Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Santé

Heure d’hiver le 25 octobre : pourquoi cette heure « gagnée » fatigue quand même le corps

Publié par Cassandre le 27 Sep 2026 à 8:38

Le 25 octobre prochain, à 3h du matin, les aiguilles reculeront d’une heure. Sur le papier, c’est une bonne nouvelle : on dort une heure de plus, non ? Sauf que dans les faits, beaucoup d’adultes se sentent justement plus fatigués, plus irritables, plus décalés dans les jours qui suivent ce changement.

Ce paradoxe a un nom dans le monde du sommeil : on l’appelle parfois le « social jetlag ». Et il ne concerne pas que les enfants ou les personnes âgées. Il touche aussi les adultes en pleine forme, ceux qui pensaient être à l’abri.

Femme fatiguée au réveil après le changement d'heure d'hiver

Une heure « gagnée » qui n’en a que le nom

Homme avançant une horloge murale le soir en automne

L’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) le rappelle chaque année : le changement d’heure n’est jamais neutre pour l’organisme. Même quand le sens du changement semble favorable.

Le corps humain fonctionne avec une horloge interne, calée sur des repères précis : la lumière du jour, les horaires de repas, l’heure du coucher. Reculer l’heure d’une seule unité suffit à dérégler cet équilibre fragile, le temps que le cerveau se resynchronise.

Et ce recalage prend du temps. Plusieurs jours, parfois plus d’une semaine selon les personnes et leur sensibilité aux rythmes circadiens. Pendant cette période, le sommeil peut devenir plus léger, plus fragmenté, moins réparateur.

Alors pourquoi une heure en plus fatigue-t-elle autant qu’une heure en moins ? La réponse tient en un mot : la lumière. Et elle va beaucoup plus loin qu’on ne le pense.

Le vrai coupable, ce n’est pas l’heure : c’est la lumière

Ce que peu de gens réalisent, c’est que le changement d’heure ne modifie pas seulement l’heure affichée sur le réveil. Il bouleverse surtout l’exposition à la lumière naturelle, le signal le plus puissant pour synchroniser notre horloge biologique.

Avec l’heure d’hiver, le jour se lève plus tôt le matin, mais la nuit tombe aussi beaucoup plus tôt en fin d’après-midi. Résultat : le corps reçoit un signal lumineux décalé par rapport à ses habitudes, et la production de mélatonine, l’hormone du sommeil, se dérègle.

Cette hormone est justement au cœur de plusieurs mécanismes qu’étudient les chercheurs sur le sommeil, notamment lorsqu’ils analysent ce qui se passe vraiment pendant le sommeil paradoxal. Un dérèglement lumineux, même léger, peut suffire à perturber ces cycles.

Concrètement, on se retrouve à sortir de chez soi dans le noir, à finir sa journée de travail dans le noir aussi. Le manque de lumière naturelle en journée pèse directement sur l’humeur et sur la vigilance, un phénomène déjà documenté par la science sur les besoins de sommeil accrus en hiver.

Les repas et les écrans, deux perturbateurs qu’on oublie souvent

La lumière n’explique pas tout. Les spécialistes du sommeil pointent aussi un autre facteur trop souvent négligé : les horaires de repas.

Beaucoup de foyers gardent les mêmes horaires de dîner malgré le changement d’heure, ce qui revient, pour l’organisme, à décaler artificiellement le repas d’une heure par rapport à son rythme naturel. Or manger tard perturbe la digestion et retarde l’endormissement.

À cela s’ajoute un détail simple mais réel : la tentation de rester plus longtemps devant les écrans, puisque la nuit tombe plus tôt et qu’on a l’impression d’avoir « plus de soirée » devant soi. La lumière bleue des écrans vient alors s’ajouter au dérèglement lumineux déjà en cours.

Bonne nouvelle : contrairement à l’heure elle-même, ces deux leviers sont entièrement sous notre contrôle. Et c’est justement là que ça devient intéressant.

Les 5 gestes à démarrer une semaine avant, pas le jour J

La clé, selon les spécialistes du sommeil, n’est pas de subir le changement d’heure le 25 octobre, mais de l’anticiper progressivement dans les jours qui précèdent.

Premier geste : décaler son coucher et son lever de 10 à 15 minutes chaque jour, une semaine avant le changement. L’organisme s’ajuste ainsi en douceur, sans choc brutal d’un seul coup.

Deuxième geste : s’exposer à la lumière naturelle dès le réveil, même quelques minutes. Ce simple réflexe aide à recaler l’horloge interne plus vite, un principe qui rejoint les astuces d’experts du sommeil pour mieux s’endormir.

Troisième geste : avancer progressivement l’heure du dîner, plutôt que de le garder figé au même horaire chaque soir de la semaine de transition.

Quatrième geste : réduire les écrans en soirée, en particulier dans l’heure qui précède le coucher. Certains rituels alimentaires peuvent aussi aider, comme ce moment précis pour grignoter des noix recommandé par des experts du sommeil.

Cinquième geste : garder des horaires stables le week-end suivant le changement, même si la tentation de faire la grasse matinée est grande. C’est justement ce qui prolonge le décalage au lieu de le résorber.

Et si la fatigue persiste malgré tout ?

Pour la majorité des adultes, ces quelques jours de flottement se résorbent en une petite semaine. Mais chez certaines personnes plus sensibles aux variations de lumière, la fatigue peut s’installer davantage, surtout si elle s’accompagne d’une chambre mal adaptée au sommeil.

D’ailleurs, l’environnement de la chambre joue un rôle souvent sous-estimé dans la qualité du sommeil, comme le soulignent des experts du sommeil sur l’incidence de la chambre à coucher. Température, obscurité, bruit : tout compte dans cette phase de réadaptation.

Si malgré ces ajustements la fatigue reste anormalement forte, mieux vaut ne pas l’ignorer. Certains troubles du sommeil chroniques méritent d’être surveillés, notamment quand ils s’accompagnent d’autres signes physiques, comme ce syndrome méconnu lié à l’apnée du sommeil.

L’heure d’hiver reviendra, comme chaque année, avec son lot de fatigue passagère. Mais avec un peu d’anticipation, elle n’a plus vraiment de raison de nous prendre au dépourvu.

Femme regardant le coucher de soleil précoce en automne

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *