Dernier vol du Concorde le 24 octobre 2003 : les avions sont devenus des stars de musée
Le 24 octobre 2003, un avion blanc à nez pointu se pose à Heathrow sous les caméras du monde entier. Des milliers de personnes sont massées au sol pour lui dire adieu. Les passagers, eux, ont les yeux humides.
C’était le dernier vol commercial du Concorde. Vingt-trois ans plus tard, ses carcasses élégantes dorment un peu partout dans le monde. Mais où, exactement ? Et lequel peut-on encore visiter en France ?
Ce jour où le ciel a perdu son avion le plus rapide
Ce 24 octobre 2003, trois Concorde de British Airways arrivent presque en même temps à Londres. L’un d’eux vient de New York, avec à son bord des passagers triés sur le volet, dont des célébrités. Les deux autres ont fait un tour de la côte britannique pour le grand final.
La traversée de l’Atlantique n’a duré qu’environ trois heures. À Mach 2, soit près de 2 180 km/h, l’avion allait plus vite que le soleil. On pouvait théoriquement décoller de New York et arriver à Londres avant l’heure du départ, tant le décalage horaire jouait en sa faveur.
Au sol, l’ambiance mêlait fête et mélancolie. Les employés applaudissaient, certains pleuraient. Tout le monde savait qu’une page se tournait pour l’aviation civile. Et personne n’imaginait que, plus de vingt ans après, aucun avion de ligne n’aurait repris le flambeau.
Pourquoi on a rangé un avion que tout le monde adorait
Le crash du vol Air France 4590, en juillet 2000, avait déjà fissuré la légende. L’accident, près de Paris, a fait 113 morts et clouté l’appareil au sol pendant plus d’un an. La confiance ne s’est jamais vraiment rétablie.
S’ajoutent les attentats du 11 septembre 2001, qui ont fait chuter la fréquentation des vols transatlantiques de luxe. Un billet coûtait une fortune, et la clientèle d’affaires s’est faite plus rare. Les coûts de maintenance, eux, restaient astronomiques.
Air France a donc arrêté ses vols en mai 2003, British Airways a suivi en octobre. Pas de scandale, pas de panne fatale : juste un modèle économique qui ne tenait plus. Un avion trop beau, trop rapide, trop cher pour son époque.
Ce que le Concorde a laissé derrière lui est pourtant plus fascinant que sa fin. Car chaque appareil a connu un destin bien à lui.
Ce que sont devenus les Concorde : le grand tour du monde

Sur les vingt exemplaires construits, vingt ont survécu, tous exposés ou conservés. Aucun n’a fini à la casse. Une exception rare dans l’aviation, qui dit beaucoup de l’attachement que le monde entier lui porte.
Les avions d’Air France et de British Airways ont été répartis entre musées et collections, de New York à Seattle, de Barbade à Singapour. Certains ont même traversé l’Atlantique en barge, démontés comme de grands jouets. Un dernier voyage, mais cette fois sans passagers.
Le plus incroyable, c’est que plusieurs sont accessibles au public, parfois pour quelques euros. Et deux d’entre eux se trouvent en France.

Le Bourget et Toulouse : les deux rendez-vous français
Au musée de l’Air et de l’Espace du Bourget, près de Paris, un Concorde Air France est exposé à l’extérieur, le nez dressé vers le ciel. C’est l’exemplaire F-BTSC, celui du premier vol commercial d’Air France en 1976, pas l’avion du drame de 2000. On peut y entrer, s’asseoir dans la cabine et imaginer le champagne servi à 18 000 mètres d’altitude.
À Toulouse, la Cité de l’espace comme Aeroscopia, le musée de l’aéronautique à Blagnac, présentent aussi des Concorde. Aeroscopia expose notamment le premier exemplaire de série, côte à côte avec d’autres géants du ciel. Un pèlerinage idéal pour les passionnés qui veulent comprendre comment tout est né, là où l’avion a été assemblé.
Bonne nouvelle pour les voyageurs : ces deux étapes se combinent très bien dans un week-end ou un road trip. Le Bourget se visite en une demi-journée depuis Paris, Toulouse mérite une journée entière avec la Halle de la Machine et les ateliers d’Airbus à proximité.
Mais le Concorde n’est pas qu’une affaire française. D’autres exemplaires, bien plus loin, valent aussi le détour.
Ces Concorde cachés aux quatre coins du monde
Aux États-Unis, l’un des appareils est posé sur le pont du porte-avions Intrepid, à New York, au bord de l’Hudson. Ce Concorde de British Airways a fait la traversée de l’Atlantique des dizaines de fois, avant de devenir une attraction géante au cœur de Manhattan.
À Seattle, au Museum of Flight, un autre exemplaire accueille les curieux. Au Royaume-Uni, plusieurs sont visibles : à Manchester, à Édimbourg, à Bristol, où l’on peut même croiser le dernier Concorde ayant volé. Chaque ville s’en dispute un morceau, comme un trophée.
Il existe même un Concorde à la Barbade, île des Caraïbes très prisée de la clientèle huppée qui l’empruntait. Il est devenu l’une des attractions les plus insolites de l’île. Et pour tout savoir sur ses performances hors normes, ses chiffres vertigineux valent le détour.
L’avion qui devait l’écraser n’a jamais décollé

Le Concorde avait pourtant des rivaux. Aux États-Unis, Boeing rêvait de faire encore mieux avec un avion supersonique plus grand, plus rapide, plus ambitieux. Ce projet américain avorté devait écraser le Concorde, mais il n’a jamais quitté les plans.
Résultat : le Concorde est resté seul au monde, sans héritier ni concurrent. Depuis 2003, aucun avion de ligne supersonique n’a repris le flambeau. Quelques start-up promettent un retour, mais aucune n’a encore transporté un seul passager payant.
Voilà pourquoi tant de gens font encore la queue pour toucher son fuselage. Le Concorde n’est pas qu’un vieil avion : c’est la preuve qu’on a un jour vu plus grand, et plus vite. Et si vous cherchez d’autres histoires qui ont marqué un 24 octobre, ou d’autres dates à ne pas oublier, plongez dans nos éphémérides du mois.
Comment préparer votre visite sans rater l’essentiel
Avant de partir, vérifiez les horaires d’ouverture et réservez en ligne si possible, surtout en vacances scolaires. Les visites de l’intérieur de l’appareil sont parfois limitées à certains créneaux. Au Bourget, comptez un peu de temps pour la file d’attente.
Pensez aussi à regarder les expositions temporaires : les musées organisent régulièrement des rencontres avec d’anciens pilotes ou techniciens. Entendre un ex-commandant de bord raconter un Paris-New York en trois heures, ça n’a pas de prix. Ces témoignages valent souvent le déplacement à eux seuls.
Et une fois dans la cabine, prenez le temps de regarder les hublots minuscules et les sièges étroits. Le luxe du Concorde n’était pas dans l’espace, mais dans la vitesse. Une leçon d’humilité pour tous ceux qui rêvent encore de vol supersonique.