Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Science

Le Phare d’Alexandrie, l’une des 7 merveilles du monde, ressort enfin des profondeurs après 1600 ans

Publié par Cassandre le 15 Sep 2026 à 9:41
Bloc de pierre antique remonté des eaux méditerranéennes

Il a dominé la Méditerranée pendant 1600 ans avant de sombrer sous les vagues. Le Phare d’Alexandrie, l’une des 7 merveilles du monde antique, dort au fond de l’eau depuis un terrible séisme. Mais en juin 2025, des archéologues ont réussi un exploit que personne n’attendait : faire remonter à la surface des blocs vieux de plus de 2200 ans.

Un géant englouti depuis 17 siècles

Construit au début du IIIe siècle avant notre ère sous le règne de Ptolémée Ier, le Phare d’Alexandrie culminait à environ 100 mètres. C’était, à l’époque, la plus haute construction humaine du monde, un exploit d’ingénierie resté sans égal pendant plus de mille ans. Comme dans ces zones que personne n’a jamais explorées, une bonne partie de notre passé reste littéralement hors de portée.

Un séisme en 1303 a eu raison de l’édifice, laissant ses ruines s’effondrer peu à peu dans la mer. Les pierres restantes ont même été récupérées en 1477 pour bâtir une forteresse toujours visible aujourd’hui à Alexandrie. Le reste a fini par disparaître sous les flots, formant un site archéologique sous-marin unique au monde, à l’image de ces découvertes qui intriguent encore les scientifiques.

22 blocs de 80 tonnes remontés à la surface

C’est en juin 2025, dans le port oriental d’Alexandrie, qu’une équipe internationale a réussi à extraire 22 blocs colossaux de l’entrée monumentale du phare. Certains pèsent jusqu’à 80 tonnes, un poids qui donne le vertige quand on pense qu’ils ont été taillés il y a plus de 22 siècles.

Cette opération s’inscrit dans le projet PHAROS, mené par l’archéologue et architecte Isabelle Hairy du CNRS, en partenariat avec le Centre d’Études Alexandrines et le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités. Le projet s’appuie aussi sur trois décennies de recherches lancées en 1994 par l’archéologue français Jean-Yves Empereur. On y retrouve un peu la même fascination que suscitent ces expéditions qui repoussent les limites du possible.

Détail sculpté d'un bloc archéologique sous-marin ancien

La reconstruction numérique qui va tout changer

Le vrai coup de génie du projet ne se limite pas à cette technologie de pointe déjà exploitée ailleurs : il réside surtout dans ce que les chercheurs vont faire de ces blocs une fois sortis de l’eau. La Fondation Dassault Systèmes, spécialisée dans la simulation virtuelle appliquée à l’aérospatial, va analyser numériquement chaque pierre pour la replacer virtuellement, comme les pièces d’un immense puzzle archéologique.

La porte retrouvée révèle un mélange saisissant de traditions égyptiennes et de techniques grecques, reflet de l’Alexandrie hellénistique, cité qui abritait jadis la fameuse Bibliothèque et des penseurs comme Euclide et Archimède.

Aucun autre phare antique de cette ampleur n’a survécu jusqu’à nous : celui-ci était le modèle originel qui a inspiré tous les phares construits depuis. À l’image de ces pans d’histoire qu’un cataclysme a figés dans le temps, cette porte offre une fenêtre rare sur un savoir-faire disparu.

Un chantier vieux de 2200 ans qui refait surface grâce à la technologie du XXIe siècle : voilà le paradoxe fascinant du projet PHAROS. Combien d’autres merveilles antiques attendent encore, silencieuses, sous la surface de nos mers ?

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *