Football : la France est en deuil
Il aurait soufflé ses 74 bougies ce samedi. Mais depuis le 17 juin 2025, Bernard Lacombe n’est plus là pour les compter. L’ancien buteur de l’OL et champion d’Europe 1984 s’est éteint des suites de la maladie d’Alzheimer, laissant tout un pays du foot orphelin d’une de ses plus grandes figures. Le Variétés Club de France vient de lui rendre un hommage qui remet en lumière un parcours hors norme.

Un hommage qui tombe un jour d’anniversaire
C’est une date qui ne devait pas passer inaperçue. Le Variétés Club de France, cette association née en 1971 sous l’impulsion notamment de Jacques Vendroux, a tenu à marquer le coup pour ce qui aurait été le 74e anniversaire de Bernard Lacombe. L’ancien attaquant a porté ses couleurs pendant plus de quarante ans, de septembre 1983 à juin 2025, inscrivant au passage 38 buts sous ce maillot particulier réunissant anciens joueurs et personnalités.
Le communiqué salue « sa fidélité, sa gentillesse et son amour du football ». Trois mots qui résument bien l’homme,資 loin des projecteurs mais toujours fidèle au poste. Ce genre d’hommage rappelle d’ailleurs d’autres pertes récentes qui ont endeuillé le monde du football français, une famille qui se resserre à chaque disparition.
La nouvelle de sa mort en juin 2025 avait d’ailleurs résonné bien au-delà du cercle lyonnais. Certains observateurs avaient rapproché son destin de celui d’autres icônes disparues trop tôt, tant Bernard Lacombe incarnait une génération entière du ballon rond hexagonal.
La légende absolue de l’Olympique Lyonnais
Pour comprendre l’ampleur de cet hommage, il faut remonter aux origines. Bernard Lacombe est né à Lyon, et c’est dans sa ville natale qu’il est devenu une véritable institution. Buteur attitré des Gones pendant sept saisons, de 1971 à 1978, il remporte une Coupe de France avec le club de son cœur.
Mais son histoire avec l’OL ne s’arrête pas sur le terrain. Une fois raccroché les crampons, il devient l’un des piliers de la direction sportive sous l’ère Jean-Michel Aulas, occupant les fonctions de directeur sportif puis de conseiller pendant plus de trente ans, de 1988 à 2019. Un attachement qui traverse les décennies, à l’image de la fidélité que certains dirigeants gardent parfois envers leur club de toujours.
Entre-temps, il connaît un épisode surprenant du côté de Saint-Étienne, le grand rival, avant de rebondir aux Girondins de Bordeaux. Il y devient trois fois champion de France, en 1984, 1985 et 1987. Une carrière en club qui le hisse à la deuxième place du classement historique des buteurs de Division 1, avec 255 réalisations, juste derrière Delio Onnis et ses 299 buts.
Le carré magique et un but resté dans les annales
Reste l’équipe de France, l’autre grande histoire de sa vie. Avant-centre titulaire des Bleus dès 1976, Bernard Lacombe cumule 38 sélections et 12 buts sous le maillot bleu. Un chiffre modeste comparé à d’autres, mais une place irremplaçable dans l’imaginaire collectif grâce à un exploit précis.
Lors du Mondial 1978 en Argentine, il inscrit le but le plus rapide de l’histoire de la Coupe du monde à l’époque, après seulement 38 secondes de jeu. Un record qui a longtemps circulé dans les discussions de comptoir avant d’être battu bien plus tard.
Six ans plus tard, il fait partie intégrante du fameux carré magique emmené par Michel Platini, sacré champion d’Europe en 1984 sur ses terres. Il dispute tous les matchs des Bleus lors de cet Euro victorieux, à l’exception de la rencontre face à la Yougoslavie, sans toutefois marquer durant la compétition.
Une épopée qui reste l’un des sommets du football tricolore, un peu comme ces générations de sélectionneurs qui se succèdent aujourd’hui à la tête des Bleus avec la même ambition de gloire collective.
C’est peu après cet Euro qu’il choisit de raccrocher le maillot bleu, refermant un chapitre international marqué par ce but éclair et cette médaille continentale. Un palmarès qui aura façonné plusieurs générations de supporters.
Un but en 38 secondes, un Euro remporté, une vie entière donnée à l’OL : voilà ce que retiendra le football français de Bernard Lacombe. Difficile d’imaginer combien d’autres légendes du ballon rond méritent encore qu’on raconte leur histoire avant qu’elle ne s’efface.