Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Science

Sous le désert égyptien, cette ville de 1 600 ans surgit avec son église et ses tours intactes

Publié par Cassandre le 07 Juil 2026 à 16:20
Ruines d'une ville byzantine ensevelie dans le désert égyptien

Le désert occidental égyptien garde décidément bien ses secrets. Sous des dunes silencieuses, des archéologues viennent de mettre au jour une ville byzantine vieille de 1 600 ans, restée figée dans un état de conservation stupéfiant. Rues, église, tours de guet : tout y est encore lisible. Et ce que révèlent les fragments de poterie retrouvés sur place en dit long sur le quotidien de ses habitants, il y a près de 17 siècles.

Une cité fantôme retrouvée dans l’oasis de Dakhla

C’est dans l’oasis de Dakhla, en plein désert occidental égyptien, que la découverte a été faite. Cette région reculée, aujourd’hui rattachée à la province de la Nouvelle Vallée, abritait au IVe siècle une communauté urbaine parfaitement organisée. Les archéologues y ont exhumé des maisons à toits voûtés, des fours à pain, des cuisines et même des meules en pierre encore en place.

Le site est tellement bien préservé qu’il figure sur la liste indicative de l’UNESCO, à un pas d’intégrer officiellement le patrimoine mondial. Mahmoud Massoud, directeur général des Antiquités de Dakhla et responsable de la mission de fouilles, explique que cette agglomération réunissait tous les éléments d’une communauté pleinement fonctionnelle. Un vrai instantané de vie urbaine figé dans le sable, un peu comme lorsque des fragments littéraires anciens ressurgissent parfois dans des contextes inattendus.

La ville était pensée dans les moindres détails : de larges rues orientées nord-sud croisaient des axes est-ouest, dessinant de véritables places publiques. Deux tours de guet et un bâtiment fortifié protégeaient les abords de la cité, preuve que la sécurité n’était pas un détail pour ses habitants. C’est un peu la version antique des aménagements urbains réfléchis qu’on retrouve encore aujourd’hui dans nos villes modernes.

200 fragments de poterie racontent la vie quotidienne

Au cœur de la cité trône une basilique, qui surplombe l’une des artères principales. Mais le véritable trésor de cette fouille, ce sont près de 200 ostraca : des tessons de poterie utilisés comme support d’écriture, portant des inscriptions en copte et en grec.

Diaa Zahran, responsable du secteur des antiquités islamiques, coptes et juives, ne cache pas son enthousiasme face à cette collection. Ces textes consignent des transactions commerciales, des correspondances privées et des détails de la vie de tous les jours. Un témoignage documentaire d’une richesse rare sur les habitants de la cité, presque aussi précieux que les récits que l’on retrouve parfois sur des objets du quotidien oubliés par le temps.

Les fouilles ont aussi livré des flacons ayant contenu huiles et parfums, des lampes à huile, ainsi que des outils en pierre servant à moudre le grain.

Les archéologues ont également retrouvé des pièces de bronze frappées à l’effigie d’empereurs byzantins, et des pièces d’or datant du règne de Constantius II, empereur romain ayant régné entre 337 et 361 après J.-C. De quoi dater précisément l’occupation du site et confirmer son importance économique à cette époque charnière.

Fragments de poterie antiques inscrits posés sur une table

Un second site funéraire livre son étrange rituel de la « langue d’or »

Une seconde découverte majeure a été annoncée en parallèle par le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, à des centaines de kilomètres de là. Sur le site de Marina el-Alamein, à environ 100 kilomètres à l’ouest d’Alexandrie sur la côte méditerranéenne, les équipes ont mis au jour 18 tombes antiques.

Parmi elles, un immense sarcophage en granit de près de 2,50 mètres de long contenant des restes humains. Les archéologues ont aussi retrouvé un sphinx en plâtre endommagé, ainsi que plusieurs corps enterrés avec de fines feuilles d’or glissées dans la bouche.

Ce rituel funéraire, connu sous le nom de « langue d’or », était pratiqué par les Grecs et les Romains de l’Antiquité. Ils pensaient que ce petit objet aiderait les défunts à s’exprimer dans l’au-delà. Une croyance qui n’est pas sans rappeler d’autres mystères anciens que la science continue de percer, des siècles plus tard.

L’Égypte est surtout connue pour ses pharaons et ses pyramides, mais elle a aussi passé plus de 250 ans sous domination byzantine.

Entre la fin du IVe et le milieu du VIIe siècle, le christianisme s’est imposé comme religion dominante, les villes se sont développées, et le pays est devenu l’une des provinces les plus riches de l’empire.

La cité de Dakhla appartient précisément à cette période charnière, où traditions romaines, croyances chrétiennes et culture égyptienne se sont entremêlées.

Deux découvertes, deux facettes d’une même Égypte oubliée : celle qui a survécu à ses pharaons pour devenir byzantine, chrétienne, méditerranéenne. Combien d’autres cités attendent encore, ensevelies sous les dunes, qu’on vienne enfin les réveiller ?

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *