Ce soir sur Paris Première : Les dents de la mer, un tournage sauvé de justesse par Spielberg
Un tournage qui devait durer 55 jours en a duré plus du double. Un budget qui explose sous les yeux des syndicats. Trois requins mécaniques qui refusent obstinément de fonctionner devant la caméra. Voilà dans quoi Steven Spielberg, alors âgé de 27 ans, s’est retrouvé embourbé à l’été 1974, à des kilomètres d’imaginer que ce chaos allait enfanter l’un des films les plus rentables de l’histoire.

Le roman qui a fait trembler les plages avant le film
Avant d’être un film, Les Dents de la mer est un roman de Peter Benchley publié en 1974, qui cartonne aussitôt en librairie. Universal Pictures flaire le potentiel et confie l’adaptation à un jeune réalisateur encore peu connu, Steven Spielberg.
Benchley écrit les premières versions du scénario, avant que Carl Gottlieb ne les retravaille en profondeur, parfois au jour le jour, pendant que les caméras tournent déjà sur l’île de Martha’s Vineyard.
Le pitch tient en deux phrases : un requin blanc terrorise la station balnéaire d’Amity, et trois hommes que tout oppose partent le traquer en mer. Simple sur le papier, cauchemardesque à filmer.
Les requins mécaniques qui ont failli couler le film
Pour donner vie à sa créature, Spielberg fait appel à Robert A. Mattey, qui conçoit trois requins animatroniques en polyuréthane, surnommés « Bruce ». Sur le papier, une prouesse technique. Sur le plateau, un désastre permanent.
Les mécanismes se grippent au contact de l’eau salée, les peaux synthétiques gonflent et se déchirent, et les prises tournent au ralenti pendant que l’équipe technique répare inlassablement les machines entre deux essais.
Le tournage, censé se dérouler à Universal Studios Hollywood, a en réalité lieu dans le vrai port de pêche de Menemsha, à Martha’s Vineyard, où l’équipe s’installe à Edgartown, une ville de moins de 4 000 habitants totalement dépassée par l’ampleur de la production.
Les coûts s’envolent de tous les côtés. Les syndicats new-yorkais et bostoniens imposent des équipes pléthoriques, avec au moins 100 personnes présentes sur le plateau quand la moitié aurait suffi, tandis que le syndicat des camionneurs menace carrément d’arrêter le tournage si le personnel ne prend pas le bus collectif.
Les prix des chambres d’hôtel de l’île grimpent de 14 à 45 dollars la nuit, les combinaisons de plongée coûtent 60 dollars de plus qu’à Los Angeles, et les autorités locales exigent une caution de 100 000 dollars pour la préservation du site. Fin juillet 1974, Sidney Sheinberg, patron de MCA-Universal, convoque Spielberg et les producteurs Zanuck et Brown pour exiger des explications sur ce dérapage total.
Ce chaos, Spielberg le transforme pourtant en atout créatif : faute de requin fiable à l’écran, il choisit de suggérer la menace plutôt que de la montrer, une décision qui doit autant à la nécessité qu’au génie. Le thème musical composé par John Williams, que Spielberg a d’abord détesté avant de le trouver indispensable, achève de faire trembler les salles obscures sans jamais montrer grand-chose.
Où regarder le film ce soir et en replay
Rendez-vous ce jeudi 24 septembre 2026 à 21h00 sur Paris Première pour (re)découvrir ce classique qui affiche aujourd’hui une note de 7,7/10 sur TMDB, cumulée sur près de 12 000 votes.
Le casting réunit Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss et Lorraine Gary, sous la direction de Steven Spielberg himself, quelques années avant qu’il ne signe E.T. l’extraterrestre.
Pas de replay disponible pour cette diffusion sur une chaîne payante, mais le film reste accessible en streaming sur HBO Max pour les abonnés, ou à la location sur Apple TV Store, Google Play Movies et Orange VOD.
Et sur les autres chaînes ce soir
Envie de changer de registre après la traque du grand requin blanc ? NOVO19 propose à 21h11 Le Placard, la comédie de Francis Veber portée par Daniel Auteuil, un choix tranquille pour finir la soirée en riant.
Sur TMC à 21h25, place à l’action avec Taxi 4, quatrième volet des poursuites marseillaises façon Luc Besson, pour les nostalgiques de courses-poursuites déjantées.
Canal+ Cinéma mise sur le drame avec Rembrandt à 21h00, un biopic sur le peintre néerlandais pour les amateurs d’art et d’histoire.
Côté fiction française, TF1 diffuse à 21h10 le téléfilm Oradour, qui revient sur l’un des épisodes les plus tragiques de l’Occupation.
Les amateurs de décryptage préféreront Envoyé spécial sur France 2 à 21h10, pendant que France 3 programme à la même heure un nouvel épisode de la série Meurtres à…, toujours efficace pour une enquête policière sans prise de tête.