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Ce gel testé en secret pourrait faire gagner le Tour de France 2026 grâce à une molécule longtemps détestée par les cyclistes

Publié par Mathieu le 08 Juil 2026 à 16:42
Cycliste saisissant un gel énergétique sur route de montagne

Pendant des décennies, tous les sportifs d’endurance ont appris à le redouter. Le lactate, cette molécule associée aux crampes et à la fatigue musculaire, traînait une réputation de véritable ennemi public. Sauf qu’une équipe de chercheurs basques vient de retourner complètement ce postulat, avec un gel qui pourrait changer la donne sur les routes du Tour de France 2026.

Le lactate, ce mal-aimé qu’on a tout compris de travers

Demandez à n’importe quel coureur ce qu’il pense du lactate, et la réponse fusera : douleur, brûlure, fin de course. Cette croyance est tellement ancrée qu’elle en devient presque une évidence populaire.

Sauf qu’elle est fausse. Pierre Pasquier, responsable nutrition de la formation cycliste TotalEnergies, le rappelle sans détour : le lactate n’est pas un déchet, c’est un carburant. Le corps le produit naturellement pendant l’effort et le recycle en continu pour nourrir le cœur, le cerveau et les muscles.

Cette théorie n’a rien de neuf. Elle a été posée dès les années 1980 par l’universitaire américain George Brooks. Depuis, des générations de chercheurs ont cherché la formule miracle pour en apporter directement pendant l’effort, histoire d’épargner les réserves de glycogène et de tenir plus longtemps à haute intensité.

Un peu comme lorsqu’on cherche la meilleure stratégie pour affronter une canicule annoncée avec certitude : on sait que le phénomène existe, reste à trouver l’outil pour le maîtriser. Longtemps, cette quête est restée vaine, un peu comme ces innovations qui mettent des années avant de révéler leur vrai potentiel face aux sceptiques.

ExoLactate, le gel qui promet une nouvelle ère

Tout a basculé fin mai, lors d’une conférence qui a intrigué jusqu’en France. Le docteur en physiologie Aitor Viribay, ancien mentor scientifique de l’équipe Ineos et désormais directeur de la performance chez Salomon, y a présenté ExoLactate.

Ce gel, cuisiné au Pays basque avec le chef Dani Lasa et le biochimiste Juan Carlos Arboleya, contient cinq grammes de lactate associés à du glucose et du fructose. L’objectif : le rendre plus assimilable et plus rapide à absorber que les gels classiques.

Testé en laboratoire puis sur le terrain avec des athlètes de haut niveau, le produit est présenté comme conforme aux exigences anti-dopage. Une précision qui n’est pas anodine, tant l’histoire du cyclisme a appris à se méfier des promesses trop belles.

Et les chiffres avancés par Viribay ont de quoi faire tourner les têtes. Selon lui, la performance peut grimper de 3 à 4%. Une marge qui peut sembler modeste sur le papier, mais qui change tout dans un sport où les écarts se jouent parfois à quelques secondes après trois semaines de course.

Pour un amateur, la progression serait encore plus nette. Pour un professionnel, ces quelques points de pourcentage peuvent littéralement dessiner la ligne entre podium et anonymat, un peu comme ces marges infimes qui font toute la différence dans d’autres domaines de haute performance.

Gel translucide analysé en laboratoire de nutrition sportive

Le secret le mieux gardé du peloton avant le grand départ

Reste une question que tout le monde se pose à l’aube de la grand-messe cycliste : ExoLactate sera-t-il vraiment sur les routes du Tour de France cette année ? La réponse de Viribay, glissée sur les réseaux sociaux en début de semaine, est sans ambiguïté : bien sûr.

Selon des informations obtenues par RMC Sport, des cartons contenant plusieurs milliers de ces gels ont déjà traversé les Pyrénées pour rejoindre Barcelone, ville hôte du grand départ. Impossible en revanche de connaître les équipes qui les utiliseront. Le silence est total, presque digne d’une enquête à suspense où chaque indice compte.

Certaines formations, comme UAE, restent prudentes et rappellent le caractère expérimental du produit, un scepticisme déjà observé quelques années plus tôt avec les cétones. Mais du côté de l’équipe de Tadej Pogacar, le ton est différent. Jeroen Swart, son directeur de la performance, a qualifié le lactate de carburant indispensable auprès de CyclingNews, ajoutant que l’inclure comme source d’énergie devient la dernière tendance du peloton.

Pour l’instant, un seul nom a franchi la barrière de l’anonymat : le traileur espagnol Jan Torrella, récemment sacré champion d’Europe de montée-descente en Slovénie, qui fait ouvertement la promotion du gel. Une visibilité qui pourrait changer d’échelle si un vainqueur du Tour venait, un jour, à révéler son secret de course.

Trois petits pourcents qui pourraient tout changer, un gel encore presque clandestin, et un peloton qui retient son souffle avant le grand départ. La révolution lactique vient peut-être de commencer, mais elle se joue pour l’instant à huis clos. Qui craquera le premier et assumera publiquement son carburant secret ?

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