« Nous sommes prêts à discuter » : Zelensky confirme une réunion avec Russes et Américains en novembre
Pendant des mois, les négociations de paix entre Moscou et Kiev sont restées au point mort. Dimanche, Volodymyr Zelensky a pourtant lâché une phrase qui change l’ambiance : « Nous sommes prêts à discuter ». Une réunion à trois, sous médiation américaine, serait bien prévue en novembre. Reste à savoir ce qui sera vraiment sur la table, et ce qui n’y sera jamais.

Une réunion à trois, enfin annoncée des deux côtés
C’est dimanche 26 octobre que le président ukrainien a confirmé l’information, lors d’une interview à la télévision nationale, selon franceinfo. Une rencontre entre Russes et Ukrainiens doit avoir lieu en novembre, avec les Américains dans le rôle de médiateurs.
Il n’a pas été le seul à en parler. La Russie avait annoncé vendredi qu’une telle réunion était prévue en novembre à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. Deux camps qui évoquent le même rendez-vous, c’est déjà un signal.
Il faut dire que le dossier était à l’arrêt. Selon franceinfo, les pourparlers de paix étaient gelés depuis le début de la guerre israélo-américaine en Iran, et les efforts américains actuels visent à les réanimer.
Ce n’est pas la première tentative. Des négociations directes entre Russes et Ukrainiens avaient déjà eu lieu en 2025, sans jamais déboucher sur un règlement du conflit. Chaque camp campait sur ses conditions.
Autant dire que l’annonce ne garantit rien. La question de la durée de la guerre, elle, reste posée, comme dans cette histoire de date de fin du conflit qui se préciserait. Mais une chose intrigue davantage : qui discutera de quoi, et à quel niveau ?
Territoire d’un côté, groupes techniques de l’autre
Le président ukrainien a posé sa méthode sans détour. Les sujets ne seront pas tous traités par les mêmes personnes, et certains ne se règlent pas dans une salle de réunion ordinaire.
Depuis Washington, le ton est lui aussi scruté de près. Les signaux envoyés par Donald Trump sur une possible sortie de crise alimentent les espoirs, mais aussi les doutes.
Voilà pourquoi la mécanique annoncée compte autant que le rendez-vous lui-même. Elle dit où Kiev accepte de bouger, et où elle verrouille.
Alors, que dit précisément Zelensky ? Ses mots : « S’il s’agit de la question territoriale, elle doit être abordée au niveau des dirigeants. Les autres questions relèvent des groupes techniques. Tout cela pourra donc être discuté en novembre ».
Traduction : le territoire est réservé aux chefs d’État, pas aux délégations. Tout le reste peut être confié à des groupes techniques. Et selon lui, l’ensemble pourra être abordé dès novembre. La porte est ouverte, mais avec une règle claire sur qui la franchit.
Reste un détail, et pas le moindre : ce que Kiev refuse de mettre sur la table, même pour discuter.

Les lignes rouges que personne ne veut franchir
Ces positions de départ rappellent combien le fossé reste grand. Moscou, de son côté, continue de réécrire l’histoire du conflit à sa manière.
Dimanche, Volodymyr Zelensky a rejeté une nouvelle fois une série de demandes russes. Il a estimé que trois sujets « ne sont pas négociables » : les garanties de sécurité que l’Ukraine réclame à ses alliés occidentaux, la taille de son armée et le choix de ses alliances.
Ces trois points touchent à la souveraineté même du pays. Les écarter d’avance, c’est dire que la réunion de novembre n’est pas un chèque en blanc.
Du côté russe, la ligne est tout aussi nette. Moscou refuse toute pause dans les combats avant un accord sur le fond, en estimant qu’une trêve donnerait à Kiev l’occasion de se réarmer.
Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, l’a redit lundi : « La décision de reprendre les négociations trilatérales n’implique aucune restriction des opérations militaires ». Il ajoute que les forces russes continuent de mener des frappes massives contre le complexe militaro-industriel ukrainien.
Selon lui, Kiev « poursuit également toutes ses actions similaires ». Autrement dit : on parle, mais on continue de se battre. Voilà le vrai tableau : une réunion confirmée, sans cessez-le-feu en vue.
Ce que cette réunion change, et ce qu’elle ne change pas
Concrètement, rien ne s’arrête sur le terrain. Les deux camps l’ont dit, chacun à sa façon, et les frappes se poursuivent pendant que les diplomates préparent leurs valises.
Ce qui change, c’est la reprise d’un canal à trois. Selon franceinfo, les discussions étaient à l’arrêt depuis le début de l’année. Le simple fait de s’asseoir à nouveau à la même table est, en soi, un changement de situation.
Reste la question de l’après. Que les pourparlers avancent ou butent, l’armée française, elle, se prépare déjà au pire d’ici 2030, signe que personne ne parie tout sur la diplomatie.
Autre point à surveiller : le niveau de la discussion. Si la question territoriale doit être traitée par les dirigeants, il faudra voir si une rencontre à ce niveau est envisagée. La source ne le dit pas, et mieux vaut ne pas anticiper.
Enfin, un souvenir pèse sur la table : celui des échanges directs de 2025, qui n’avaient rien réglé. Et à Moscou, la vision du long terme est toute autre, comme le montrent les plans que la Russie prête aux territoires ukrainiens occupés d’ici 2045.
Ce qu’il faut guetter en novembre ? Le lieu, Abou Dhabi selon Moscou, la composition des délégations, et surtout la place laissée aux groupes techniques.
La paix n’est pas pour demain, mais une porte vient de se rouvrir : une réunion à trois, des sujets répartis, et trois lignes rouges qui ne bougent pas.
Et si ce bras de fer vous semble sans fin, le nombre de guerres que l’humanité a menées en 5 000 ans donne une tout autre échelle. Quant à ceux qui se demandent où aller si tout dérapait, la liste des pays jugés les plus sûrs en cas de conflit mondial réserve quelques surprises.