« C’était à l’opposé de ce que j’avais imaginé » : elle rêvait de retraite à Malte, elle en repart après un mois

Le soleil, la mer, l’anglais parlé partout : sur le papier, Malte a tout du paradis pour retraité. Louise Slyth, une Écossaise installée en Irlande, y a cru dur comme fer. Un mois plus tard, elle a pourtant plié bagage, avec un verdict sans appel. Ce qui a fait basculer son rêve ne tient pas à un seul détail.
Malte, le rêve de retraite qui avait tout pour plaire
Quand l’heure de la retraite sonne, beaucoup de Français regardent vers le sud. Maroc, Espagne, Portugal : les destinations ensoleillées font rêver, et Malte s’invite désormais dans la liste des îles qui font fantasmer.
C’est l’histoire que Marie France a racontée en 2025 à propos de Louise Slyth. Cette Écossaise vit depuis plusieurs années en Irlande. Elle connaissait déjà Malte pour y être allée, et son climat lui plaisait beaucoup.
Elle décide donc de passer de la rêverie au test grandeur nature. « J’ai passé un mois à Malte pour voir si je voulais y prendre ma retraite un jour et en faire ma maison pour toujours », a-t-elle expliqué à Business Insider, selon Marie France. Un essai, pas un saut dans le vide.
Les débuts, d’après ce récit, sont enchanteurs. L’anglais est l’une des langues officielles de l’île : Louise ne se sent pas dépaysée, et le quotidien se simplifie d’autant. Elle multiplie les excursions et prend goût à la découverte du patrimoine maltais.
Ce scénario, beaucoup d’expatriés le connaissent : l’enthousiasme des premières semaines, puis le retour au réel. Certains finissent d’ailleurs par rentrer, comme l’expliquent ces 4 raisons qui poussent les expatriés français à revenir au pays. Chez Louise, pourtant, la bascule a une histoire bien à elle. Et elle commence par une carte postale.
Villages de pêcheurs, grotte bleue… puis la douche froide
Dans un premier temps, Louise Slyth semble vivre un rêve éveillé. Les villages de pêcheurs, la mer, les pauses détente en terrasse : tout y est. Elle savoure chaque journée comme une avant-première de sa future vie.
Elle garde aussi un souvenir ému de ses visites. « J’ai également apprécié la visite de ses anciens temples mégalithiques et des eaux kaléidoscopiques de la grotte bleue », a-t-elle glissé en se remémorant son séjour. Côté assiette, elle décrit une scène culinaire qui est « un véritable melting-pot ».
Les influences y sont romaines, arabes, espagnoles, françaises et, plus récemment, britanniques, énumère-t-elle. De quoi nourrir la curiosité d’une retraitée qui aime découvrir. Sur le papier, la formule est parfaite.
Mais vivre au soleil au bord de l’eau ne réserve pas que des bonnes surprises, et ce que les expatriés en ville portuaire taisent souvent après deux ans le rappelle. Chez Louise, le décor s’est fissuré bien plus vite.
Car, de fil en aiguille, son enthousiasme s’évapore. L’île est petite : elle en fait vite le tour. Et la forte densité de population se met à peser sur son moral.
Les nombreux touristes et des transports constamment chargés cassent littéralement l’image de l’environnement paisible qu’elle avait en tête pour sa retraite. Le calme espéré n’est pas au rendez-vous. Et ce n’est pas le seul manque qu’elle relève : un autre détail, qu’elle qualifie de non négligeable, s’ajoute à la liste.
Ce que Louise n’avait pas mesuré : la verdure et le budget

Voilà le point qui a pesé lourd : le manque de verdure. Louise est une passionnée des grands espaces d’Écosse et d’Irlande. À Malte, elle réalise que la nature occupe une place bien plus importante dans son quotidien qu’elle ne l’imaginait.
Les paysages maritimes, aussi beaux soient-ils, ne suffisent pas à apaiser son mal-être. Elle aimait la mer, mais il lui manquait l’horizon vert. Le mot est fort : son état d’esprit, lui, l’était tout autant.
Reste la question qui fâche, celle de l’argent. Beaucoup de retraités choisissent l’étranger pour faire durer leur pension, comme le montre ce classement des pays où la pension vaut bien plus qu’en France. Malte n’a pas tenu cette promesse pour Louise.
« De nombreuses propriétés locatives que j’ai étudiées dans la région semblaient vraiment intéressantes, mais les prix dans la capitale de Malte semblaient généralement être comparables à ceux de l’endroit où je vis en Irlande », a-t-elle expliqué.
Autrement dit, pas d’économie à l’horizon sur le logement. Et les dépenses du quotidien, ajoutées à quelques sorties au restaurant, ne lui permettaient pas non plus de réaliser de véritables économies.
Le verdict tombe donc : moins de nature, un moral en berne, un budget qui ne s’allège pas. Malgré les qualités de l’île, Louise Slyth finit par plier bagage. Mais la fin de son histoire n’a rien d’un regret.
Pourquoi cette fausse route n’a rien d’un échec
Le plus surprenant est peut-être là : Louise ne regrette pas le moins du monde de s’être lancée. Selon le récit rapporté par Marie France, elle ne parle pas d’une erreur, mais d’une belle aventure. Elle a testé, elle a compris, elle est rentrée.
Son choix d’un mois d’essai prend alors tout son sens. Elle n’a pas vendu sa maison ni tout quitté sur un coup de cœur. Elle a laissé au séjour le temps de montrer ses limites, avant de s’engager.
Son histoire rappelle une évidence que les brochures oublient : le soleil ne fait pas tout. Une île très fréquentée, peu boisée, où les loyers ressemblent à ceux qu’on quitte, ne convient pas forcément à quelqu’un qui vit au rythme des grands espaces.
Sans compter les démarches, qui réservent parfois de mauvaises surprises : ces 5 erreurs administratives qui coûtent cher aux expatriés français en donnent un aperçu.
Ce type d’essai a un avantage concret : on peut affiner son projet à moindres frais. Chacun ne vit pas la retraite au soleil de la même manière. Là où Louise cherchait de la verdure et du calme, d’autres cherchent avant tout la douceur du climat ou un budget serré.
Et si l’île ne convient pas, d’autres options existent. Certains se tournent ainsi vers cette île à 3 h de la France où le soleil brille 300 jours par an, pour retrouver un rythme plus posé. À chacun sa formule, à condition de la tester avant de signer.
En clair : Malte n’a pas trahi Louise, elle l’a simplement fait mieux se connaître. Un mois de retraite à l’essai vaut mieux que dix ans de regrets.
Et si vous pensiez qu’un départ raté se terminait forcément mal, cette retraitée partie 680 jours au Maroc, à qui la Sécurité sociale réclame 32 857 € risque de vous faire changer d’avis.
Et pour ceux qui rêvent de plus près, ce coin secret du Limousin où l’on devient propriétaire pour 80 000 € a de quoi intriguer.