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Pogačar abandonne sur chute : le verdict vient de tomber

Publié par Mathieu le 06 Sep 2026 à 11:01

La Vuelta avait un patron incontesté, et tout le monde le savait. Tadej Pogačar écrasait la course depuis le départ, sans véritable rival capable de le suivre dans les cols. Puis une chute a tout changé en une fraction de seconde, laissant le peloton orphelin de son leader. Reste à savoir qui va profiter du vide laissé par le Slovène.

Un règne brutalement interrompu

Il n’y avait Pogačar et les autres. Grand favori annoncé du Tour d’Espagne, le triple vainqueur du Tour de France imposait sa loi depuis les premières étapes, reléguant ses adversaires au rang de figurants. Cette domination sans partage a pris fin brutalement lors de la 8e étape, quand une violente chute sur la Vuelta l’a contraint à l’abandon.

Un coup dur pour le coureur de l’équipe UAE, qui traverse une saison marquée par plusieurs incidents. Quelques semaines plus tôt, il avait déjà connu la défaite sur ses terres, battu à domicile par un médecin allemand inconnu. Cette fois, c’est son corps qui a lâché sur le bitume espagnol, et avec lui, tout le scénario prévisible de cette Vuelta 2026.

Car sans Pogačar, la hiérarchie explose. Le peloton, jusque-là spectateur d’une démonstration solitaire, retrouve soudain un semblant de suspense. Restait à savoir qui, parmi les prétendants restants, allait saisir cette opportunité inespérée.

Enric Mas s’empare du pouvoir dès le lendemain

La réponse n’a pas tardé. Dès le lendemain de l’abandon de Pogačar, l’Espagnol Enric Mas a frappé fort en remportant l’étape à l’Alto de Aitana. Une victoire qui vaut bien plus qu’un simple bouquet de fleurs : elle s’accompagne du maillot rouge de leader, et d’une avance conséquente au classement général.

Mas compte désormais près de deux minutes d’avance sur Primoz Roglič, son plus sérieux poursuivant. Un écart loin d’être anodin à ce stade de la course, sur un tracé qui n’épargne jamais les organismes fatigués. La chute d’un favori aurait pu profiter à n’importe qui dans le peloton, un peu comme cet autre incident impliquant un coureur de la Movistar avait bousculé une hiérarchie établie ailleurs cette saison. Cette fois, c’est bien l’Espagnol qui a su transformer l’occasion en avantage tangible.

Joxean Fernández Matxin, directeur sportif en chef de l’équipe UAE, ne cache pas où va son analyse. « Pour moi, Enric est le favori », a-t-il confié à Cyclingnews. Il détaille : « Roglic est un rival très important ; il a remporté la Vuelta à quatre reprises et maîtrise parfaitement cette course, c’est pourquoi Enric a tant de respect pour lui. Mais je suis convaincu qu’Enric a une légère longueur d’avance sur lui en ce moment, non seulement en raison de l’écart de temps, mais aussi grâce à sa mentalité et sa motivation. » Un abandon spectaculaire comme celui de Jonas Vingegaard sur le Tour de France avait déjà montré à quel point une course pouvait basculer en un instant.

Route de montagne sinueuse vide après une étape cycliste

Une opportunité que Mas attend depuis des années

Le parcours d’Enric Mas raconte l’histoire d’un coureur régulièrement placé, mais rarement sacré. Deux fois deuxième du Tour d’Espagne au cours de sa carrière, en 2018 et 2021, l’Espagnol avait retrouvé le podium en 2022, puis encore en 2024. Un palmarès solide, presque frustrant à force de constance sans jamais atteindre le sommet.

À 31 ans, un âge charnière dans une carrière de cycliste professionnel, Mas tient sans doute l’occasion de sa vie. Les grands tours ne pardonnent aucune faiblesse, et les rendez-vous manqués ne se rattrapent pas toujours. D’autres figures du peloton, comme Laurent Jalabert en son temps, savent combien ces fenêtres de tir se referment vite.

Reste la question qui hante désormais tout le peloton : Mas parviendra-t-il à conserver ses deux minutes d’avance jusqu’à Madrid ? Roglič, quadruple vainqueur de l’épreuve, connaît chaque piège de cette course mieux que quiconque. Mais pour la première fois de sa carrière, Enric Mas semble avoir les jambes, la tête et la marge nécessaires pour transformer l’essai.

L’abandon de Pogačar a rebattu toutes les cartes, et Enric Mas ne compte visiblement pas laisser filer sa chance. La Vuelta vient peut-être de trouver son nouveau visage, celui d’un homme qui attendait ce moment depuis bien trop longtemps.

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