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Il consulte pour un simple mal de cou et ressort paralysé à vie : l’indemnisation record qui glace le sang

Publié par Cassandre le 12 Juin 2026 à 13:03
Jeune homme allongé dans un lit d'hôpital le regard fixe

Un mal de cou. Banal, classique, le genre de douleur qu’on traîne après une mauvaise nuit. Jonathan Buckelew, jeune Américain sportif et en pleine forme, prend rendez-vous chez un chiropracteur en Géorgie. Il ne sait pas encore que cette séance va lui coûter l’usage de son corps entier.

Son histoire, relayée par le site Infobae, a abouti à une indemnisation de 75 millions de dollars. Mais derrière ce chiffre vertigineux, il y a un homme prisonnier de son propre corps — et un message de prévention que sa famille veut graver dans les esprits.

Une manipulation cervicale, puis le noir total

Ce jour-là, Jonathan s’installe sur la table du chiropracteur comme des milliers de patients le font chaque semaine. Douleurs cervicales, rien d’alarmant. L’ajustement du cou commence. Et puis tout bascule. En pleine séance, juste après la manipulation, Jonathan s’effondre et devient non réactif.

Il est transféré d’urgence au North Fulton Hospital. Sur place, les médecins ne détectent pas immédiatement ce qui est en train de se passer : un accident vasculaire cérébral du tronc cérébral. Les premiers examens auraient pourtant déjà montré des anomalies, selon les documents judiciaires.

Le temps perdu est irréversible. L’ischémie progresse, ravage le tronc cérébral. Jonathan se retrouve atteint du locked-in syndrome : sa conscience est intacte, mais presque tous ses muscles sont paralysés. Il comprend tout. Il ne peut plus parler, plus bouger ses membres. Sa seule fenêtre vers le monde, ce sont des clignements d’yeux et de légers mouvements du nez sur un clavier adapté.

Quand on pense AVC, on imagine souvent une personne âgée. Pourtant, les dissections artérielles cervicales représentent jusqu’à un quart des AVC chez l’adulte jeune. Et c’est précisément ce qui rend ce type d’accident si traître : il frappe ceux qui ne s’y attendent pas du tout.

75 millions de dollars : le prix d’une négligence en chaîne

Un jury de l’État de Géorgie a examiné chaque détail du dossier. Leur verdict est sans appel : la négligence est double. Celle du chiropracteur d’abord, puis celle d’un neurologue qui n’a pas identifié l’AVC à temps. La famille Buckelew obtient 75 millions de dollars d’indemnisation, soit environ 69 millions d’euros.

Le détail de la somme donne la mesure du désastre. 9 millions pour les frais médicaux déjà engagés. 20 millions pour les soins futurs — parce que Jonathan aura besoin d’une assistance médicale lourde pour le reste de sa vie. Et 46 millions pour le préjudice personnel, cette vie entière volée en quelques minutes.

L’avocat de la famille a résumé la situation en une phrase qui fait froid dans le dos : les lésions cérébrales de Jonathan étaient « totalement évitables » si l’AVC avait été pris en charge à temps. Un diagnostic rapide, un geste médical adapté, et ce jeune homme marcherait encore aujourd’hui.

Près de sept ans après le drame, la maison familiale ressemble à un petit hôpital. Fauteuil roulant, matériel spécialisé, stock de fournitures pour deux mois. Sa mère partage sur Facebook qu’il dort mieux et a gagné un peu de force — mais aucun réel progrès moteur. La famille a tout essayé : rééducation intensive, chambre hyperbare, thérapie par cellules souches, acupuncture, piste expérimentale VSEL. Rien n’a suffi.

Table de chiropracteur vide dans un cabinet médical éclairé

Le message glaçant de la famille aux patients et aux soignants

Des révélations sur la santé qui bouleversent, on en croise parfois. Mais celle-ci porte un avertissement concret. Les Buckelew ne cherchent pas à accuser la profession entière. Leur message est plus ciblé : face à des signes d’AVC — avant, pendant ou après une séance —, chaque seconde compte.

« Il veut faire des choses, il veut sortir… Ça nous brise le cœur de le voir comme ça », confie son père Jack Buckelew. Cette phrase résume sept ans de combat quotidien, d’espoir têtu et de douleur sourde.

L’American Heart Association rappelle que les manipulations cervicales comportent un risque très faible mais réel de dissection des artères du cou — une cause reconnue d’AVC chez le sujet jeune. Certaines études estiment qu’environ 8,5 % des patients victimes de ce type d’AVC avaient consulté un chiropracteur juste avant, sans que le lien direct de cause à effet soit formellement prouvé.

En France, la chiropraxie est encadrée par des décrets et les praticiens peuvent manipuler le cou, à condition de respecter les recommandations de la Haute Autorité de santé. Mais le cas de Jonathan rappelle une vérité universelle : même un acte courant peut déraper si les signaux d’alerte ne sont pas captés à temps.

La mère de Jonathan a écrit ces mots : « Nous espérons tenter tout ce que nous pouvons, dans l’espoir que quelque chose fonctionne. » Un espoir qui vaut aussi, pour cette famille, comme une alerte lancée à tous.

Un mal de cou, une séance de routine, une vie entière qui s’effondre. L’histoire de Jonathan Buckelew est le rappel le plus brutal qu’on puisse imaginer : devant le moindre symptôme neurologique soudain, la rapidité du diagnostic n’est pas un luxe, c’est la frontière entre la vie debout et le silence. Et vous, savez-vous reconnaître les signes d’un AVC en urgence ?

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