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Congelés depuis des millénaires, ces organismes reviennent à la vie : le palmarès qui intrigue les scientifiques

Publié par Cassandre le 09 Sep 2026 à 8:39

Un rotifère microscopique congelé depuis 24 000 ans en Sibérie s’est remis à nager comme si de rien n’était. L’histoire a fait un carton monstre sur nos écrans, et on comprend pourquoi : ça défie tout ce qu’on croyait savoir sur la mort et le temps.

Alors on a creusé. Et il s’avère que ce petit animal microscopique n’est pas un cas isolé. Des bactéries, des graines, des mousses et même des virus ont fait le même coup du réveil version glaciaire.

Le tour de force du rotifère bdelloïde

Dattier ancien issu d'une graine biblique germée en Israël

Reprenons depuis le début. En 2021, une équipe russe a extrait un ver microscopique appelé rotifère bdelloïde du permafrost sibérien. Résultat de la datation au carbone : 24 000 ans passés dans la glace.

Une fois décongelé en laboratoire, l’animal a repris ses activités comme si de rien n’était. Il s’est mis à se nourrir, puis à se reproduire par clonage, sans le moindre partenaire.

Les chercheurs ont même réussi à le congeler à nouveau, volontairement cette fois, pour vérifier que le processus fonctionnait dans les deux sens. Verdict : ça marche, encore et encore.

Un état qui n’est ni la vie ni la mort

Le secret de ces résurrections a un nom : la cryptobiose. C’est un état où le métabolisme s’arrête presque totalement, sans que l’organisme meure pour autant.

Concrètement, l’eau des cellules est remplacée par des sucres protecteurs qui empêchent la formation de cristaux de glace destructeurs. Le corps se met en pause, littéralement, en attendant des jours meilleurs.

Certains organismes peuvent rester dans cet état des dizaines de milliers d’années sans dommage irréversible. C’est un peu comme appuyer sur pause devant un film, sauf que la pause dure plus longtemps que l’humanité entière.

Scientifique tenant un échantillon de glace du permafrost

Des graines bibliques ressuscitées en Israël

Direction le désert de Judée, en Israël, où des archéologues ont exhumé des graines de dattier vieilles de près de 2 000 ans. Plantées par curiosité, elles ont germé sans problème.

Le résultat s’appelle aujourd’hui Metushelah, du nom du patriarche biblique Mathusalem réputé pour sa longévité légendaire. L’arbre pousse toujours et produit même des dattes.

D’autres graines similaires ont depuis donné naissance à plusieurs arbres, tous issus de semences retrouvées dans des sites archéologiques antiques. La botanique rejoint carrément l’archéologie.

Sous 900 mètres de glace en Antarctique

Changement de décor total : direction l’Antarctique, où des scientifiques ont découvert un écosystème caché sous près de 900 mètres de glace. Des mousses et micro-organismes y survivent depuis 5 800 ans sans la moindre lumière.

Ces organismes ont trouvé une autre façon de tenir : au lieu de la photosynthèse, ils exploitent des réactions chimiques minérales. Un mode de vie totalement alternatif, à des kilomètres de tout rayon de soleil.

Ailleurs sur le continent blanc, un sous-marin d’exploration a même disparu après avoir repéré des structures inconnues enfouies sous la glace. Un rappel que l’Antarctique garde encore bien des secrets.

Des nématodes sibériens vieux de 46 000 ans

Chercheur au bord d'un forage glaciaire en Antarctique

Retour en Sibérie, mais cette fois avec des vers ronds appelés nématodes. Des chercheurs en ont réveillé qui dormaient depuis environ 46 000 ans dans le permafrost.

Ces créatures ont repris leurs activités biologiques normales une fois réhydratées en laboratoire. Elles se sont même reproduites, générant plusieurs générations de descendants bien vivants.

Le permafrost sibérien agit comme un immense congélateur naturel, préservant des organismes depuis l’ère glaciaire. Une capsule temporelle biologique à ciel ouvert, littéralement enfouie sous nos pieds.

Le cas troublant des virus géants

Là, ça devient plus intriguant. Des chercheurs français ont réveillé en laboratoire des virus géants extraits eux aussi du permafrost sibérien, vieux de plusieurs dizaines de milliers d’années.

Ces virus, appelés Pithovirus ou Pandoravirus, sont restés infectieux pour des amibes une fois décongelés. Ils n’ont en revanche montré aucune capacité à infecter les humains ou les animaux.

Ce point rassure, mais il alimente une question plus large sur ce que le réchauffement pourrait libérer. D’ailleurs, l’Institut Pasteur a récemment dû écarter la piste d’un nouveau variant de hantavirus, preuve que le sujet reste suivi de près.

Ce que le dégel pourrait réveiller ensuite

Le permafrost couvre environ un quart des terres de l’hémisphère nord. Avec le réchauffement climatique, il fond progressivement, année après année.

Chaque centimètre de sol dégelé peut potentiellement libérer des organismes endormis depuis des millénaires. La plupart sont inoffensifs, voire fascinants, comme on vient de le voir.

Mais les scientifiques surveillent aussi les rares bactéries pathogènes qui pourraient s’y cacher. Un anthrax ayant tué un enfant en Sibérie en 2016 provenait justement d’un renne dégelé après des décennies sous la glace.

Alors non, pas de quoi paniquer. Mais entre les étés de plus en plus chauds et le dégel accéléré des sols gelés, la nature nous réserve peut-être encore quelques surprises. Bonnes ou mauvaises, l’histoire du rotifère prouve une chose : la vie a plus d’un tour dans son sac.

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