Selon l’Ifop, cette pratique sexuelle que 37 % des femmes de moins de 35 ans subissent en silence bouleverse les experts

Fessées, gifles, mains serrées autour du cou. Ce qui relevait hier de l’univers BDSM s’est installé dans le quotidien intime de millions de jeunes adultes. Une étude Ifop publiée ce mercredi dresse un tableau qui fait froid dans le dos. Et les chiffres révèlent une réalité que personne n’avait vraiment mesurée jusqu’ici.
71 % des Françaises de 20-29 ans concernées : les chiffres qui alertent
L’enquête, commandée par la plate-forme JOYclub et réalisée par l’Ifop, s’intéresse aux pratiques sexuelles de la population française à travers le prisme du plaisir féminin. Fréquence des orgasmes, simulation, positions préférées : le panorama est large. Mais c’est un volet bien précis qui retient l’attention.
Celui du sexe dit « trash ». 71 % des Françaises âgées de 20 à 29 ans déclarent avoir déjà reçu une fessée d’un ou d’une partenaire. Le chiffre grimpe encore quand on élargit le spectre : 61 % affirment s’être fait gifler, griffer, mordre ou tirer les cheveux pendant un rapport.
Longtemps cantonnés à des pratiques marginales, ces gestes se sont diffusés dans le répertoire intime courant. On ne parle plus d’une niche, mais d’une tendance de fond qui concerne la santé publique au sens large. Et le constat le plus troublant reste encore à venir.
Car parmi tous ces chiffres, un seul a fait sursauter les observateurs. Il concerne un geste dont les conséquences peuvent être irréversibles. Un geste qui, en quelques secondes, peut mettre en danger la vie de celle ou celui qui le subit.
Étranglement pendant l’acte : 37 % des femmes de moins de 35 ans l’ont vécu
C’est le chiffre le plus glaçant de l’étude. 37 % des femmes de moins de 35 ans déclarent avoir déjà été étranglées lors d’un rapport sexuel. Pas dans un cadre BDSM encadré, avec mots de sécurité et consentement négocié en amont. Non. Dans des rapports ordinaires, souvent sans discussion préalable.
L’étranglement — ou « choking » en anglais, terme popularisé par la pornographie en ligne — consiste à exercer une pression sur le cou pendant l’acte. Or, les médecins sont formels : même une pression modérée sur la trachée ou les carotides peut provoquer une perte de connaissance en quelques secondes, voire un arrêt cardiaque.
Le problème, c’est que cette pratique s’est normalisée sous l’influence des contenus accessibles en ligne. Ce que des millions de jeunes visionnent sur leur écran finit par modifier leurs comportements dans l’intimité. Sans filtre, sans éducation, sans conscience du risque réel.
Et là où ça devient vraiment préoccupant, c’est que beaucoup de ces femmes n’ont pas donné leur accord explicite. Le geste survient en plein rapport, sans prévenir. La frontière entre fantasme partagé et violence subie devient alors dangereusement floue.

Consentement flou, risques réels : ce que l’étude Ifop révèle en creux
Prendre conscience du danger ne suffit pas quand le cadre intime lui-même empêche d’en parler. C’est l’un des enseignements les plus sombres de cette enquête : la banalisation de ces pratiques s’accompagne d’un silence sur le consentement. Beaucoup de jeunes femmes décrivent des situations où elles n’ont tout simplement pas osé dire non.
L’Ifop pointe un écart net entre ce que les femmes souhaitent réellement et ce qu’elles acceptent par habitude, par surprise ou par pression implicite. La fessée peut sembler anodine. Mais quand 61 % des 20-29 ans rapportent des gifles, griffures ou morsures non sollicitées, on bascule dans un tout autre registre.
Les spécialistes alertent depuis plusieurs années sur le rôle de la pornographie mainstream dans cette évolution. Des gestes filmés comme « normaux » deviennent des réflexes chez des partenaires qui n’ont jamais posé la question du consentement explicite. L’éducation sexuelle à la française, souvent réduite à la biologie et à la contraception, ne prépare pas à ces situations.
L’étude rappelle aussi que ces pratiques ne sont pas sans conséquences juridiques. Un étranglement non consenti, même dans un cadre intime, peut constituer une infraction pénale. Un fait que trop peu de jeunes adultes mesurent aujourd’hui.
37 %. Ce chiffre devrait figurer dans tous les cours d’éducation à la vie affective. Parce que quand une pratique potentiellement mortelle touche plus d’une jeune femme sur trois, ce n’est plus une tendance — c’est un signal d’alarme. Et vous, pensez-vous que l’école fait assez pour préparer les jeunes à ces réalités ?