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Cet ancien médicament anti-obésité coûte 3 fois moins cher que le Wegovy, mais personne n’en parle

Publié par Cassandre le 03 Oct 2026 à 8:27
Personne tenant un comprimé blanc près d'un verre d'eau

Wegovy, Mounjaro, Ozempic : ces noms sont devenus familiers, portés par des célébrités comme Oprah Winfrey et des millions d’utilisateurs au Royaume-Uni. La ruée vers ces piqûres amaigrissantes a tout balayé sur son passage.

Mais un expert en obésité tire la sonnette d’alarme : un autre traitement, plus ancien et bien moins cher, serait injustement ignoré. Et il pourrait convenir à des milliers de patients que les injections ne servent pas forcément le mieux.

Ce médicament a un nom qui ne dit rien à personne. Pourtant, ses résultats méritent qu’on s’y attarde.

Pendant que tout le monde se rue sur les injections, ce cachet reste dans l’ombre

Le Mysimba est un comprimé associant naltrexone et bupropion, autorisé au Royaume-Uni pour les personnes obèses ou en surpoids avec complications de santé. Disponible uniquement en clinique privée, il n’a jamais connu le succès fulgurant des GLP-1.

Le professeur Alexander Miras, spécialiste de l’obésité à l’université d’Ulster, s’en étonne. Selon lui, ce traitement est purement et simplement éclipsé par le raz-de-marée médiatique autour du prix du Wegovy et de ses cousins.

Dans les essais cliniques, les patients sous Mysimba perdent en moyenne 8% de leur poids de départ. C’est nettement moins que les 22% obtenus avec les plus fortes doses de Mounjaro.

Mais tout le monde n’a pas besoin de perdre autant. « Si la santé d’une personne peut s’améliorer avec 8% de perte de poids, alors cette médication lui convient », résume le professeur Miras.

Reste une question qui intrigue autant qu’elle inquiète : comment un médicament conçu pour traiter les addictions peut-il agir sur l’appétit ? La réponse se trouve dans le cerveau, et elle n’est pas anodine.

Un mécanisme qui vise directement les envies de nourriture

Les GLP-1 imitent une hormone naturelle libérée après les repas, qui signale au cerveau que l’estomac est plein. Le Mysimba, lui, joue sur un autre terrain.

La naltrexone est habituellement utilisée pour traiter les addictions à l’alcool et aux opioïdes : elle bloque les circuits de récompense du cerveau. Le bupropion, un antidépresseur aussi employé pour arrêter de fumer, stimule des substances comme la dopamine et coupe l’appétit.

Associés, ces deux principes actifs agissent sur des mécanismes différents et réduisent à la fois l’appétit et les fringales, plus efficacement que pris séparément. Les deux traitements ciblent l’hypothalamus, la zone du cerveau qui régule la faim et la satiété, mais par des récepteurs distincts.

« Le Mysimba agit aussi sur les zones du plaisir alimentaire, ce qu’on appelle les circuits de récompense du cerveau », précise le professeur Miras. Ce sont les mêmes régions qui traitent la récompense liée à l’alcool ou aux drogues.

Les GLP-1 auraient un effet similaire sur ces circuits, mais les preuves scientifiques restent, selon lui, « moins développées » que pour le Mysimba. Avant de foncer vers les conditions de remboursement des GLP-1, certains patients gagneraient à connaître cette alternative.

Résultat : ce comprimé serait particulièrement efficace pour les personnes souffrant de fringales, de troubles du comportement alimentaire ou qui mangent sous l’effet du stress et des émotions. Un profil de patients que les injections ne ciblent pas forcément aussi précisément.

Boîtes de médicaments contrastées sur comptoir de pharmacie

Le détail financier qui change tout dans le choix du traitement

La question des effets secondaires ne doit pas être balayée d’un revers de main pour autant. La professeure Penny Ward, du King’s College de Londres, rappelle que le Mysimba peut entraîner des effets « peu fréquents mais significatifs », dont des pensées suicidaires dans les cas les plus graves.

Maux de tête, irritabilité, insomnie complètent la liste. Ce moins bon profil de tolérance explique en partie pourquoi les GLP-1 ont décollé là où le Mysimba est resté à quai.

Vient enfin l’argument qui devrait faire réfléchir plus d’un patient : le prix. Chez la pharmacie en ligne Superdrug, un mois de Mysimba coûte 115 livres, contre 179 à 339 livres pour un mois de Mounjaro.

C’est presque trois fois moins cher que les nouvelles injections vedettes, pour des patients dont l’obésité reste modérée ou qui présentent des complications légères comme une hypertension. Le professeur Miras cible en priorité ceux qui viennent tout juste de basculer dans la catégorie « obésité » selon leur indice de masse corporelle.

Le Mysimba pourrait même se combiner avec un GLP-1, plutôt que de le remplacer, même si le coût cumulé des deux traitements devient vite trop lourd pour beaucoup de foyers. La promesse du titre est là : un traitement moins cher, réellement efficace pour un profil précis de patients, mais qui reste dans l’angle mort du système de santé britannique.

Pourquoi ce traitement reste boudé par les autorités de santé

En 2017, le Nice, l’organisme britannique qui évalue le rapport coût-efficacité des traitements, avait jugé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour rembourser le Mysimba via le NHS. À l’époque, la comparaison se faisait uniquement face aux changements de mode de vie, pas face aux autres médicaments disponibles.

Depuis, le Nice a relevé ses seuils de rentabilité, ce qui pose une vraie question : la même décision serait-elle prise aujourd’hui ? Contacté, le fabricant du Mysimba, Contrave, n’a pas répondu pour dire s’il comptait redemander une évaluation.

Autre explication avancée par le professeur Miras : les laboratoires derrière le Mysimba disposent de budgets marketing minuscules comparés à ceux de Novo Nordisk et Eli Lilly, les géants pharmaceutiques qui portent Wegovy et Mounjaro. Un déséquilibre qui pèse lourd, indépendamment de l’efficacité réelle des traitements.

Le professeur Miras s’inquiète d’une forme de tunnel vision dans la recherche, tout entière tournée vers les GLP-1. Certains patients pourraient bénéficier d’une alimentation plus équilibrée en parallèle, comme le montrent les signes qui trahissent un foie gras souvent liés au surpoids.

D’autres pistes existent, mais aucune ne devrait arriver avant plusieurs années. Le docteur Bruno Halpern, président de la Fédération mondiale de l’obésité, résume la situation : les GLP-1 ont transformé le traitement de l’obésité, mais ils ne sont pas toute l’histoire, notamment pour les patients qui ne les tolèrent pas ou n’y ont pas accès. Cette prudence rejoint celle des médecins qui prônent des règles de vie simples plutôt qu’une seule solution miracle.

Un cachet à trois fois moins cher qu’une injection à la mode, voilà de quoi bousculer les idées reçues sur le traitement de l’obésité. La suite dépendra surtout d’une décision que le Nice n’a toujours pas reprise depuis 2017.

Et si vous pensiez que le cerveau ne réagissait qu’à la nourriture et à l’alcool, cette habitude qui protégerait du risque d’Alzheimer selon Harvard montre à quel point de petits gestes changent la donne. Quant à la question de savoir jusqu’où le corps peut résister quand on s’en occupe vraiment, l’histoire de ce centenaire qui a fait mentir les médecins vaut le détour.

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