À 8 km de l’arrivée, ses règles se déclenchent en pleine course : elle finit le marathon les jambes en sang

Un marathon se joue souvent dans la tête autant que dans les jambes. Mais que faire quand le corps impose sa propre épreuve, en plein effort, sans prévenir ?
C’est exactement ce qu’a vécu Li Meizhen, jeune coureuse chinoise de 25 ans, lors d’une course dans la province du Hebei. Son histoire, devenue virale, révèle jusqu’où certaines athlètes sont prêtes à aller pour ne pas abandonner.
Un marathon qui bascule à 34 kilomètres
Tout semblait se dérouler normalement pour Li Meizhen ce jour-là. Comme des milliers d’amateurs de course à pied, elle enchaînait les kilomètres sur un parcours exigeant de 42 kilomètres.
Puis, au 34e kilomètre, tout bascule. Ses règles arrivent brutalement, sans le moindre signe avant-coureur. Les crampes abdominales surgissent en même temps que le sang commence à couler le long de ses cuisses, bien visible sous l’effet de l’effort et de la transpiration.
La plupart des coureurs, hommes comme femmes, auraient probablement ralenti, voire cherché un poste de secours. Ce sujet reste encore largement tabou dans le sport, comme le montre aussi le cas d’une autre marathonienne partie tachée sur la ligne.
Li Meizhen, elle, a fait un choix radical : continuer. Ni panique ni arrêt, seulement la volonté de terminer ce qu’elle avait commencé, malgré la douleur et l’inconfort évident de la situation.
Une arrivée en 2h35, malgré le sang et la douleur
Les huit derniers kilomètres se sont donc déroulés dans ces conditions extrêmes. Crampes persistantes, sang visible sur les jambes, fatigue accumulée après plus de trente kilomètres d’effort : chaque foulée devenait un défi supplémentaire pour la jeune femme.
Malgré tout, Li Meizhen a franchi la ligne d’arrivée avec un temps de 2 heures et 35 minutes, une performance tout à fait honorable pour un marathon complet. Ce n’est pas la seule preuve de résilience de la sportive : lors d’un semi-marathon précédent, elle avait déjà couru avec des points de côté intenses, sans jamais lâcher, et avait même établi un record personnel ce jour-là.
Ce genre d’engagement physique intense n’est pas sans rappeler d’autres histoires marquantes dans le monde du sport, comme celle de cette triathlète disparue après une épreuve d’Ironman, qui rappelle à quel point l’endurance extrême peut mettre le corps à rude épreuve.
Sa persévérance a rapidement été filmée et partagée sur les réseaux sociaux chinois, générant des dizaines de milliers de vues et de commentaires en quelques jours seulement.

Le symbole qui a fait basculer les réseaux sociaux
C’est justement là que l’histoire prend une tournure inattendue. Ce qui aurait pu rester un simple fait divers sportif est devenu un véritable manifeste contre le tabou des règles dans le sport de haut niveau et amateur.
Les réactions sur les réseaux sociaux ont afflué, majoritairement positives et admiratives. De nombreuses internautes ont salué le courage de Li Meizhen, saluant sa décision de ne pas cacher ni interrompre sa performance à cause d’un phénomène physiologique parfaitement naturel.
La vidéo, publiée fin octobre 2024, a circulé bien au-delà des frontières chinoises, relayée notamment sur Twitter où elle a accumulé des milliers de partages en quelques heures.
Ce type d’histoire fait écho à un débat plus large sur la place des femmes dans le sport de compétition, un sujet également soulevé par l’arrivée récente d’équipements sportifs adaptés aux menstruations. Historiquement, les athlètes féminines se sont souvent senties contraintes de cacher ou minimiser cette réalité biologique pour éviter le jugement ou la gêne.
En refusant de s’arrêter, en assumant publiquement cette image de sang sur ses jambes, Li Meizhen a transformé un moment de vulnérabilité en symbole de force. Son geste s’inscrit dans un mouvement plus large de femmes qui refusent désormais de faire de leurs règles un sujet honteux, y compris dans les contextes les plus exigeants physiquement.
Deux heures trente-cinq minutes de course, huit kilomètres parcourus dans la douleur et le sang, une ligne d’arrivée franchie sans faiblir : voilà ce qui reste de cette histoire, bien au-delà du buzz initial. Reste une question simple, que cette course relance chaque fois qu’elle refait surface : et si le vrai tabou n’était pas le sang, mais le silence qu’on impose autour ?