Formé à Harvard, ce gastro-entérologue révèle 8 habitudes qui font chuter le risque de cancer de 30 %
On aimerait croire que le cancer ne dépend que d’une loterie génétique. C’est faux, et un spécialiste vient de le rappeler noir sur blanc. Le Dr Saurabh Sethi, gastro-entérologue et hépatologue formé à Harvard, a détaillé dans le quotidien indien The Times of India huit habitudes concrètes, appuyées par la recherche, capables de faire bouger l’aiguille du risque.

Pourquoi vos habitudes pèsent plus lourd que vos gènes
Les recommandations du Dr Sethi rejoignent celles de l’Organisation mondiale de la santé et de Santé publique France. Charcuterie, fibres, alcool, activité physique : ces leviers du quotidien sont associés, dans de grandes études, à des écarts de risque allant de quelques pourcents à près de 30 %.
Reste une question très concrète, celle que tout le monde se pose une fois passé un certain âge : comment intégrer ça sans tout bouleverser du jour au lendemain ? La bonne nouvelle, c’est que personne ne demande la perfection, un peu comme la fréquence idéale pour appeler ses parents : l’essentiel, c’est la régularité, pas l’exploit ponctuel.
Ces ajustements comptent d’autant plus qu’on vit plus longtemps qu’avant, et que l’âge auquel on arrête vraiment de travailler recule sans cesse. Autant arriver à la retraite en bonne santé plutôt qu’en mode réparation.
Les deux ennemis numéro un : l’assiette et le verre
En tête de liste selon le Dr Sethi : les aliments ultra-transformés. Une étude prospective publiée en 2022 dans le BMJ a suivi une large cohorte d’hommes : ceux qui en consommaient le plus affichaient environ 29 % de risque supplémentaire de cancer colorectal par rapport aux plus faibles consommateurs.
Plats préparés, encas industriels, boissons sucrées cumulent sucres, additifs et graisses de mauvaise qualité. Résultat : prise de poids et inflammation chronique, deux terrains propices aux tumeurs. Rien à voir avec un simple caprice gourmand du type 178 euros d’olives à une foire, plutôt une habitude installée sur des années.
La viande transformée n’est pas épargnée. Le Centre international de recherche sur le cancer, bras armé de l’OMS, a confirmé qu’une consommation quotidienne de 50 g de viande transformée relève le risque de cancer colorectal de 18 %. À l’inverse, les fibres protègent : une méta-analyse du BMJ montre que 10 g de fibres en plus par jour font baisser ce risque de près de 10 %.
L’alcool, lui, ne bénéficie d’aucune tolérance. Le Centre international de recherche sur le cancer le classe cancérogène de Groupe 1, au même titre que d’autres substances bien documentées. Il augmente le risque de plusieurs cancers, dont ceux du sein et du foie, et aucun niveau de consommation n’est jugé totalement sûr.

Le détail que peu de gens appliquent vraiment
Le point que le Dr Sethi insiste à faire passer, et que beaucoup zappent : les études scientifiques ne demandent pas un régime parfait, mais des marges de manœuvre simples. Marcher 15 à 30 minutes par jour suffit déjà à s’associer à un risque moindre de plusieurs cancers.
Le poids corporel entre ensuite en jeu. Les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) associent surpoids et obésité à pas moins de 13 types de cancers différents. Réduire les produits ultra-transformés, ajuster les portions et limiter l’alcool suffisent souvent à faire baisser l’inflammation chronique sans passer par un régime drastique.
L’American Cancer Society recommande au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine, marche rapide comprise, avec un peu de renforcement musculaire. Certains retraités l’ont bien compris en changeant carrément de décor : marcher au bord de l’Atlantique plutôt que de rester sédentaire coche à la fois la case activité physique et la case bien-être.
Sommeil et gestion du stress ferment la marche, plus discrets mais loin d’être anecdotiques. Améliorer la régularité du sommeil et s’accorder des moments en pleine nature limitent l’inflammation et soutiennent chacune de ces huit habitudes sur la durée.
Retenez l’essentiel : aucune de ces habitudes ne protège à 100 %, mais chacune fait pencher la balance dans le bon sens. Et si vous pensiez que seule votre assiette comptait, ce que la France perd chaque année sans vraiment s’en rendre compte risque de vous surprendre autant. Quant à ceux qui gardent une vieille pièce de 10 francs au fond d’un tiroir, son pouvoir d’achat réel vaut aussi le détour.