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« Calmes, absolument vigilants, mais calmes » : Pasteur face à la peste suspectée en Sibérie

Publié par Cassandre Jolivet le 11 Oct 2026 à 19:18
Scientifique au regard grave dans un laboratoire de recherche

Une technicienne de laboratoire meurt en Sibérie, et le mot « peste » se met à circuler partout. Moscou parle de pneumonie, tandis que Washington et Bruxelles réclament des comptes.

Face à ce flou, la directrice de l’Institut Pasteur a pris la parole sur France Inter. Son message tient en quelques mots, et elle a glissé deux informations rassurantes que beaucoup de Français ignorent.

Une laborantine morte en Sibérie et un mot qui fait peur

Début octobre, une technicienne de laboratoire est morte dans la région d’Irkoutsk, en Sibérie. Elle travaillait sur la peste. D’après Le Figaro, elle aurait potentiellement contracté la forme pulmonaire de la maladie.

Le mot suffit à réveiller de vieilles terreurs. La peste, c’est la Peste noire, les villes vidées, les navires chargés de ballots d’étoffes et de bacilles. Autant dire que l’inquiétude a gagné vite.

Sauf que, pour l’instant, rien n’est établi. La Russie a attribué ce décès à une pneumonie, et c’est précisément ce qui fait tiquer ses partenaires. Les États-Unis, l’Union européenne et l’Organisation mondiale de la santé ont demandé à Moscou davantage de transparence.

On connaît déjà les grandes lignes de l’affaire, racontées en détail dans notre article sur la laborantine de 28 ans morte à Irkoutsk et les 200 personnes isolées. Mais une question restait en suspens côté français : que disent ceux qui connaissent vraiment cette bactérie ?

C’est là qu’intervient Yasmine Belkaïd, immunologiste et patronne de l’Institut Pasteur. Sa première consigne n’a rien d’un bulletin d’alerte.

Trois mots pour calmer le jeu, sans baisser la garde

Interrogée ce vendredi 9 octobre sur France Inter, la directrice de l’Institut Pasteur a appelé les Français à rester « calmes, absolument vigilants, mais calmes ». Le ton est donné. Pas de panique, pas de relâchement non plus.

Elle a ensuite refusé de s’avancer. « Aujourd’hui, on ne va pas faire de spéculations sur ce qu’il se passe », a-t-elle souligné, faute d’informations solides sur « les faits ». Pour une scientifique, c’est une manière de dire que le dossier est encore vide.

Ce silence russe intrigue d’ailleurs jusqu’à Washington. Selon notre article sur la Maison-Blanche qui suit de près la peste en Sibérie, l’affaire est observée de très près outre-Atlantique.

Côté russe, la communication s’est précisée jeudi. Le gouverneur de la région d’Irkoutsk, Igor Kobzev, a annoncé sur la messagerie Max que la surveillance médicale de toutes les personnes ayant été en contact avec la patiente était terminée.

Selon lui, aucun trouble de santé lié à une pathologie infectieuse n’a été détecté. Près de 5 000 analyses de laboratoire auraient été effectuées, et elles « n’ont révélé la présence d’aucun micro-organisme pathogène dangereux ». C’est la version officielle, que les autorités répètent : la laborantine serait bien morte d’une pneumonie.

Reste que Yasmine Belkaïd ne s’est pas contentée d’appeler au calme. Elle a aussi expliqué pourquoi la France a de bonnes raisons de ne pas trembler.

Mains gantées tenant un flacon dans un laboratoire

Antibiotiques, vaccin en essai : ce que la France a en réserve

Le premier atout, c’est le savoir-faire. Face à certains virus, les médecins n’ont aucun médicament à proposer. Pour la peste, la situation est très différente, et c’est le cœur du message de la directrice.

« Si la maladie est prise en charge tôt, elle peut être traitée avec des antibiotiques », a-t-elle rappelé. Autrement dit, la peste n’est pas la sentence d’autrefois. Le mot clé, c’est « tôt » : plus le diagnostic est rapide, plus le traitement a de chances de fonctionner.

Deuxième information, qui a sûrement échappé à beaucoup : la France dispose d’un Centre national de référence de la peste, hébergé par l’Institut Pasteur. Selon Yasmine Belkaïd, ce centre « connaît très bien cette maladie ». Ce n’est donc pas un terrain inconnu pour les spécialistes français.

Et ce n’est pas tout. Ce même centre développe actuellement un vaccin, qui se trouve, selon elle, « en essai clinique ». Aucun calendrier n’a été avancé dans les propos rapportés par Le Figaro, il serait donc imprudent d’en promettre un.

La directrice a aussi remis les choses à leur place : la peste n’a pas disparu de la planète. Des cas existent encore, notamment à Madagascar. Ce n’est pas une maladie du passé, mais un bacille que l’on sait suivre, soigner et, bientôt peut-être, prévenir.

Ce que le dossier peut encore réserver

Le dossier est loin d’être refermé. La version russe d’une simple pneumonie ne convainc pas tout le monde, et les demandes de transparence de l’OMS, de Washington et de l’Union européenne tiennent toujours. Tant que les faits restent flous, la prudence de Pasteur reste de mise.

Ce genre d’alerte rappelle aussi à quelle vitesse une rumeur sanitaire peut se propager. Pour suivre une autre situation où les autorités restent prudentes, on peut lire que l’OMS prévient que de nouveaux cas d’hantavirus pourraient apparaître « dans les jours ou semaines à venir ».

Il y a aussi un angle plus historique. Le Figaro relève que des sépultures découvertes sur les rives de l’Angara, au nord-ouest du lac Baïkal, présenteraient la plus ancienne trace jamais documentée de la bactérie Yersinia pestis. La Sibérie a donc une vieille histoire avec ce bacille, sans qu’on puisse en tirer de lien avec le cas actuel.

Les chercheurs ont aussi retrouvé des traces génétiques du bacille chez des individus morts il y a 5 000 ans en Scandinavie, selon le même journal. De quoi mesurer l’ancienneté de la bactérie, et pourquoi les scientifiques la surveillent encore.

Et pendant que la science tâtonne sur le passé, d’autres bouleversements, bien contemporains, guettent le quotidien : certains experts détaillent les emplois qui n’existeront plus d’ici 10 ans à cause de l’IA.

En attendant les résultats, retenez la recette de Pasteur : s’informer, ne pas spéculer.

Le message de l’Institut Pasteur tient en une phrase : vigilance oui, panique non, car la peste se soigne si on la prend tôt. Et si les prédictions angoissantes vous fascinent, ce que Nostradamus aurait annoncé pour 2025 pourrait vous donner des frissons. Plus rassurant : ces 4 fromages au lait cru que des chercheurs français disent capables de ralentir le vieillissement méritent aussi un coup d’œil.

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