Polémique Mbappé sur Mao : la télé publique chinoise n’a pas montré les deux premières rencontres de Liga du week-end

Un mème, une phrase, et tout un marché qui se referme. Kylian Mbappé vit une semaine que son agenda n’avait pas prévue. En Chine, la télévision publique a laissé deux matchs de Liga disparaître de son écran ce week-end. Mais l’écran de CCTV n’est pas le seul à s’être éteint : il reste un détail technique que personne n’avait vraiment anticipé.
Un mème, une vidéo et trois contrats rompus en quelques heures
Tout part d’une vidéo diffusée en début de semaine. L’attaquant français du Real Madrid y parle d’un mème dont il est la cible. Selon Le Figaro, certains détournements associent son visage à des images emblématiques de Mao Zedong, et lui-même évoque l’expression «dictateur chinois».
En Chine, le sujet est sensible. Mao Zedong reste un personnage central de l’histoire du pays, officiellement décrit comme un héros. Des historiens associent pourtant son exercice du pouvoir à des millions de morts.
La réaction n’a pas tardé. Mardi, trois compagnies qui utilisaient le nom et l’image de la vedette ont annoncé la rupture de leurs contrats. Trois marques chinoises l’avaient déjà lâché, au moment même où le joueur présentait ses excuses.
Puis est tombée l’annonce de CCTV. Mais que signifiait-elle, au juste, pour le championnat espagnol ?
CCTV, La Liga et un marché chinois que personne ne veut perdre
Dans la foulée des ruptures de contrats, CCTV a annoncé la suspension de la diffusion des matchs du championnat espagnol. D’après la source, l’annonce visait les rencontres impliquant Mbappé. C’est le réseau de chaînes public, contrôlé par le groupe étatique CMG.
La Liga, pour qui la Chine est un marché clé, a de son côté «déploré» les propos du joueur. Le ton est mesuré, mais l’enjeu est lourd : selon La Liga, interrogée par l’AFP, la télévision chinoise avait jusque-là diffusé tous les matchs du championnat en direct.
Le contexte n’a rien d’une parenthèse. Mbappé a déjà été au cœur d’une autre polémique sur la scène espagnole, preuve que chacun de ses gestes est scruté bien au-delà du terrain.
Restait à voir ce que ferait CCTV dès le premier match programmé après l’annonce. Vendredi soir, la réponse est arrivée.
Le choc Villarreal-Espanyol Barcelone, premier match au programme depuis mardi, n’a pas été diffusé par CCTV. Et le lendemain, Atlético Madrid-Levante, coup d’envoi à 13h GMT, a connu le même sort. Les deux affiches n’étaient annoncées nulle part dans la grille de la chaîne.

Le détail qui change tout : un match restait visible sur Migu
Voilà donc la réponse : la suspension n’est pas restée une simple déclaration.
Reste que le tableau n’est pas tout à fait noir. Le match Villarreal-Espanyol, joué vendredi soir en Espagne, était accessible sur Migu, plateforme de streaming qui dépend de China Mobile. Cet opérateur est lui aussi contrôlé par l’État chinois, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Autrement dit, la télévision traditionnelle a coupé le signal, alors qu’une porte numérique est restée ouverte. L’AFP ne détaille pas ce qu’il en a été du second match sur cette plateforme.
Reste un point à relever : ni Villarreal-Espanyol ni Atlético-Levante n’impliquaient Mbappé sur le terrain. Pourtant, aucun des deux n’a été diffusé par CCTV, selon l’AFP.
Excuses acceptées «au sérieux» : ce que l’on surveille ensuite
Mbappé, lui, a choisi de s’excuser. La superstar française s’est dite «sincèrement désolée», et la Chine a déclaré prendre ces excuses «au sérieux». La formule laisse la porte entrouverte, sans rien promettre.
La question est désormais celle du calendrier. Aucune date de reprise n’est évoquée dans la source, et CCTV n’a pas précisé combien de temps durerait la suspension. Les prochains matchs diront si les écrans chinois se rallument.
Le joueur, de son côté, vit une période chargée. Les Madrilènes s’étaient déjà agacés d’une autre séquence mouvementée autour de lui.
Du côté de La Liga, le dossier chinois s’ajoute à d’autres turbulences : elle a dénoncé 17 incidents lors du Clasico remporté 1-2 par le Real Madrid au Barça. Une semaine de championnat décidément agitée.
Il reste enfin les sponsors. Trois ruptures de contrat sont actées, et rien n’indique dans la source qu’elles soient réversibles.
Un mème, une vidéo, et un écran chinois qui reste noir : voilà comment une phrase peut peser sur un championnat entier. Si la polémique chinoise vous a surpris, ce que l’on sait de la tentative d’enlèvement visant la star montre une tout autre facette de sa vie. Et pour comprendre pourquoi son entourage fait aussi parler, ce que l’IGPN a trouvé dans les virements réserve une autre surprise.