil municipal sur le sort de la fonction de premier adjoint.

Tout cela se déroule sous le regard attentif des habitants, et sans doute des automobilistes qui rechargent eux aussi leur véhicule.

Un câble branché au mauvais endroit peut coûter bien plus que quelques kilowattheures : à Vaujours, il a déjà coûté toutes les délégations d’un élu.

Et si vous croyez que les histoires d’élus sont toujours aussi sobres, ce qui s’est passé sur cette table d’opération va vous faire relire la définition de l’inattendu.

Quant à l’autorité, certains la poussent bien plus loin : 56 PV en deux ans, tous signés par la même voisine, ça se raconte.

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