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Retraite à l’étranger : ces 5 pays où la santé coûte bien plus cher qu’en France

Publié par Ambre Détoit le 06 Août 2026 à 17:30

Vous avez calculé le loyer, le coût des courses, le prix d’un café en terrasse. Vous n’avez pas calculé ce qui arrive le jour où il faut voir un médecin.

C’est le point aveugle de tous les projets de retraite à l’étranger : la couverture santé. Et dans certains pays pourtant vendus comme paradis pour retraités, cette ligne budgétaire peut faire exploser tous les calculs.

On vous explique ce qui change vraiment quand on quitte la Sécu française, et pourquoi certains pays reviennent bien plus cher que prévu sur ce poste précis.

Ce qui disparaît le jour où vous quittez la France

Retraité inquiet dans une salle d'attente d'hôpital à l'étranger

Première chose à intégrer : la Sécurité sociale française ne vous suit pas automatiquement partout. Dès que vous vous installez durablement hors de l’Union européenne, votre carte vitale devient inutilisable sur place.

Un député a même récemment suggéré de limiter les droits des retraités installés à l’étranger, signe que le sujet est loin d’être anodin pour les finances publiques.

Dans l’Union européenne, en Suisse ou en Norvège, un document existe pour limiter la casse : le formulaire S1. Il permet à un retraité français de rester affilié au régime de son pays d’accueil, avec une prise en charge proche de celle qu’il aurait en France.

Mais attention : le S1 ne couvre pas tout, et il faut le demander soi-même, souvent avant le départ. Beaucoup de retraités découvrent son existence… après un premier séjour hospitalier salé.

Couple de retraités français consultant des documents d'assurance santé

La CFE, l’assurance qu’on oublie de mentionner

Hors Europe, plus de S1. La solution proposée par l’État français s’appelle la Caisse des Français de l’Étranger, la CFE.

C’est une affiliation volontaire, payante, calculée sur vos revenus. Elle permet de continuer à être remboursé selon les bases de la Sécurité sociale française, même en vivant au Maroc, en Thaïlande ou ailleurs.

Le hic : la CFE rembourse sur la base des tarifs français, pas sur les tarifs réels pratiqués localement. Dans un pays où une consultation coûte trois fois le tarif conventionné français, le reste à charge peut être énorme.

C’est là que la fameuse mutuelle internationale entre en jeu. Sans elle, la CFE seule laisse souvent un trou béant en cas d’hospitalisation lourde.

Pourquoi certains pays plombent le budget santé plus que d’autres

Tous les pays ne se valent pas sur ce poste. Et ce n’est pas toujours celui qu’on croit qui coûte le plus cher.

Les États-Unis restent un cas extrême : sans assurance solide, une hospitalisation peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros. Peu de retraités français s’y installent pour cette raison précise.

Mais des destinations plus « raisonnables » en apparence posent problème aussi. En Suisse, le système de santé est excellent, mais l’assurance maladie obligatoire y est facturée à prix fort, sans lien avec les revenus, ce qui pèse lourd sur une pension française.

Aux États-Unis toujours, mais aussi dans certains pays d’Amérique latine prisés pour leur climat, les compagnies d’assurance privées augmentent les primes avec l’âge de façon quasi automatique. Un contrat souscrit à 60 ans peut devenir hors de prix à 75 ans, au moment où on en a le plus besoin.

Le Japon et Singapour, souvent cités pour leur qualité de vie, cumulent système de santé performant et coût des soins élevé pour les non-résidents qui ne cotisent pas localement depuis des années.

Certains pays européens, enfin, imposent une durée de cotisation minimale avant de rendre le système public accessible à un nouvel arrivant, ce qui oblige à passer par une assurance privée transitoire, souvent chère la première année.

Les questions à poser avant de signer le bail

Avant de foncer vers le pays qui détrône le Portugal ou vers une ville espagnole cinq fois moins chère, quelques questions concrètes s’imposent.

Est-ce que le pays a signé un accord de sécurité sociale avec la France ? Cette information change tout et se vérifie facilement auprès du Centre de liaisons européennes et internationales de sécurité sociale.

Quel est le prix d’une consultation généraliste sur place, hors assurance ? Et celui d’une nuit d’hôpital ? Ces chiffres se trouvent en interrogeant des expatriés déjà installés, sur des forums dédiés.

Une mutuelle internationale augmente-t-elle ses tarifs avec l’âge, et de combien ? Certains contrats précisent des grilles tarifaires jusqu’à 85 ou 90 ans, d’autres non, ce qui devrait alerter.

Enfin, la CFE est-elle compatible avec le régime local, ou faut-il choisir l’un ou l’autre ? La réponse conditionne tout le montage financier à prévoir.

Le budget santé, ce poste qu’on sous-estime toujours

Un retraité qui part avec 1500 euros par mois pense souvent avoir tout anticipé côté logement et nourriture, à l’image de ceux qui s’installent avec ce budget dans certains pays à trois heures de Paris.

Mais la santé, elle, ne prévient pas. Une chute, un diagnostic tardif, une opération imprévue : ce sont ces événements qui transforment un projet de retraite au soleil en cauchemar administratif et financier.

La bonne nouvelle, c’est que ce risque se prépare. Un formulaire S1 demandé à temps, une CFE bien calibrée, une mutuelle internationale lue ligne par ligne avant signature : ces trois réflexes évitent la majorité des mauvaises surprises.

Le reste, c’est du bon sens : ne jamais partir sans avoir vérifié, noir sur blanc, ce qui se passe le jour où l’on tombe malade loin de chez soi.

Couple de retraités marchant avec des documents médicaux au soleil

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