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Pendant 13 ans, il a cru cette chimiothérapie vitale : elle n’aurait jamais dû lui être prescrite

Publié par Cassandre le 25 Sep 2026 à 13:30
Homme regardant par une fenêtre d'hôpital, visage bouleversé

Imaginez organiser toute votre existence autour d’un traitement qui vous maintiendrait en vie. Plus de travail, plus de loisirs, plus de sorties : juste des cycles de chimiothérapie, cinq jours sur vingt et un, pendant treize ans. C’est exactement ce qu’a vécu Andrew Whitehead, un Britannique aujourd’hui âgé de 45 ans. Sauf qu’un nouveau médecin vient de lui apprendre une vérité qui change tout : ce calvaire n’aurait peut-être jamais dû avoir lieu.

Un diagnostic qui bascule une vie entière

Tout commence en 2010, à Coventry, en Angleterre. Andrew Whitehead n’a que 29 ans quand une tumeur est retirée de son cou. Les médecins lui annoncent qu’il s’agit d’une tumeur agressive et de haut grade. Chimiothérapie et radiothérapie deviennent alors ses seules options pour espérer survivre.

Pendant plus d’une décennie, le jeune homme avale des comprimés cinq jours d’affilée, souffle trois semaines, puis recommence. Il quitte l’emploi qu’il occupait depuis quatre ans et demi, abandonne la musculation, voit ses amis de moins en moins. « Le traitement est devenu ma vie », confie-t-il au Daily Mail. Comme après un épisode de fatigue chronique qui ne passe jamais, il vit au rythme des scanners, entre soulagement provisoire et angoisse du prochain rendez-vous.

Cette routine finit par effacer tout souvenir de sa vie d’avant. Il ne connaît plus que ça : les tablettes, l’attente, le compte à rebours vers le prochain examen. Un quotidien à mille lieues des habitudes qui rongent le mental sans qu’on s’en aperçoive, mais dont l’origine, elle, restait totalement insoupçonnée.

Le jour où tout s’effondre

En 2024, un nouvel oncologue reprend son dossier. Il décide de tout réexaminer depuis le début. Le verdict tombe, glaçant : la tumeur d’Andrew Whitehead n’était en réalité que de bas grade. Les preuves médicales indépendantes obtenues par ses avocats indiquent que le diagnostic initial était tout simplement erroné, selon le cabinet Brabners qui suit son dossier.

« J’ai été choqué et soulagé en même temps », raconte-t-il. Soulagé, parce qu’un cancer de bas grade est moins stressant à vivre. Choqué, parce qu’on venait de lui annoncer qu’il n’avait probablement jamais eu besoin de ces treize années de traitement. Ce n’est qu’en reprenant la route, seul dans sa voiture, que l’ampleur de la nouvelle le rattrape vraiment.

Son histoire n’est pas isolée. Plus de 40 patients font l’objet d’une enquête similaire menée par les avocats du cabinet Brabners, tous suivis par le même médecin au sein du University Hospitals Coventry and Warwickshire NHS Trust. Un premier patient aurait pris le même médicament, le temozolomide, pendant 17 ans, avant qu’un nouveau consultant ne lui confirme qu’aucune preuve scientifique ne justifiait une durée pareille.

Plaquette de médicaments vide sur une table d'hôpital

Un système entier pointé du doigt

Un examen préliminaire de la Royal College of Physicians a passé au crible 20 dossiers de patients traités à Coventry. Résultat : 15 cas jugés « globalement insatisfaisants », aucun considéré comme relevant de bonnes pratiques. Les enquêteurs parlent d’une véritable « trahison de la confiance des patients ».

Les recommandations nationales préconisent généralement six cycles de temozolomide après une radiothérapie. Or, à Coventry, certains traitements se sont prolongés pendant des années, avec « peu ou pas de preuve de bénéfice ».

Une demande d’accès à l’information a révélé que l’hôpital avait dépensé 3,6 millions de livres en temozolomide entre 2007 et 2023, soit dix fois plus que n’importe quel autre centre de neuro-oncologie comparé.

Comme dans le cas de cette influenceuse victime d’un geste anodin qui a viré au cauchemar médical, personne n’avait songé à remettre le protocole en question.

Le rapport pointe aussi le rôle d’une infirmière clinicienne spécialisée, qui gérait l’essentiel du suivi des patients pendant que le médecin consultant, lui, restait peu impliqué directement.

Les équipes de pharmacie sont également critiquées pour n’avoir jamais questionné l’usage continu d’un médicament oral pendant dix à quinze ans, un peu à la manière de dérives parfois dénoncées dans des suivis médicaux mal encadrés qui tournent au drame.

L’hôpital assure de son côté avoir revu tous les patients concernés et attend le rapport final avant d’agir davantage.

Andrew Whitehead, lui, souffre toujours de troubles digestifs, de fatigue et de difficultés de concentration. Il vit chez ses parents, incapable de travailler ou de se projeter. Comme d’autres familles confrontées à des diagnostics bouleversants, il attend désormais des réponses, des comptes, et une réparation à la hauteur de ce qu’il a perdu.

Treize ans de traitement, une vie mise entre parenthèses, et une erreur qui aurait pu ne jamais être découverte. L’histoire d’Andrew Whitehead pose une question que personne n’a envie de se poser : combien d’autres patients, ailleurs, vivent aujourd’hui le même scénario sans jamais le savoir ?

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