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« On m’a embellie » : Giorgia Meloni réagit aux fausses photos d’elle en lingerie générées par l’IA

Publié par Gabrielle Nourry le 06 Mai 2026 à 17:03

Des clichés de Giorgia Meloni en petite tenue sur un lit ont envahi les réseaux sociaux ces derniers jours. Problème : ces images sont entièrement fausses, générées par intelligence artificielle. La Première ministre italienne a réagi sur X avec un mélange de fermeté et d’ironie qui mérite qu’on s’y arrête.

Giorgia Meloni

Des photos troublantes, mais truffées d’anomalies

Tout commence par plusieurs images largement partagées sur les réseaux sociaux. On y voit ce qui ressemble à Giorgia Meloni, 49 ans, posant en lingerie fine sur un lit. Le rendu est suffisamment réaliste pour que des milliers d’internautes y croient dur comme fer. Certains opposants politiques les ont même relayées comme si elles étaient authentiques.

Sauf qu’en y regardant de plus près, plusieurs indices trahissent la supercherie. Comme l’a décortiqué BFM TV, la jambe droite de la dirigeante est « bizarrement placée ». Le collier qu’elle semble porter n’est pas complet. La couleur du visage ne correspond pas à celle du corps. Et dans le décor, une lampe dont l’ampoule dépasse du cadre achève de confirmer qu’on est face à une création artificielle. Des détails typiques des images générées par IA, qui ont encore du mal avec les photos truquées quand on prend le temps de les examiner.

Ces « bugs » visuels n’ont pourtant pas empêché la diffusion massive des clichés. Et c’est précisément ce qui inquiète la présidente du Conseil italien.

« Celui qui les a réalisées m’a considérablement embellie »

Giorgia Meloni n’a pas mis longtemps à réagir. Sur X, elle a publié un message qui mêle lucidité et autodérision. « Ces derniers jours, plusieurs fausses photos de moi circulent, générées avec l’intelligence artificielle et présentées comme authentiques par quelques opposants zélés », écrit-elle. Puis, avec une pointe de malice : « Je dois reconnaître que celui qui les a réalisées, du moins dans le cas présent, m’a considérablement embellie. »

Façade d'un tribunal italien au coucher du soleil

La formule a fait sourire, mais le fond du message est nettement plus grave. La dirigeante italienne, en poste depuis 2022 et députée de Lombardie depuis 2006, sait que le problème dépasse largement sa personne. « Pour attaquer et inventer des fausses informations, on utilise désormais vraiment n’importe quoi », déplore-t-elle. Le phénomène des deepfakes politiques n’est pas nouveau, mais il s’accélère à une vitesse préoccupante.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un dirigeant mondial fait face à ce type de manipulation. La famille de Chuck Norris a elle aussi dénoncé des contenus générés par IA totalement inventés. Le problème touche désormais aussi bien les célébrités que les anonymes.

« Moi, je peux me défendre. Beaucoup d’autres, non »

C’est sans doute la phrase la plus forte du message de Meloni. Derrière l’humour de façade, il y a une alerte réelle. « Les deepfakes sont un outil dangereux, car ils peuvent tromper, manipuler et frapper n’importe qui », insiste-t-elle. « Moi, je peux me défendre. Beaucoup d’autres, non. »

Elle marque un point. Quand on est cheffe de gouvernement d’un pays du G7, on a les moyens de démentir publiquement et d’être entendue. Mais imaginez la même chose pour une personne lambda : une collègue, une voisine, une adolescente dont le visage se retrouverait greffé sur des images intimes sans son consentement. Le phénomène a déjà frappé des personnalités françaises. Giulia Sarkozy, par exemple, a été victime d’usurpation d’identité en ligne et a dû alerter ses abonnés.

Meloni conclut son message par un appel simple mais essentiel : « Une règle devrait toujours prévaloir : vérifier avant de croire et croire avant de partager. Parce qu’aujourd’hui, ça m’arrive à moi. Demain, ça peut arriver à n’importe qui. » Une mise en garde qui résonne d’autant plus fort à l’ère où n’importe qui peut générer une fausse image en quelques secondes.

Un précédent judiciaire en 2024

Ce n’est pas la première fois que Giorgia Meloni se retrouve confrontée à des images truquées. En 2024, elle avait déjà intenté une action en justice contre un habitant de Sardaigne. Ce dernier avait utilisé son visage pour créer des images pornographiques grâce à l’intelligence artificielle, avant de les diffuser en ligne. L’affaire avait fait grand bruit en Italie et posé la question du vide juridique autour des deepfakes à caractère sexuel.

Le cas Meloni illustre un problème de société majeur. En France aussi, la question des manipulations d’image visant des personnalités publiques alimente régulièrement les débats. Les outils d’IA deviennent chaque mois plus performants, plus accessibles, et les garde-fous juridiques peinent à suivre le rythme.

Deepfakes : un fléau qui explose en Europe

Le cas de Giorgia Meloni s’inscrit dans une tendance globale. Les deepfakes à caractère sexuel ont augmenté de manière exponentielle ces deux dernières années. Selon plusieurs rapports européens, les femmes représentent plus de 90 % des victimes de ce type de contenus générés par IA. Politiciennes, influenceuses, anonymes : personne n’est à l’abri.

En Italie, le cadre juridique commence à se durcir, mais les procédures restent longues et les contenus, eux, se propagent en quelques heures. La sphère politique internationale est de plus en plus ciblée, ce qui pose aussi la question de la déstabilisation démocratique par l’image.

Ce que dit Meloni dans son message est finalement assez limpide : la technologie avance plus vite que notre capacité collective à distinguer le vrai du faux. Et tant que chacun n’aura pas le réflexe de vérifier une image avant de la partager, les deepfakes continueront de faire des dégâts. Chez les puissants comme chez les plus vulnérables.

Alors la prochaine fois que vous tombez sur une photo un peu trop parfaite, un peu trop choquante, un peu trop « virale »… prenez deux secondes. Zoomez. Cherchez les bugs. Et surtout, ne partagez pas avant d’avoir vérifié. Parce qu’aujourd’hui c’est une Première ministre. Demain, ce pourrait être vous.

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