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Née sans utérus, elle est enceinte grâce à un don unique de sa sœur après 11 heures d’opération

Publié par Cassandre le 18 Août 2026 à 7:44
Née sans utérus, elle est enceinte grâce à un don unique de sa sœur après 11 heures d'opération

Lauren Fowler a grandi avec une certitude douloureuse : porter un enfant ne serait jamais possible pour elle. Née sans utérus, elle avait fait le deuil de la maternité biologique bien avant l’âge adulte.

Sa sœur Kelly, elle, refusait cette fatalité. Elle a fini par lui offrir bien plus qu’un simple cadeau : son propre utérus, lors d’une opération de 11 heures en 2025.

Aujourd’hui, Lauren est enceinte de 26 semaines. Une grossesse qui n’aurait jamais dû exister, et qui bouleverse tout ce qu’on croyait savoir sur les limites du don d’organe entre proches.

Une maladie qui touche 1 femme sur 5000

Lauren souffre du syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser, plus connu sous le nom de MRKH. Cette maladie congénitale, détaillée par la Cleveland Clinic, prive certaines femmes d’utérus dès la naissance, avec un vagin souvent sous-développé ou absent.

Il existe deux formes de la maladie. Lauren avait le Type 1 : ovaires et trompes fonctionnels, mais utérus, col et partie haute du vagin absents ou obstrués.

Le Type 2, plus sévère, s’accompagne souvent de malformations rénales, de problèmes de colonne vertébrale ou cardiaques. Un premier signe d’alerte fréquent : l’absence de règles à 16 ans.

Le pari fou de Kelly pour sa sœur

Deux sœurs se tenant la main avant une opération

Kelly avait déjà trois enfants quand elle a proposé de donner son utérus à Lauren. Invitées sur le plateau de l’émission britannique This Morning aux côtés de David, le compagnon de Lauren, les deux sœurs ont raconté leur histoire aux animateurs Craig Doyle et Angela Scanlon.

Kelly a été catégorique dès le départ : elle ferait « tout ce qu’elle pouvait » pour offrir à sa sœur la maternité dont elle rêvait depuis toujours. Une promesse qui allait se transformer en marathon chirurgical.

Ce type d’opération reste rarissime et complexe, à mi-chemin entre le don d’organe classique et une prouesse gynécologique de pointe.

Quand la greffe tourne mal

La transplantation en elle-même s’est bien déroulée. Mais une semaine plus tard, tout a basculé.

« Ça a viré au cauchemar après une semaine », a confié Lauren aux animateurs. Elle a dû subir deux opérations supplémentaires en urgence, à cause d’une obstruction.

« C’était vraiment limite. Une période très dure, bien plus difficile que la greffe elle-même. La transplantation, c’était presque facile en comparaison », a-t-elle raconté, encore marquée par ces semaines d’incertitude.

Malgré ces complications post-opératoires, aucun rejet n’a été observé. Le corps de Lauren a accepté l’utérus de sa sœur, contre toute attente médicale parfois pessimiste dans ce genre de situation.

Un bébé attendu par toute la famille

Lauren est aujourd’hui enceinte de 26 semaines, avec un accouchement prévu autour de la mi-octobre. Une échéance que toute la famille attend avec une impatience à peine contenue.

Les trois enfants de Kelly sont déjà impliqués émotionnellement dans cette histoire. « Ils sont super excités à l’idée de rencontrer leur cousin ou leur cousine », a expliqué Kelly, évoquant ce lien particulier créé par l’utérus partagé.

« Ils ont ce lien spécial, parce qu’ils auraient partagé le même utérus », a-t-elle ajouté, consciente du caractère unique de cette filiation biologique croisée.

Une épreuve qui a soudé les deux sœurs

Interrogée sur l’impact de cette aventure sur leur relation, Kelly n’a pas hésité une seconde. Oui, cela les a rapprochées, « absolument ».

« On a toujours été proches, mais je ne pense pas qu’on puisse traverser une chose pareille sans que ça change quelque chose entre nous, sans que ça nous rapproche encore plus », a-t-elle confié.

Une solidarité familiale qui rappelle d’autres histoires marquantes autour de la fragilité et la générosité des dons d’organes, un sujet qui touche bien plus de familles qu’on ne l’imagine.

Le message que Lauren veut faire passer

Si Lauren a accepté de raconter son histoire publiquement, ce n’est pas un hasard. Elle veut avant tout parler aux jeunes filles diagnostiquées avec le syndrome MRKH.

Son objectif : leur offrir « l’espoir qu’elle n’avait pas au même âge ». Un message fort pour toutes celles qui, comme elle il y a quelques années, pensent que la maternité leur est définitivement fermée.

Son témoignage rejoint celui d’autres femmes confrontées à l’infertilité au quotidien, un combat souvent silencieux mais loin d’être isolé.

Femme enceinte souriante regardant une échographie

L’histoire de Lauren et Kelly montre qu’entre sœurs, certains gestes dépassent largement le cadre médical. Onze heures d’opération, plusieurs complications, et finalement une vie qui commence à 26 semaines de grossesse.

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