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Adieu New York : cette famille américaine achète une maison en Italie pour 13 000 dollars

Publié par Ambre Détoit le 30 Juin 2026 à 13:00
Adieu New York : cette famille américaine achète une maison en Italie pour 13 000 dollars

Ils payaient 2 000 dollars par mois pour un appart à New York. Aujourd’hui, ils sont propriétaires d’une maison achetée cash dans un village italien de 1 300 habitants. Et ils ne regrettent rien.

L’histoire de Cassandra Tresl, 33 ans, et de sa famille, c’est celle d’un couple qui a regardé le prix de l’immobilier new-yorkais en face. Et qui a décidé de tourner les talons — direction les Abruzzes, en Italie.

Quand devenir propriétaire à New York devient un fantasme

Famille faisant ses courses dans une boucherie de village italien

Cassandra a vécu à New York de 2015 à 2019. Quand sa fille est née en 2020, le couple a fait ses comptes. Le verdict était sans appel : acheter un logement dans la ville restait un mirage.

Jeune femme devant des immeubles new-yorkais avec panneaux de location

À l’époque, la famille déboursait 2 000 dollars mensuels pour son appartement. Un tarif considéré comme une bonne affaire selon les standards new-yorkais.

Mais un chiffre résume tout : l’âge moyen d’un primo-accédant à New York atteint désormais 58,8 ans. Autrement dit, les trentenaires n’ont quasiment aucune chance d’y trouver un loyer abordable, encore moins de devenir propriétaires.

« Je ne pouvais pas imaginer épargner de manière réaliste pour un apport en vue d’acheter une maison à New York », a confié Cassandra à CNBC. Alors le couple a cherché ailleurs. Très loin ailleurs.

Mais pourquoi l’Italie, et surtout, pourquoi cette région que la plupart des Italiens considèrent eux-mêmes comme perdue au milieu de nulle part ?

Une maison à 13 000 dollars — payée cash

En 2022, la famille achète une maison dans la région des Abruzzes pour environ 11 500 euros, soit à peine 13 000 dollars. Pas de crédit, pas de mensualités. Tout réglé comptant.

Maison en pierre dans un village perché des Abruzzes en Italie

« Le fait qu’on ait pu acheter une maison entièrement en cash, à cette époque, semblait incroyable », raconte Cassandra. Pour ceux qui connaissent les offres de maisons à 1 euro en Italie, ici pas de piège : le prix était simplement celui du marché local.

La rénovation a coûté 15 000 euros supplémentaires, décoration comprise. Le poste le plus lourd ? La plomberie complète, facturée environ 3 000 dollars. Le total maison + travaux atteint donc 30 000 dollars. Soit moins d’un an et demi de loyer à Manhattan.

Le village, dont Cassandra ne révèle pas le nom sur son blog, compte environ 1 300 habitants. Il est perché sur une colline, à trois heures à l’est de Rome.

Et le choix de la région n’a rien d’un hasard — la famille a délibérément évité les destinations que tout le monde connaît.

Pourquoi les Abruzzes et pas la Toscane

Pas de Toscane, pas de côte amalfitaine, pas de Cinque Terre. Le couple a sciemment écarté les régions noyées sous le tourisme de masse. « Les Abruzzes se sont démarquées pour nous », explique Cassandra.

L’idée : vivre dans une communauté authentique, pas dans un décor pour touristes. C’est un choix que font aussi de plus en plus de retraités européens qui cherchent un cadre de vie préservé à petit budget.

Certaines provinces italiennes offrent même des primes pour attirer de nouveaux habitants. Les Abruzzes, elles, misent sur autre chose : des prix tellement bas qu’aucune subvention n’est nécessaire.

Mais le vrai choc, ce n’est pas le prix de la maison. C’est le coût de la vie au quotidien.

Le détail des dépenses qui fait mal aux New-Yorkais

La crèche à temps plein pour leur fille coûte 70 dollars par mois. Aux États-Unis, les amis de Cassandra avec des enfants du même âge paient parfois dix à quinze fois plus dans les grandes villes.

L’électricité revient à environ 170 dollars mensuels, l’eau à 80 dollars. Le forfait internet ? 15 dollars. Chaque abonnement téléphone ? 14 dollars.

Côté alimentation, la famille dépense environ 140 dollars par semaine en courses — pour deux adultes, un enfant, deux chats et deux chiens. Cassandra précise que la qualité de la viande et du fromage chez les bouchers locaux dépasse ce qu’elle trouvait aux États-Unis.

Ces chiffres paraissent presque irréels quand on les compare au coût de la vie dans n’importe quelle métropole occidentale. Mais la famille ne s’est pas arrêtée à une seule maison.

Un deuxième bien acheté pour 20 000 dollars

Le couple a acquis une seconde propriété dans la même zone pour 20 000 dollars, puis investi 17 000 dollars en rénovation. Le mari de Cassandra la gère comme un bien locatif.

Résultat : cette deuxième maison rapporte environ 1 100 dollars par mois en moyenne. Soit presque autant que ce que d’autres expatriés touchent en pension de retraite pour vivre à l’étranger.

Au total, les deux propriétés ont coûté moins de 70 000 dollars, travaux inclus. À New York, cette somme ne suffit même pas pour un apport sur un studio dans le Bronx.

Reste la question que tout le monde pose : et le travail, dans un village de 1 300 âmes ?

« Je gagne moins, mais mon temps est mieux dépensé »

Au début, Cassandra a continué à travailler à distance pour la startup tech qui l’employait à New York. Elle a ensuite pris un poste marketing dans une agence de voyage italienne.

Son salaire a baissé. Elle le reconnaît sans détour. Mais sans loyer ni crédit à rembourser, l’équation financière reste largement en sa faveur.

« Je gagne clairement moins qu’en travaillant pour une entreprise basée à New York, mais mon temps est bien mieux utilisé, à mon avis », dit-elle. Le couple a aussi dû apprendre l’italien et s’adapter au rythme d’un petit village où tout va plus lentement.

Ce changement de rythme a provoqué chez Cassandra une remise en question plus profonde que prévu.

« Rien n’est si important que ça »

« Je n’arrêtais pas de me demander ce que je voulais de ma carrière. Et j’ai fini par réaliser que peut-être, ça ne comptait pas autant pour moi que pour les autres », confie-t-elle.

Vivre dans un village perché des Abruzzes lui a appris une chose : « Vivre dans une petite ville m’a forcée, de la meilleure manière possible, à ralentir et à comprendre que rien n’est si important que ça. »

La famille reconnaît que les proches restés aux États-Unis leur manquent. Mais un retour permanent n’est pas envisagé. « À ce stade de nos vies, je ne pourrais pas imaginer revivre aux États-Unis à temps plein. »

Et quand on lui demande ce qui a vraiment changé, Cassandra revient toujours au même mot : le soulagement. « Le meilleur sentiment que j’éprouve encore et encore depuis l’achat de cette maison, c’est le soulagement. On la possède cash, c’est payé, c’est fait, et je n’ai plus à y penser. »

Plus de loyer, plus de crédit, plus d’angoisse financière. Juste une maison sur une colline italienne, achetée pour le prix d’une voiture d’occasion. Pour ceux qui rêvent de transformer un bien à petit prix en projet de vie, l’histoire de Cassandra prouve que c’est encore possible — à condition d’accepter de tout repenser.

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