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Hantavirus : pourquoi l’Institut Pasteur écarte la piste d’un nouveau variant

Publié par Killian le 19 Mai 2026 à 18:31
Laboratoire de virologie avec machine de séquençage génétique

Depuis l’affaire du paquebot MV Hondius, un mot revenait dans toutes les conversations : variant. L’idée qu’un hantavirus mutant, plus contagieux, plus mortel, puisse circuler avait de quoi glacer le sang. Mais l’Institut Pasteur vient de livrer son verdict après un séquençage complet du virus. Et la réponse change tout ce que l’on craignait depuis deux semaines.

Hantavirus en France : pourquoi la peur d’un variant a explosé en quelques jours

Tout est parti d’un paquebot. Le MV Hondius, navire de croisière revenu d’Ushuaïa, a vu deux passagers néerlandais décéder après avoir contracté un hantavirus. Une passagère française a ensuite été testée positive. 26 cas contacts ont été placés à l’isolement pour une durée de 42 jours. De quoi alimenter tous les scénarios catastrophe.

Le mot « variant » a commencé à circuler partout. Logique : après le Covid, ce terme déclenche une alarme immédiate dans l’esprit du grand public. Certains redoutaient déjà une nouvelle menace sanitaire pour 2026. La ministre de la Santé a donc demandé un séquençage en urgence à l’Institut Pasteur. Les laboratoires parisiens se sont mis au travail pour analyser chaque fragment génétique du virus détecté chez la patiente française.

Restait une question brûlante : ce virus avait-il muté au point de devenir transmissible entre humains ?

Séquençage complet : l’Institut Pasteur tranche sur la mutation du virus

La réponse est tombée samedi 16 mai. Et elle est nette. Selon les résultats du séquençage complet réalisé par l’Institut Pasteur, aucune mutation suspecte n’a été identifiée. Le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue, a été catégorique : « Il n’y a pas de mutation qui aurait pu rendre le virus soit plus virulent, soit plus transmissible. »

Concrètement, le hantavirus détecté correspond aux souches déjà connues. Pas de surprise génétique, pas de recombinaison inquiétante. Le virus reste transmis par contact avec des rongeurs ou leurs déjections, et non d’humain à humain dans des conditions normales. C’est une différence fondamentale avec le Covid.

Autre bonne nouvelle passée presque inaperçue : un collégien du collège Lavoisier à Paris, identifié parmi les cas contacts, avait brièvement fréquenté son établissement avant d’être isolé. Tous ses tests se sont révélés négatifs. Il n’était donc pas contagieux selon l’ARS d’Île-de-France. L’ensemble des 26 cas contacts, testés tous les deux jours, restent négatifs à ce jour.

Mais si le variant est écarté, une énigme majeure persiste encore.

Paysage de Patagonie avec navire de croisière à Ushuaïa

Ushuaïa, rongeurs et réchauffement : la vraie question que personne ne règle

Les chercheurs révisent leurs modèles sur bien des sujets, et l’hantavirus n’échappe pas à la règle. Car on ignore toujours où exactement les deux passagers néerlandais décédés ont été contaminés. Une mission scientifique doit se rendre à Ushuaïa la semaine prochaine pour enquêter sur le terrain.

L’hypothèse principale pointe vers un contact avec des rongeurs en Argentine. Philippe Grandcolas, chercheur en biologie au CNRS, avance une explication qui dépasse largement cette croisière : « Quand on a des hivers plus doux, on a des populations de rongeurs plus abondantes. Ça veut dire qu’il y a potentiellement plus d’humains qui peuvent être en contact avec les hantavirus. »

Le réchauffement climatique pourrait donc multiplier les occasions de contamination dans des zones jusqu’ici considérées comme peu risquées. Aujourd’hui, la France ne compte qu’une seule malade et 26 cas contacts négatifs. Mais la question n’est plus de savoir si le virus a muté. Elle est de comprendre pourquoi il frappe là où on ne l’attendait pas.

Pas de variant, pas de transmission interhumaine avérée, des cas contacts tous négatifs : sur le papier, le dossier hantavirus se referme doucement. Mais la mission à Ushuaïa pourrait révéler un problème bien plus large qu’une simple croisière malchanceuse. Et si le vrai danger, c’étaient les hivers qui ne refroidissent plus assez pour tenir les rongeurs à distance ?

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