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Deuil général pour le football Français

Publié par Mathieu le 17 Sep 2026 à 9:12
Joueur de football vintage assis seul sur un banc

Il y a des noms que le temps efface injustement. Celui de Larbi Ben Barek en fait partie, alors même que Pelé le plaçait au-dessus de lui-même. Une légende du football français, adorée dans les stades des années 40 et 50, mais totalement invisible aujourd’hui. Son histoire cache une fin aussi glaçante que méconnue.

Le joueur que Pelé considérait comme son dieu

La phrase a de quoi surprendre : « Si je suis le roi du football, alors Larbi Ben Barek en est le dieu », aurait confié Pelé lui-même. Un hommage rarissime venant du triple champion du monde brésilien.

Just Fontaine, légende des Bleus et recordman des buts en Coupe du monde, confirmera plus tard cette hiérarchie : selon lui, Pelé n’a été la première idole que parce que la télévision existait à son époque, contrairement à celle de Ben Barek, dont le génie n’a donc jamais pu être vu de tous.

Né à Casablanca dans un Maroc alors sous protectorat français, le jeune Larbi commence menuisier à 14 ans avant de se révéler sur les terrains locaux.

Un match amical entre la sélection marocaine et l’équipe de France B suffit à convaincre : l’Olympique de Marseille lui déroule le tapis rouge, comme le rappelle notamment ce récit sur le destin tragique d’une autre icône du football français.

Il devient très vite la nouvelle star du championnat, avant d’être appelé chez les Bleus — un peu comme ces révélations discrètes qu’on retrouve parfois dans les pages méconnues de l’histoire.

Le surnom né d’un match houleux en Italie

C’est un match disputé en Italie qui va faire basculer sa notoriété. À Naples, le public hue les deux joueurs noirs de l’équipe de France. Loin de le briser, l’épisode consacre définitivement Larbi Ben Barek, qui obtient à cette occasion le surnom qui restera à jamais attaché à son nom : « la Perle noire », décerné lors d’un sondage organisé par L’Auto, l’ancêtre du journal L’Équipe.

Mais sa carrière est stoppée à deux reprises, l’empêchant définitivement d’entrer dans la légende au niveau qu’elle méritait. Il rentre au Maroc pendant la Seconde Guerre mondiale pour jouer avec l’US Marocaine, avant de revenir en France briller sous le maillot du Stade français.

Il s’éloigne ensuite des Bleus en s’envolant pour l’Atlético de Madrid, où il devient le crack des Colchoneros de 1948 à 1953, décrochant deux titres de champion d’Espagne sous les ordres d’Helenio Herrera — le futur théoricien du catenaccio à l’Inter Milan, un peu comme ces stratégies tactiques qui ont marqué l’histoire de certaines disciplines sportives.

Ballon de football ancien sur pelouse vide et nostalgique

Une fin de vie dans la solitude la plus totale

Le football français a connu d’autres deuils marquants, mais celui de Ben Barek reste unique par son silence. En 1953, il retrouve l’OM et est accueilli en véritable héros. Les supporters français réclament même son retour en équipe nationale.

À 37 ans, la Perle noire honore une dernière sélection contre l’Allemagne de l’Ouest, devenant alors l’international français à la plus longue longévité : quinze ans et dix mois de carrière chez les Bleus, un record longtemps resté sans équivalent, comme peuvent en témoigner d’autres parcours brisés du football français.

Devenu entraîneur après sa retraite de joueur, il dirige à deux reprises les Lions de l’Atlas, la sélection marocaine. Puis, plus rien. Larbi Ben Barek disparaît progressivement de la circulation, oublié par un football qui semble avoir effacé sa mémoire. Il meurt le 16 septembre 1992, à l’âge de 78 ans, dans la solitude et l’indifférence la plus totale. C’était il y a 34 ans.

Aucune cérémonie nationale, aucun hommage à la hauteur de son héritage. Juste le silence, celui-là même qui a longtemps entouré son nom malgré l’admiration d’un certain Pelé.

La Perle noire du football français est morte comme elle a fini sa carrière : loin des projecteurs, dans l’oubli général. Son histoire mérite pourtant d’être racontée, encore et encore, à ceux qui n’ont jamais entendu parler de lui.

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