« La présomption d’innocence devait prévaloir » : le chef de la sécurité des Bleus, mis en examen, est mis à pied

Un mois et demi à peine que Zinédine Zidane a repris l’équipe de France, et les résultats suivent : les Bleus sont premiers de leur groupe en Ligue des Nations. Mais en coulisses, un dossier judiciaire vient de s’inviter dans son premier automne de sélectionneur. Il touche un homme de l’ombre du staff, plusieurs joueurs, et la FFF vient de trancher son sort.
Un mois et demi de Zidane, et déjà un dossier qui secoue les coulisses des Bleus
Le début de règne de Zinédine Zidane est plutôt convaincant. Depuis que l’ancien meneur de jeu a été officialisé sélectionneur, l’équipe de France occupe la première place de son groupe dans la Ligue des Nations.
Seulement voilà : la première difficulté ne vient pas du terrain. Elle se joue loin des pelouses, autour d’un nom qui n’apparaît presque jamais sur les photos officielles.
Il s’appelle Mohamed Sanhadji. Il est chef de la sécurité de l’équipe de France, présenté comme une figure historique du staff des Bleus. Le président de la FFF parle de services rendus depuis une vingtaine d’années aux sélections nationales.
Selon le site Sports, qui reprend des propos rapportés par RMC Sport, l’affaire embarrasse d’autant plus que le dossier éclabousserait plusieurs joueurs. Parmi eux figurerait le capitaine Kylian Mbappé, par ailleurs décrit comme en froid avec le sélectionneur.
Attention toutefois : la source ne détaille ni les noms précis ni ce qui serait reproché à chacun. Elle ne dit pas non plus que les joueurs sont visés par une procédure. Et tout ce qui touche à la justice reste, à ce stade, au conditionnel.
Reste une question simple. De quoi Mohamed Sanhadji est-il exactement soupçonné ?
Recel, corruption, trafic d’influence : ce qui est reproché au chef de la sécurité
Selon Sports, Mohamed Sanhadji a été mis en examen le 16 septembre dernier. Les infractions évoquées sont lourdes : recel de détournement de fonds publics, corruption et trafic d’influence.
Il serait notamment soupçonné d’avoir reçu de l’argent et des faveurs de la part de plusieurs internationaux français. Une mise en examen n’est pas une condamnation : l’intéressé reste présumé innocent, et l’enquête suit son cours.
C’est ce que rappelle Philippe Diallo, qui a pris la parole ce jeudi 15 octobre 2026. « S’agissant de cette affaire, c’est une affaire qui est aujourd’hui en instruction, donc vous pouvez comprendre que ça ne me permet pas d’entrer dans l’ensemble des détails », a-t-il déclaré.
Le patron de la fédération a surtout défendu le parcours de son salarié. « Il bénéficie aussi d’un attachement des différents effectifs et des sélectionneurs qui se sont succédé à la tête de l’équipe de France », a-t-il ajouté.
Ce discours est celui d’un dirigeant qui veut rester prudent, sans lâcher un homme apprécié en interne. Et il pose une question gênante : comment un homme mis en examen en septembre pouvait-il encore figurer dans l’organigramme au moment où la première liste de Zidane se préparait ?
La réponse est tombée jeudi. Face à cette situation, la FFF a pris une décision : une mise à pied à titre conservatoire. Mais le plus intéressant se trouve dans la manière dont on en est arrivé là.

CDD jusqu’au Mondial, contrôle judiciaire, entretien préalable : l’enchaînement qui a tout fait basculer
La FFF avait déjà dû écarter un autre membre de l’encadrement, comme le podologue exclu du staff médical. Mais le cas Sanhadji est d’une tout autre ampleur, et Philippe Diallo a livré le fil complet de l’histoire.
Tout part de la Coupe du monde. « Nous étions à six mois de la Coupe du monde pour l’équipe de France et un consensus s’est créé autour de l’idée qu’à la proximité d’une échéance aussi importante, le commandant puisse poursuivre ses activités », a-t-il expliqué.
Le président poursuit : « Les joueurs et le sélectionneur souhaitaient qu’il puisse poursuivre, la présomption d’innocence devait prévaloir. » D’où une solution de compromis : un CDD jusqu’à la Coupe du monde. « Je ne pouvais pas m’engager au-delà », a-t-il précisé.
Une fois le Mondial terminé, Mohamed Sanhadji a pourtant été reconduit dans le nouveau staff de Zinédine Zidane. Un nouveau contrat lui a été proposé, toujours « fort du souhait des parties prenantes ».
Puis la mise en examen de septembre a tout changé. Elle s’accompagne d’un contrôle judiciaire qui lui interdit de se rendre à Clairefontaine, donc d’exercer ses missions auprès du football français.
Résultat, selon Philippe Diallo : « la FFF a pris la décision d’une mise à pied conservatoire, et il fait l’objet d’une demande d’entretien préalable. » Cette dernière formule ouvre la porte à une éventuelle suite disciplinaire, sans qu’elle soit actée.
Ce que cette mise à pied change pour Zidane et pourquoi l’affaire n’est pas close
Concrètement, Mohamed Sanhadji ne peut plus travailler avec les Bleus pour l’instant. Son contrôle judiciaire l’en empêche, et la FFF a entériné cette réalité par une mesure conservatoire.
Pour Zinédine Zidane, le timing est délicat. Il y a quelques semaines, il expliquait sa réponse sur Deschamps devant toute la salle, et son groupe doit rester soudé pour les prochains rendez-vous.
Le dossier touche aussi des joueurs de son effectif, selon la source. Or le sélectionneur est présenté comme en froid avec son capitaine, ce qui n’arrange rien à l’ambiance.
Reste le chantier d’un encadrement en pleine reconstruction. La FFF a déjà redessiné une partie du staff, avec par exemple le retour de Fabien Barthez auprès des gardiens.
Plusieurs questions restent ouvertes : la source ne dit pas qui assurera la sécurité des Bleus en attendant, ni ce que donnera l’entretien préalable. Surtout, l’instruction ne fait que commencer, et les noms exacts des joueurs concernés n’ont pas été détaillés.
Une certitude : la fédération a choisi la présomption d’innocence pour un homme, puis la prudence face à la justice. À suivre de près.
La présomption d’innocence a tenu jusqu’au contrôle judiciaire, puis la FFF a rattrapé le calendrier. Et si vous voulez savoir ce que Zidane a arraché à la FFF dans son contrat, la réponse dépasse ce que Deschamps avait obtenu. Quant à la fameuse tension autour du capitaine, le dérapage de Mbappé qui fait réagir ajoute un chapitre inattendu à cette saison.