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Ces 37 corps découverts dans un même jarre de 2 mètres intriguent les archéologues depuis 1 000 ans

Publié par Cassandre le 08 Août 2026 à 16:26
Ces 37 corps découverts dans un même jarre de 2 mètres intriguent les archéologues depuis 1 000 ans

Sur le plateau de Xieng Khouang, dans le nord du Laos, des centaines de jarres de pierre dressées depuis des siècles intriguent les archéologues. On les appelle la Plaine des Jarres, un site vieux de plus de mille ans dont personne n’avait jamais vraiment percé le secret.

Mais une découverte récente vient de tout changer : une jarre géante contenait les restes de 37 personnes, sans qu’aucune n’ait été brûlée. Un détail qui a laissé les chercheurs sans voix.

Un mystère vieux de mille ans sur un plateau du Laos

Le plateau de Xieng Khouang n’est pas un site archéologique comme les autres. Depuis près d’un siècle, les scientifiques tentent de comprendre pourquoi des centaines de jarres monumentales en pierre y ont été érigées, parfois hautes de plusieurs mètres. Certaines contenaient des cendres et des ossements calcinés, ce qui laissait penser à des crémations rituelles, une pratique déjà documentée dans d’autres sites mystérieux à travers le monde.

Mais la jarre surnommée Jar 1 a tout bouleversé. Mesurant environ 1,20 mètre de haut pour plus de 2 mètres de large, elle a été fouillée entre 2022 et 2024. À l’intérieur, aucune trace de crémation. À la place, des ossements intacts, appartenant à pas moins de 37 individus différents, entassés selon un agencement qui semble tout sauf anarchique.

Pour Nicholas Skopal, archéologue et auteur principal de l’étude publiée dans la revue Antiquity, cette trouvaille a créé un véritable choc dans l’équipe. C’est la première fois qu’une jarre de ce type révèle des ossements non brûlés, ouvrant une piste totalement inédite sur les rituels funéraires de cette région d’Asie du Sud-Est, comme le rapporte National Geographic.

Ce que révèlent vraiment ces 37 squelettes entassés

Les datations réalisées sur les ossements situent l’utilisation de Jar 1 entre l’an 890 et 1160. Autrement dit, cette jarre géante a servi de sépulture collective pendant près de trois siècles, traversant plusieurs générations d’une même communauté. Un fait qui change complètement la manière de penser ces monuments de pierre.

Selon Skopal, le scénario le plus probable est celui d’un processus funéraire en deux temps. Chaque défunt aurait d’abord été placé seul dans une jarre individuelle, le temps que le corps se décompose naturellement. Une fois la chair disparue, les os auraient été récupérés puis rassemblés dans la grande jarre commune, comme un ossuaire final où reposaient collectivement les membres de la communauté.

Les fouilles ont aussi mis au jour plusieurs objets qui accompagnaient les défunts : un couteau en fer, une clochette en cuivre, des dalles de pierre, des tessons de céramique et des perles de verre. Pour Skopal, ces perles pourraient avoir constitué une offrande, peut-être un collier déposé en hommage au mort. Un geste symbolique qui rappelle d’autres traditions funéraires retrouvées ailleurs, comme celles évoquées récemment dans une découverte sous la glace du Groenland.

Archéologue examinant des ossements et perles anciennes

Le détail qui embarrasse encore les archéologues

Kelly Brandão, archéologue à l’université de São Paulo, tempère toutefois cet enthousiasme. Pour elle, rien ne prouve encore que cette jarre géante ait été conçue uniquement dans un but funéraire. Elle rappelle que la découverte, aussi spectaculaire soit-elle, ne clôt pas le débat : il serait tout aussi fascinant de découvrir que ces jarres avaient d’autres usages avant de devenir des tombes collectives.

Et c’est là que l’histoire prend un tour presque troublant. Les chercheurs ont retrouvé plus de dents humaines que de crânes complets à l’intérieur de Jar 1. Un déséquilibre qui intrigue Skopal lui-même, qui y voit la preuve que ce rituel mortuaire était bien plus complexe qu’il n’y paraît. Impossible pour l’instant de savoir précisément qui étaient ces 37 personnes, ni d’où elles venaient.

Le climat tropical du Laos ne facilite pas les recherches : extraire de l’ADN exploitable sur des ossements aussi anciens relève presque de l’exploit. Skopal garde malgré tout espoir de percer un jour l’identité génétique de ces défunts, comme les enquêteurs qui traquent parfois des indices similaires dans des affaires bien plus récentes.

En attendant, la Plaine des Jarres continue de garder jalousement ses secrets, à l’image d’autres vestiges du passé qui refusent de livrer toute la vérité d’un seul coup.

Une jarre de pierre, 37 vies, et mille ans de silence : la Plaine des Jarres n’a peut-être livré qu’une infime partie de son histoire. Reste à savoir combien d’autres mystères dorment encore sous ce plateau laotien, attendant patiemment leur tour d’être exhumés.

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