Adieu l’île de Ré : cette « Venise portugaise » à 70 km de Porto affole les voyageurs avec ses menus à moins de 10 €

Chaque été, c’est le même refrain : les prix sur l’île de Ré grimpent encore un peu plus. Locations hors de prix, restaurants qui affichent complet trois mois à l’avance, parking à rallonge. Pendant ce temps, à deux heures d’avion de Paris, une petite ville portugaise coche toutes les cases du rêve atlantique, en beaucoup moins cher. On vous explique pourquoi tout le monde en parle.
L’île de Ré devenue trop chère, les Français cherchent un plan B
Sur l’île de Ré, la saison estivale rime désormais avec budget serré. Les tarifs des locations ont explosé ces dernières années, poussant une partie des vacanciers à revoir leurs plans. Beaucoup se tournent aujourd’hui vers des alternatives européennes qui offrent le même esprit balnéaire sans le même vertige tarifaire, un peu comme ces retraités qui choisissent le Portugal pour dépenser 30 % de moins qu’à la maison.
Aveiro, ville du nord du Portugal, s’impose comme la nouvelle destination coup de cœur. Bordée par une immense lagune et traversée par des canaux où glissent des embarcations traditionnelles colorées, elle a tout du décor de carte postale. Le mélange d’architecture Art nouveau et de ruelles pavées séduit immédiatement, sans la foule ni les prix qui vont avec.
Ce basculement s’inscrit dans une tendance plus large : voyager pas cher en Europe reste possible, à condition de sortir des sentiers battus. Aveiro en est la preuve la plus convaincante cette saison, un peu comme d’autres villes discrètes qui commencent à s’imposer sur les radars des voyageurs en quête d’authenticité à travers l’Europe.
Une « Venise portugaise » à seulement une heure de train de Porto
Le vrai atout d’Aveiro, c’est son accessibilité déconcertante. Depuis la France, de nombreux vols low-cost desservent quotidiennement l’aéroport de Porto, situé à peine à 70 kilomètres de la ville. Une fois sur place, un simple train régional suffit pour rejoindre Aveiro en un peu moins d’une heure, pour un coût dérisoire de quelques euros.
Sur place, le relief plat et les nombreuses pistes cyclables aménagées le long de la lagune rappellent immédiatement l’ambiance de l’île de Ré. La bicyclette est reine, et permet de découvrir la région à son rythme, entre brise marine et paysages sauvages. À quelques minutes du centre, la plage de Costa Nova dévoile ses fameuses maisons de pêcheurs en bois rayées de couleurs vives, un décor qui n’a rien à envier aux côtes charentaises.
Ce cadre préservé attire un public en recherche de calme, loin du tourisme de masse que subissent d’autres destinations européennes. Une atmosphère qui rappelle certains villages français encore épargnés, où les habitants privilégient encore les circuits courts et les petites adresses de quartier. C’est justement sur ce terrain-là, celui du porte-monnaie, qu’Aveiro creuse l’écart le plus spectaculaire avec l’île de Ré.

Des menus complets à moins de 10 euros, la vraie révélation
C’est là que se joue toute la différence avec le pouvoir d’achat des vacanciers français : le patrimoine culinaire d’Aveiro est aussi riche que ses tarifs sont légers. Les petits restaurants typiques appelés tascas proposent des menus complets pour moins de dix euros, poisson et fruits de mer compris.
Pour ce prix, on peut déguster une caldeirada, la bouillabaisse locale, une morue grillée à la perfection, ou une assiette de palourdes à la coriandre, accompagnée d’un verre de vin blanc du cru. Une générosité qui défie toute concurrence face aux additions salées relevées sur l’île de Ré cet été.
Impossible aussi de repartir sans goûter les ovos moles, la spécialité sucrée héritée des couvents de la région : un cœur de jaune d’œuf et de sucre enveloppé d’une fine gaufrette en forme de coquillage, vendue pour quelques centimes dans toutes les pâtisseries du centre historique. Entre plages sauvages, accueil chaleureux et addition légère, Aveiro coche toutes les cases sans jamais faire exploser le budget vacances.
Alors, cette année, l’île de Ré ou la petite Venise portugaise ? Le porte-monnaie a peut-être déjà tranché à votre place. Une chose est sûre : les canaux d’Aveiro n’ont pas fini de faire parler d’eux sur les réseaux sociaux des vacanciers de retour.