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« Je n’ai plus mes règles depuis 3 ans » : la révélation glaçante d’Océane Mahé sur le Tour de France

Publié par Mathieu le 03 Août 2026 à 17:03
« Je n'ai plus mes règles depuis 3 ans » : la révélation glaçante d'Océane Mahé sur le Tour de France

Sur le podium de Lausanne, Océane Mahé souriait, fière d’endosser le premier maillot à pois du Tour de France femmes 2026. Mais derrière cette image de victoire se cache un secret que la coureuse de 24 ans a décidé de dévoiler. Un aveu rare, qui remet en lumière un problème que le cyclisme féminin préfère souvent taire.

Une charge d’entraînement qui a fait taire son corps

Membre de l’équipe française Ma Petite Entreprise, Océane Mahé s’est confiée à Actu.fr sur un sujet encore trop tabou dans le sport de haut niveau. La championne de France sur route espoirs en 2023 explique ne plus avoir ses règles depuis plus de trois ans, une consequence directe de la pression exercée sur son organisme.

« On sait qu’en tant que sportives de haut niveau on pousse nos corps énormément, on va puiser dans nos réserves », a-t-elle expliqué avec une franchise désarmante. Son système hormonal, dit-elle, a tout simplement décidé de se mettre en veille. Un phénomène loin d’être isolé chez les cyclistes professionnelles qui recherchent la légèreté à tout prix.

Le poids, obsession silencieuse du peloton féminin

Le déclencheur, selon Océane Mahé elle-même, remonte à une période de perte de poids importante. L’objectif était clair : être la plus légère possible sur son vélo, pour grappiller des watts et gagner en performance. La jeune Haute-Savoyarde a depuis repris des kilos et stabilisé son poids, mais son cycle, lui, n’est toujours pas revenu à la normale.

Ce cas illustre le syndrome RED-S, un déséquilibre chronique qui survient quand les apports alimentaires ne couvrent plus les dépenses liées à l’effort physique intense. L’an dernier déjà, la minceur de Pauline Ferrand-Prévot, lauréate du Tour de France, avait suscité un vif débat dans le peloton. La Suissesse Marlen Reusser avait même confié « espérer secrètement » que la Française ne gagne pas, redoutant l’effet d’entraînement sur les plus jeunes coureuses.

Vélo de course appuyé contre un mur en pierre

Un suivi médical encore à deux vitesses

Cédrine Kerbaol, elle aussi engagée sur le Tour de France féminin, ne mâche pas ses mots sur ce climat délétère. « On est dans un moment dangereux. Il y a beaucoup de personnes qui ont gagné de grandes courses avec un poids très léger », alerte-t-elle, craignant que les jeunes filles ne prennent ces exemples pour modèle sans en mesurer les conséquences.

Interrogé par Le Figaro, le Gérard Dine, chef du service d’hématologie clinique du centre hospitalier de Troyes, pointe des risques bien réels : dérégulation hormonale, perte des règles, mais aussi impact osseux avec de l’ostéoporose à la clé. Il dénonce surtout un cyclisme à deux vitesses, où certaines équipes ne réalisent qu’un seul bilan biologique par saison, un suivi qu’il juge nettement insuffisant face aux enjeux.

Cette cinquième édition du Tour de France femmes s’est élancée le 1er août depuis Lausanne, avec un record de dénivelé au programme jusqu’à Nice. Pauline Ferrand-Prévot reste la grande favorite à sa propre succession, entourée d’une génération dorée de coureuses tricolores bien décidées à briller.

Le témoignage d’Océane Mahé remet une question dérangeante sur la table : jusqu’où le cyclisme féminin est-il prêt à sacrifier la santé de ses championnes pour quelques grammes en moins ? Le débat, lui, est loin d’être clos.

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