Selon ce virologue, la prochaine pandémie est « inéluctable » — et le virus est déjà là

Covid, hantavirus, Ebola, dengue… Les alertes virales se multiplient, et l’impression d’un éternel recommencement s’installe. Pourtant, un spécialiste français des virus émergents affirme que le pire est peut-être devant nous. Yannick Simonin, virologue à l’université de Montpellier, lâche une phrase qui fait froid dans le dos : une autre pandémie n’est pas une hypothèse, c’est une certitude. Et le virus responsable circule peut-être déjà.
Hantavirus et Ebola en 2025 : pourquoi les alertes s’enchaînent
En quelques semaines, deux noms ont resurgi dans l’actualité sanitaire. D’abord, un cas d’hantavirus des Andes détecté chez une passagère française du paquebot MV Hondius. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a affirmé qu’aucun variant plus dangereux n’avait été identifié après séquençage complet de la souche. Yannick Simonin confirme : le contexte était « particulier », avec un espace clos favorable à la transmission interhumaine. Les cas contacts se sont révélés négatifs, ce qui a fait retomber la pression. Mais le virologue refuse de baisser la garde : « Il faut rester très prudent ces prochains jours et semaines. »
Parallèlement, le virus Ebola flambe à nouveau en République démocratique du Congo, avec déjà une centaine de morts depuis avril. Deux cas ont été signalés en Ouganda. La zone touchée, rurale, instable et minière, voit passer un flux important de personnes, ce qui complique toute tentative de confinement. Certains, comme l’OMS face au hantavirus, appellent à la vigilance maximale.
Ebola aux portes de l’Europe : un risque réel ou fantasmé ?
La députée Estelle Youssouffa a alerté sur un éventuel risque d’importation d’Ebola en France, pointant notamment Mayotte, ses bidonvilles et la fragilité de son système de santé. Des propos qui ont fait réagir. Le virologue montpelliérain tempère nettement : « Jusqu’à présent, il n’y a eu que très peu de cas hors Afrique. Le risque n’est pas nul mais très faible en Europe. » Les dispositifs de dépistage aux frontières, rappelle-t-il, ciblent déjà les personnes symptomatiques revenant de zones à risque.
Ce qui inquiète davantage le scientifique, ce n’est pas un virus précis. C’est l’accumulation de signaux. Variole du singe il y a trois ans, records de chikungunya et de dengue en France métropolitaine, hantavirus, Ebola : la liste s’allonge saison après saison. Yannick Simonin y voit la preuve d’une circulation virale en accélération, dopée par les déplacements humains et le changement climatique. D’après plusieurs scientifiques, la prochaine crise sanitaire mondiale sera même plus sévère que le Covid-19. Et c’est justement la conclusion à laquelle arrive notre virologue.
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« Le virus est déjà là » : pourquoi Simonin parle de certitude, pas de probabilité
Bien avant les prédictions alarmistes, la science posait un diagnostic froid. « Une autre pandémie est probable, oui », affirme Yannick Simonin. Mais il va plus loin : « Il est inéluctable qu’on soit à nouveau confronté à un autre virus. » Sa phrase-clé, celle qui marque, tient en une idée simple — il n’existe pas de « nouveau » virus. Ce ne sont que des pathogènes déjà présents chez l’animal, qui mutent, s’adaptent et finissent par franchir la barrière d’espèce.
L’auteur de Virus, la menace invisible insiste sur l’urgence d’étudier les populations animales pour anticiper ces sauts. Aujourd’hui, le réservoir viral sauvage reste largement sous-surveillé. On ne sait ni quand ni quel agent infectieux provoquera la prochaine crise — mais on sait qu’il circule déjà, quelque part entre une chauve-souris, un rongeur ou un moustique. La question n’est plus « si », mais « quand ».
Le message de Yannick Simonin tient en une ligne : le prochain virus pandémique ne tombera pas du ciel, il est déjà parmi nous, tapi dans la faune sauvage. Reste à savoir si les autorités sanitaires mondiales tireront enfin les leçons du Covid avant le prochain signal d’alarme. Et vous, avez-vous l’impression qu’on est mieux préparés qu’en 2020 ?