Loyer à 150 €, médecin sans attente : la ville tunisienne où des retraités français font durer leur pension

Soleil, mer turquoise, loyers minuscules : sur le papier, la Tunisie fait rêver les retraités français. Une ville de la côte est, Monastir, reviendrait de plus en plus souvent dans les conversations de ceux qui cherchent à faire durer leur pension. Loyer, santé, fiscalité : un détail du dispositif franco-tunisien pourrait faire basculer la balance, mais il vient avec une condition.
Monastir, la perle tunisienne à deux heures de vol qui séduit les seniors
Monastir est installée sur la côte est de la Tunisie, au bord de la Méditerranée. Selon les informations relayées, la ville serait baignée de lumière plus de 300 jours par an. De quoi comprendre pourquoi elle ne séduit plus seulement les vacanciers de passage.
Ses atouts de carte postale : plages de sable fin, médina authentique, souks colorés et port de plaisance moderne. Le tout à environ deux heures de vol de Paris, ce qui compte beaucoup pour qui veut garder un pied en France et voir ses petits-enfants. Ce mélange de tradition et de modernité ferait de la ville le nouvel eldorado des seniors venus de l’Hexagone.
Quand on parle de retraite au soleil, le Maroc reste le premier réflexe de beaucoup de futurs expatriés. Il suffit de voir le succès de cette station balnéaire marocaine où la vie coûte trois fois moins cher. La Tunisie, elle, abat une autre carte, avec Monastir en tête d’affiche.
Le pari de la ville tient en une formule : une retraite paisible, mais pas ennuyeuse. Patrimoine, activités, vie de quartier : tout serait là pour que les journées ne se ressemblent pas.
Reste l’argument qui revient le plus souvent. Sur place, on entendrait couramment cette phrase : « On vit trois fois mieux qu’en France avec une petite retraite. » Les chiffres avancés sont-ils à la hauteur ?
Loyer à 150 €, courses à 30 € : le budget d’un retraité à Monastir
Commençons par le logement, premier poste de dépense de la plupart des retraités. Selon les chiffres avancés, un appartement bien situé se louerait entre 150 et 300 € par mois. Difficile de trouver l’équivalent dans une grande ville française.
Côté assiette, la facture serait tout aussi légère. Les courses de la semaine reviendraient à environ trente euros, et les restaurants proposeraient des menus complets pour moins de 10 €. Ces montants nourrissent la fameuse phrase du « trois fois mieux ».
Cette logique n’a rien d’isolé : d’autres destinations jouent la même partition, comme ces trois villes d’Europe de l’Est où l’on vit mieux qu’en France avec 1 000 €. Mais Monastir y ajouterait un atout que le continent ne peut pas offrir : la mer et le soleil.
Concrètement, ce budget allégé changerait surtout le quotidien. Avec une pension modeste, les retraités y trouveraient un pouvoir d’achat « décuplé » : aide-ménagère, repas à l’extérieur plusieurs fois par semaine, soins esthétiques réguliers, loisirs, balades en bord de mer. Des plaisirs qu’ils ne pourraient plus s’offrir en France.
Reste le chapitre qui inquiète le plus à cet âge : la santé. Monastir serait l’un des centres de santé les plus dynamiques du pays, avec cures thermales, soins balnéo, centres de rééducation et spas médicaux.
La médecine privée y serait réputée pour son sérieux, notamment à Tunis, Sousse ou Monastir. Consultations, examens et soins spécialisés seraient proposés sans délai d’attente et souvent à moitié prix par rapport aux tarifs français. Mais le plus gros coup de pouce ne se trouve ni dans l’assiette ni chez le médecin : il est sur la feuille d’impôt.

80 % d’abattement : le détail fiscal qui fait pencher la balance
Avant de rêver trop vite, un rappel : l’administratif ne pardonne pas, et ces cinq erreurs qui coûtent cher aux expatriés français en sont la preuve. Voici donc le dispositif, avec ses conditions.
Grâce à la convention fiscale franco-tunisienne, les retraités français résidant en Tunisie pourraient bénéficier d’un régime avantageux : 80 % d’abattement sur les pensions. En clair, seuls 20 % des revenus seraient imposables localement.
La condition décisive : les pensions doivent être transférées dans une banque tunisienne. Sans ce virement, l’avantage ne s’appliquerait pas. C’est le détail qui sépare la bonne affaire de la déception.
Autre prérequis : il faut se déclarer en tant que résident fiscal tunisien et justifier d’un minimum de revenus réguliers. Le montant exact de ce minimum n’est pas précisé dans les informations relayées, donc à vérifier avant tout départ.
Pour ceux qui veulent optimiser leur retraite tout en profitant d’un cadre idyllique, ce serait une aubaine. Mais une aubaine se vérifie : mieux vaut demander confirmation aux administrations concernées avant de plier bagage.
Une fois les papiers réglés, à quoi ressemblent vraiment les journées sur place ?
Ribat, golf et pétanque : la vie de retraité à Monastir
Monastir n’est pas seulement une destination économique. Son Ribat, forteresse médiévale face à la mer, a servi de décor à de nombreux films. S’y ajoutent des musées, le mausolée de Bourguiba, des festivals culturels et des promenades en bord de mer.
Pour ceux qui craignent l’ennui, la région regorgerait d’activités : cours de cuisine tunisienne, excursions dans le désert, yoga sur la plage, randonnées dans l’arrière-pays, golf ou pétanque sous les palmiers.
Côté ambiance, les retraités français installés à Monastir parleraient souvent d’un accueil chaleureux, de la bienveillance des habitants et de l’ambiance conviviale des marchés, de la corniche et des cafés en bord de mer. Le français y serait encore largement parlé, ce qui faciliterait l’intégration. Les démarches d’installation seraient relativement simples.
Tout n’est pourtant pas rose pour tous les expatriés : certains finissent par rentrer, comme l’expliquent ces quatre raisons qui poussent les Français à revenir au pays. Mieux vaut donc tester avant de s’engager.
Enfin, le coût des soins varie fortement d’un pays à l’autre. Pour comparer, jetez un œil à ces cinq pays où la santé coûte bien plus cher qu’en France. À Monastir, la balance penche, au moins sur le papier, de l’autre côté.
Loyer dès 150 €, soins à moitié prix, 80 % d’abattement : à Monastir, la retraite se joue en trois chiffres, mais chaque condition compte. Et si le soleil du Maghreb vous tente, cette retraitée partie 680 jours au Maroc a reçu une facture de 32 857 € de la Sécurité sociale. Quant aux amateurs d’îles, cet archipel tunisien où l’on vit mieux qu’en France a de quoi vous surprendre.