Crabe royal Chatka chez E.Leclerc : ces boîtes gonflées font craindre un botulisme, un lot précis rappelé

Toasts, verrines, salades de fêtes : la boîte de crabe sauve bien des entrées. Sauf que celle-ci pourrait gâcher la table. Une conserve vendue chez E.Leclerc fait l’objet d’un rappel après la découverte de boîtes gonflées, avec un risque de botulisme évoqué par précaution. Un lot précis, des dates précises : on vous dit lequel, et surtout quoi faire si vous l’avez déjà ouvert.
Une boîte de crabe star des repas de fête devient suspecte
La conserve de crabe a ses fidèles. Elle s’invite sur les toasts de l’apéritif, dans les verrines de la mer, dans les salades composées des repas festifs. Pratique, elle se garde à température ambiante, au fond du placard.
La référence concernée est le crabe royal de l’Antarctique 100 % chair, 170 g, de marque CHATKA. Elle est distribuée notamment chez E.Leclerc. Et c’est précisément ce côté « rien à craindre, c’est en conserve » qui rend l’alerte déroutante.
La fiche de rappel a été publiée le 2 octobre 2026 sur RappelConso, à l’initiative de GALEC – E.Leclerc. Il s’agit d’un rappel volontaire, déclenché après la découverte de boîtes gonflées. Le motif officiel : une suspicion de risque microbiologique.
Ce n’est pas la première fois qu’une boîte fermée réserve une mauvaise surprise. Chez Carrefour, des sardines rappelées après la découverte d’une pince de crabe avaient déjà rappelé qu’un couvercle scellé ne garantit pas tout.
Ici pourtant, le souci ne se cache pas dans l’assiette. Il se lit sur le métal, dans une simple déformation. Alors que peut bien signifier un gonflement, et de quelle bactérie parle-t-on ?
Ce que cache une boîte gonflée, et le lot exact à chercher dans vos placards
Un gonflement de conserve traduit souvent un développement microbien à l’intérieur. Les micro-organismes produisent du gaz, la boîte se bombe. Voilà pourquoi le rappel ne vise pas une erreur d’étiquette mais un risque sanitaire.
Le danger envisagé est le botulisme alimentaire, lié à une toxine produite par la bactérie Clostridium botulinum. Attention : cette piste reste à confirmer, les analyses sont en cours. Le retrait est déclenché par précaution.
Le botulisme est une intoxication rare, mais grave. Rare ne veut pas dire absent : en 2024, cinq personnes avaient été placées en réanimation au CHU de Tours après avoir consommé des conserves d’ail des ours préparées par un restaurateur.
Le sujet des bocaux qui sonnent mal est d’ailleurs un classique. Ce petit bruit que doit faire un bocal de conserve maison à l’ouverture en dit long sur la sécurité de ce qu’il contient.
Mais revenons à notre crabe. Toutes les boîtes ne sont pas concernées, loin de là. Voici ce qu’il faut regarder sur le dessus ou sous la boîte.
Seules les boîtes portant le GTIN 5410238917325 et le lot 6266, avec une date de durabilité minimale au 24/09/2030, sont visées. Elles ont été vendues dans toute la France entre le 29/09/2026 et le 01/10/2026, principalement chez E.Leclerc.
Le fournisseur belge signale que d’autres enseignes pourraient aussi avoir été touchées. Votre boîte correspond ? La suite est la partie la plus importante.

Les symptômes à connaître et les gestes à faire tout de suite
Si vous faites vous-même vos conserves, les erreurs qui font tourner un bocal de tomates valent le détour. Ici, il s’agit d’une conserve du commerce, et la consigne est radicale : on ne consomme plus les boîtes concernées, même si leur aspect semble normal.
Une boîte anormalement gonflée ne s’ouvre pas et ne se goûte pas. Il est recommandé de la rapporter au point de vente, avec le ticket de caisse ou une photo de l’étiquette, afin d’obtenir un remboursement. Un service dédié répond aux questions au 0032718188.
Si la toxine est présente, elle attaque le système nerveux. Les signes : vision floue, paupières qui tombent, difficulté à parler ou avaler, bouche très sèche, faiblesse musculaire pouvant évoluer vers une paralysie.
Ils apparaissent le plus souvent entre 12 et 72 heures après consommation, parfois jusqu’à 10 jours. Toute personne ayant mangé ce crabe et présentant ces symptômes doit consulter en urgence ou appeler le 15, en signalant le produit et la date d’achat.
L’urgentiste Gérald Kierzek prévient que cette atteinte n’a rien de bénin : la neurotoxine, « en l’absence de traitement, peut entraîner une paralysie musculaire progressive, potentiellement mortelle ». Le taux de mortalité est estimé entre 5 et 10 %.
Bonne nouvelle, un traitement existe : l’antitoxine botulique. Selon le Dr Kierzek, elle est efficace si elle est administrée dans les 24 heures suivant les premiers symptômes, car elle neutralise la toxine circulante. Les antibiotiques n’agissent pas sur la toxine elle-même.
Et si vous avez déjà mangé ce crabe sans rien ressentir ? En l’absence de symptôme dans les 10 jours, une consultation spécifique est en général inutile.
Ce qu’il reste à surveiller après ce rappel
D’abord, les résultats des analyses. Tant qu’elles ne sont pas connues, le botulisme reste une hypothèse. Le rappel, lui, reste en vigueur par précaution, et les consignes ne changent pas.
Ensuite, le périmètre. Le fournisseur belge évoque d’autres enseignes possibles : ce n’est donc pas parce que vous n’achetez pas chez E.Leclerc que vous êtes à l’abri. Le plus sûr est de regarder le numéro de lot, quel que soit le magasin.
Les cas, eux, ne sont pas toujours spectaculaires. Les cas sévères nécessitent souvent une hospitalisation en réanimation avec assistance respiratoire, rappelle l’urgentiste. D’où l’intérêt de réagir vite au moindre signe après un produit rappelé.
Les rappels de ce genre se succèdent. Certains font peur pour de bonnes raisons, comme ces tomates pelées Carrefour rappelées pour Datura, avec des symptômes possibles sous 2 heures.
D’autres touchent le rayon frais, comme ces fromages vendus chez E.Leclerc, Carrefour et Intermarché rappelés pour risque de listeria. Les autorités sanitaires rappellent que la prévention reste la meilleure arme : vérifier, ne pas goûter dans le doute, signaler.
Une boîte gonflée ne se goûte jamais : le lot 6266 doit quitter vos placards, et votre doute aussi. Un coup d’œil de dix secondes suffit.
Et pendant que vous êtes en mode vérification, ce médicament que des millions de Français prennent chaque soir et qui devient introuvable mérite aussi votre attention. Quant à ceux qui pensaient que la défaite sportive ne se jouait que sur le terrain, ces supermarchés qui suspendent les produits espagnols « jusqu’à nouvel ordre » risquent de vous surprendre.